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    Dimanche d'automne

     

     

    Heures grises

     

    Heures grises

     

    Heures grises

     

    Heures grises

     

      Une fois de plus, l'heure a changé, et nos repères aussi, avec, un peu. On est étonné de se réveiller plus tôt, et d'entendre un silence grisé, étale, dehors. Il y a comme un bruissement dans l'air derrière la fenêtre et un frémissement d'hiver. Il va bientôt faire vraiment froid et ce n'est pas pour nous déplaire. On se sent, bizarrement, plus énergique que d'habitude pour sortir ; ce léger pincement, ce besoin de mettre un pull, ce réveil du sentiment d'exister, cette sensation de la peau qui vit, et qu'on perd si souvent l'été, vous avez toujours aimé ça. Alors vous sortez. C'est dimanche et c'est familial. Les enfants se font porter par papa ou tiennent la main de grand-maman ; les gens qui marchent seuls ont, eux, presque tous les mains dans les poches : dans quelques jours ils appelleront le soleil qu'ils rejetaient au plus fort de la canicule. Au pain, les gens se pressent à l'intérieur de la boutique, chauffée. Vos pas ne font aucun bruit et la petite ville, le quartier sont aussi muets que pourrait l'être une campagne déserte. Vous aimez ça et pourtant ça vous rend mélancolique, cette période de l'année. En rentrant, vous traînez un peu, juste le temps de sourire à une vie à la fois un peu grise et tellement  présente.

     


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