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    Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
    Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
    Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
    Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
    A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps ...
    (Baudelaire, La servante)

     

    Novembre

     

      Début novembre s'exposent la bruyère rose et les souvenirs des morts que nous avons aimés. Bien sûr que ce n'est pas que ce jour-là, bien sûr qu'ils sont en nous à jamais, lovés dans nos têtes et dans nos cœurs, plus ou moins douloureusement, avec des sourires et avec des regrets. Mais je ne suis pas troublée par ces journées uniques dans l'année où nous commémorons, de façon plus ou moins marquée, les personnes qui nous ont quittés. Cela en fait presque une cause commune, ce respect qu'on leur montre ou qu'on leur dédie. Même si on n'a pas besoin, pour cela, de se recueillir sur une tombe. A fortiori quand il y a de moins en moins de tombes pour abriter ce qui reste d'elles. Alors cette pensée, yeux fermés, vers toi, et toi, et toi encore, que j'ai tant aimés, aimées, sans parfois connaître, de votre vivant, la force de cet amour, vous qui me manquez aujourd'hui encore, et qui toujours me manquerez.

     


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