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      Les lendemains qui chantent ne chantent pas

     

    Novembre jaune

                                                                                                                 ©apture télé du Krop

     

       Non, et j'en ai honte, je n'irai pas sur les Champs-Élysées (lieu étymologiquement des Enfers où les héros et les gens vertueux goûtent le repos après leur mort) ni sur le champ de Mars (Mars, mythologiquement dieu de la guerre) ; je n'irai pas non plus manifester Place de l'Opéra avec les personnes qui en ont marre, en particulier, des violences faites aux femmes. Je resterai le corps fébrile, grippé, au fond de mon canapé, le point tendu dépassant de la couverture. Mais je suis avec vous toutes et tous, pour le symbole général, même si c'est protégée et lâche. J'avoue que samedi dernier je pensais que cette levée de colère jaune serait ponctuelle et vite récupérée, ce ne fut pas le cas. Elle tente de l'être aujourd'hui, par le connard de Castaner qui renvoie les fureurs qui ne manqueront pas d'avoir lieu à l'extrême-droite : trop facile ! On est bien loin de ça, bien au-delà de ça. La hargne et le désespoir des gens les ont fait se lever et les soulève encore à cette occasion parce qu'il y a toujours un moment où la souffrance quotidienne devient insupportable. Les journalistes commencent à polémiquer en disant que c'est trop, qu'ils faut arrêter. Mais bien sûr ! De toute façon, quoi qu'il se passe, Macaron Ier, sans doute dans ses petits souliers, et Philippe Ier, particulièrement mal à l'aise quand il est passé à la télé, finiront par faire selon leur bon vouloir, alors/mais autant leur montrer le mécontentement, autant leur prouver que ces jaunes-là ne sont pas des moutons qu'on mène à l'abattoir sans braire. Cette colère est celle des "petits emplois" et aussi celle des classes moyennes, des petites entreprises, des artisans, ceux qui travaillent, la grande frange de ceux sur qui, traditionnellement, on tape régulièrement, de ceux qui paient ; les nantis et leurs fortunes sont bien à l'abri, nulle inquiétude, rien ne leur arrivera jamais que d'amasser de plus en plus, "à l'abri de la France". Les médias, bien sûr, mettent un peu tout dans le même panier, à cette heure, parlant d'affreuses violences générales alors que ce sont les pourritures de casseurs qui alièneront ce qui se passe ; les autres, les normaux, sont là pour dire qu'ils existent, juste qu'ils existent. Je les trouve bien courageux, tous, surtout ceux qui se sont donné le mal de venir de province pour montrer qu'ils, qu'elles existaient. Aujourd'hui j'ai l'impression que c'est la vraie France, humaine, travailleuse, qui s'exprime, et moi, qui ne suis pas des plus malheureuses, mais qui connais tant de gens qui le sont, je leur tire mon chapeau, bien bas. Quoi qu'il se passe au cours de cette journée, et après.

     


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