• AVEC LE TEMPS (3)

    C  comme CHOU  (Davy CHOU,  un talentueux et prometteur réalisateur)

     

                 

     

    Le sommeil d'or, c'est un film plein d'histoire, d'histoires, d'humanité, de culture, de nostalgie, de poésie, d'intelligence, de découvertes. C'est une leçon de vie, leçon pédagogique parce qu'elle situe, qu'elle raccorde, qu'elle rassemble, les miettes, les regards, les voix, les souvenirs, les images. C'est un film qui efface les absences, qui retisse un lien magique entre le passé dissous et le présent si fort. C'est plein de larmes cachées et de sourires devinés. D'émotions inouïes, comme celle de cet homme qui explique impassible la vie dans les camps et dont le visage se bouleverse quand il raconte ses retrouvailles avec la femme qu'il aimait. C'est un film qui gonfle le coeur et vous donne envie d'aller au Cambodge, à Phnom Penh, et même, même, de chercher sur Youtube les chansons titrées "Khmers Oldies".
    Davy Chou a 30 ans !

    Les anciens cinémas de Pnohm Penh sont devenus des salles de jeux, billard ou karaokés ; des restaurants, ou même, cet immense hangar à vivre en alvéoles peuplées d'humains filmés comme des Georges de la Tour.
    Je me suis mise à penser, même si ça n'avait pas vraiment à voir, c'est le cas de le dire, à tous les lieux mythiques de ma géographie personnelle disparus : le théâtre de Châlons, alors
    sur Marne et non encore en Champagne, dont parlait Pauline Carton dans ses mémoires (mais qui se souvient de Pauline Carton), qui a été démoli dans une rue qu'on a rebaptisée rue du Théâtre, ça ne s'invente pas ; à l'Ac'cin, à Reims, cinéma permanent, où étudiante je traînais beaucoup mes guêtres solitaires et où j'attrapais les films à n'importe quel moment, restant à la séance suivante pour raccorder avec le début, et restant encore quand ça recommençait parce que j'étais bien, là.

    Pas loin de chez moi, un cinéma se meurt en attendant sa chute ou sa transformation. Il ne sert plus depuis longtemps ; j'aurais adoré y voir quelques films, en y allant à pied, dans mon quartier.

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     AVEC LE TEMPS (3)

                                                                                                © L'oeil du Krop

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 30 Octobre 2012 à 20:03

    Je ne connais pas ce réalisateur, mais moi les cinémas qui ferment, les cinémas qui tous sont passés au numérique, détruisant les vieux projecteurs à bobines, ben ça me fait quelque chose... Ne serait-ce que parce que tout petit j'ai trainé mes culottes courtes dans les cabines de projection avec mon Popa et que le bruit de la machine, l'odeur du film et de l'huile qui chauffe sous la puissante lampe, la magie de cette technologie, les hommes aussi, les projectionnistes et les réparateurs... (J'étais fier à l'école de dire que mon père était "Technicien Cinéma" et que Moi je pouvais voir les films depuis la cabine de projection à travers la petite lucane tout là-haut perché...).
    Bref tout mon texte décousu, comme une bobine de film renversée ou des copies collées en désordre, pour dire que c'est ptêt pour ça que j'y vais très rarement maintenant dans les salles obscures, ptêt parce que la magie s'en est allée avec les machines et les hommes...

    Bonne soirée à vous et merci pour ce partage.

    2
    Mardi 30 Octobre 2012 à 20:42

    Quel beau commentaire !

    Bonne soirée et ... merci pour ce partage.

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