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    L'effrontée

     

    Fiction

     

    Des voix tremblent sur les murs. Tais-toi, terreur, mais tais-toi ! En retrait, presque cambrée en arrière, j’avance un pied glacé au bord du carrelage clair. Des halos ondulent sur ma peau. Raideurs. Sueurs. J’ai peur.

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    File indienne, en avant, même la dernière tu n’échapperas pas au sacrifice. Encore un pas et ça cogne ; tu imagines un gros cœur rouge sur des jambes grêles et tu te mets à rire ou à pleurer, tu ne sais pas. Quand on te pousse, ton talon érafle le bord.

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    Mourir. Corps puits liquide. Gestes flous blancs, cris voix hagarde, quelle idée de parler dans l’eau ! Hoqueter mourir cracher tomber encore. Et vingt paires d’yeux soudain, mi-rigolards mi-compatissants.

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    Il consent à me revoir quelques heures pendant ma convalescence de lui. J’ai mis des bijoux tu vois je ne suis pas seule. Un maillot bariolé mais non je ne suis pas pâle. Je pose un doigt sur son bras, j’avais oublié, déjà, la texture de ta peau. Et je cours vers l’eau et jette mes larmes, ne plus penser, dans les reflets, vertiges, le silence bleu. La nuit noire. Sourde, muette, aveugle. Oubliée.

     


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