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       Toujours je crois, j'ai aimé le vent. Que j'assimile à une puissance mystérieuse de la nature qui nous dépasse et nous contient ; car nous sommes dans la boîte infinie du monde. Une image, entre autres, sans doute, résume le sentiment à la fois de fragilité et de pérennité qui m'anime à propos de cela, c'est celle-ci : la scène dure environ deux minutes (à partir de T36,30) et l'acmé en est pour moi les arbres qui gémissent, ou chantent, ou les deux (vers T38) ... Le rayon vert. Au temps du ciné-club lycéen, le prof nous demandait chaque fois de trouver la scène-clef du film, de Los Olvidados ou de Sourires d'une nuit d'été. Je n'étais pas d'accord avec cette idée que l'essence symbolique d'un film, on puisse la réduire à une séquence spécifique. Et pourtant, si je pense au film susdit, c'est cette scène-là, du vent habitant cette fille, funambule sur le fil du rasoir, qui prédomine, dans mon souvenir, sur les autres, comme si elle en était la clef, justement. Sans (nul) doute, c'est nous qui projetons -c'est le cas de le dire- ce que nous sommes.

     

    De l'air

                                                                                                                                           © L'oeil du Krop

     

       Le vent est vert, c'est Lorca qui le psalmodie : Vert, c'est toi que j'aime vert, vert du vent et vert des branches ... (Verde que te quiero verde verde viento verdes ramas). Et cette association s'est si fort gravée dans mon esprit que je me rappelle avoir écrit un jour dans un texte, comme définition du bonheur : Le vert du vent, le rouge du vin, le bleu des veines dans la main que tu serres, l'arc-en-ciel, infini, dans les yeux qui te mangent.

      


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