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      En ce dimanche ensoleillé, je n'avais pas oublié la fête des mères, mais ne l'avais en tête que par instants, mes deux filles me "célébrant" ce soir, sans qu'on ait rien préparé. Oh, à vrai dire, je n'étais pas non plus obsédée par le fait que c'est un jour d'élections européennes, convaincue que je suis des dés pipés de la politique. Ce sont les mêmes que d'hab qui vont "gagner", les bourses pleines, sans mauvais jeu de mots, et dans ces contenants-là il y a de l'argent, du sang et des larmes, tirés à la terre et aux humains. Mais j'irai voter quand même, comme chaque fois, par principe ; j'ai celui-là ! Déjà que les droits des femmes reculent, autant utiliser ceux qu'on a, et, au moins, mettre notre nom au bas d'un parchemin. Je me souviens des doutes de ma mère, s'intéressant peu à la politique, et s'en remettant à son mari pour voter, demandant alors qui étaient les méchants et qui les gentils... Je ne me souviens plus, curieusement, de ce que lui répondait alors mon père ; probablement lui disait-il pour qui il voterait lui, et elle, faisait pareil. Peut-être même lui ai-je fait une remarque désagréable à ce sujet un jour, cruelle qu'on peut être avec ses parents, parfois. Sans doute m'a-t-elle dit que quitte à ne pas savoir, autant voter comme son mari : ce n'est pas si bête, c'est moi qui l'étais. Ces détails me paraissent si dérisoires aujourd'hui.

     

    Double peine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (années 90)

     

     


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