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    Introspection superficielle

     

    Le ciel a contenté mes attentes, la pluie est tombée et on re-respire un peu. Il est gris, du coup, et c'est loin de m'affliger ! Chic ! N'étaient des angoisses familiales récurrentes, et le chat qui ne va pas bien, et mon lave-vaisselle qui craque des tuyaux -et fuit, bien sûr, ah la qualité des matériaux quand ils vieillissent !-, et mon oreille interne qui merdouille régulier -ah les vertiges de l'amour la vieillesse qui nous use, chacun ses tuyaux qui craquent !- je serais apaisée :-). Je pense à mon amie C. et à sa vie-yoga, aussi. Je lui demandais il y a peu si ça aidait, vraiment ; je parlais alors de mes colères, de ma colère devant ce monde qui va à vau-l'eau quand si peu de gens s'en soucient. Elle m'a dit que ça n'éliminait rien en soi, mais que ça en raccourcissait le temps de souffrance. Tu es toujours en colère, mais moins longtemps. J'y repense aujourd'hui et ça m'interpelle, cette idée de couper un morceau de temps à la souffrance, à la colère ou à l'angoisse. Je me souviens d'avoir tenté une vague (peu d'heures) année de yoga pendant midi à mon boulot, il y a longtemps. Je m'étais ennuyée à mourir à m'écouter respirer : j'avais envie de me secouer et de secouer la prof. C'est une idée du yoga que je n'aime pas, celle-là. Comme en tout, l'approche d'une science, d'une technique, d'un savoir, d'un apprentissage, via une personne est affaire de personnalité, justement. C. -je suppose- ne le professe pas, mais le vit et le transmet. Et mon tout petit yoga à moi consiste, chaque matin, à être heureuse de m'éveiller, donc d'être encore en vie, quelle qu'elle soit (et j'ai conscience que cela, pour certains, puisse se discuter !) ; et à tenter (en râlant, en râlant de plus en plus et en ayant du mal à m'en empêcher) de trouver du "positif" dans chaque chose, sisi, même dans les pires, en me disant (en me forçant à croire ?) que cela doit avoir un sens, aider pour l'avenir, en force, par l'expérience, en résilience. Là encore, j'ai bien conscience de tout ce qu'on pourra m'objecter, mais c'est ma façon à moi de continuer en acceptant la vie, que j'aime impudemment. Ce serait tellement difficile, sinon, pour moi.

     

    Laver ses pensées

                                                                                                                                        © L'Oeil du Krop

     


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