• Fiction

     

     

                        Le monde selon Gasp

     

     

    Fiction

     

     

     Le monde peut s’arrêter demain ; qu’auras-tu fait, alors, de ton aujourd’hui ? Pourtant, comment agir pour ne pas vivre seul l’inutile d’une construction vouée au néant, ou vivre seul l’utile d’une espérance à peine imaginée ?

     Comment parier sur l’avenir ? Pourquoi ? Se poser ces questions, n’est-ce pas, déjà, le début de la folie, au moins de la dépression... Une dépression interstitielle, définitive, qui suit une faille analogue à celle des tremblements de terre  (crshhhhhh, deux blocs de pierre se séparent comme dans les films-catastrophes) et dans laquelle à la longue sombrent nos certitudes, nos espoirs devenus caducs, au propre et au figuré… On devient fou quand on a compris l’insanité de l’espoir.

     Gasp prit un double valium, qui passa crème, cette expression découverte il y avait peu, il l’employait souvent, elle l’amusait, au moins ça ! Qui crème passa, dans le liquide beigeasse d’un pseudo-whisky à l’apparence café au lait. Il sourit alors. L’absolution pour au moins douze heures. Au bas mot. Aux bas maux. Un répit si long pour la douleur.

     

     

     
    Les Doors, Strange days (sinon ici)

     

    « InterludeRéclame »

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  • Commentaires

    1
    Mardi 23 Janvier à 08:00

    étrange temps que celui qui est ... plus aucune certitude si ce n'est notre finitude ... du moins celle de l'époque d'hier qui nous laissait croire en un possible avenir meilleur ... mais dans les années trente, les "vivants" d'alors devaient craindre tout comme nous les lendemains ... ah si seulement on pouvait user de "crème" ...

    amitié .

      • Mercredi 24 Janvier à 22:43

        Ton com m'a fait sourire par ses reprises, merci... Amitiés.

    2
    Mardi 23 Janvier à 13:12

    Troublant, touchant, fissurant...

      • Mercredi 24 Janvier à 22:40

        :-) merci...

    3
    Patrick
    Mardi 23 Janvier à 16:18

    Avec le rire , un autre " propre de l'Homme " est de savoir qu'il va mourir.

    De Grand'Messe à Notre Dame, à Madame Irma , voyante extra-lucide a  la Foire du Trône, en passant Carmen Tessier et l'Horoscope de Télé 7 Jours, tout les moyens sont bons pour repousser l'échéance, et croire en des Jours meilleurs.tout en restant mort de trouille au sujet du lendemain  qui peut toujours être pire ...

    je me souviens d'un 45 tours ,de Daniel Auteuil, qui a aussi chanté , où une des chansons s'appelait " que la vie me pardonne " ( je crois) et dont le refrain finissait par cette phrase : " si seulement il y avait pas demain "

    le mystère de l'angoisse enfin dévoilé ??

      • Mercredi 24 Janvier à 22:45

        Je m'étais pourtant cachée derrière une fiction, mazette !... T'en rajoutes une couche ! :-)
        Et tu sais quoi, cette chanson chantée par Auteuil ben j'ai le 45 tours sisi ! :-)

    4
    Mercredi 24 Janvier à 09:48
    daniel

    On ne sait jamais de quoi l'avenir sera fait ......Alors à quoi bon s'en soucier. Vivons le présent c'est plus important.

      • Mercredi 24 Janvier à 22:36

        Certes !...

    5
    Mercredi 24 Janvier à 16:04

    La vie est absurde, l'existence n'a aucun sens, et pourtant nous en cherchons un, inlassablement... L'être humain s'interroge, et le monde reste silencieux. Pourtant, cette quête incessante, cette soif de sens jamais étanchée, ce désenchantement qui refuse le découragement, c'est sans doute ce qui fait la grandeur de l'humanité... 

    Ton texte est magnifique, prenant. Même si je préfère prendre angoisse et douleur en face, je peux comprendre celui qui a besoin de s'en échapper. Un temps de répit...

      • Mercredi 24 Janvier à 22:48

        Je fais les deux, je crois, affronter et m'échapper... Mais euh... Fiction, ça s'appelle ! :-)  Merci Balade♥

    6
    Mercredi 24 Janvier à 17:33

    BonSoir Nikole,

    ... Mais alors (merd'alors) dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?   .../...

    Lewis Carrol

    Bon demain !

      • Mercredi 24 Janvier à 22:39

        :-) C'est drôle que tu me cites cette parole d'Alice... car je l'ai trouvée il y a peu sur une affiche-pub (je ne sais s'il faut s'en réjouir ou non...) que j'ai photographiée. Une parole qui pourrait m'être un mantra, mais qui ne me sert pas toujours...

    7
    Vendredi 26 Janvier à 11:03

    Nus avons chacun notre monde, impénétrable pour les autres.  Nous nous en inventons un sans même en avoir conscience. Du moins me semble-t-il. Les années s'entassent les unes après les autres. J'ai décidé il y a longtemps, de ne plus compter et d'avancer. Avec une seule certitude : celle ma fin programmée. Tout le reste n'étant qu'un sursis accordé à chacun. Mes rêves d'enfant (que je tairai) étaient mon monde. Ils ont perduré quelques années pendant l'adolescence, mais l'âge adulte a laminé le tout : quand on est confronté à la réalité, on atterrit une bonne fois pour toutes. Ce n'est pas plus mal : il suffit alors de se contenter de ce qu'il advient. Tout en continuant, peut-être malgré nous, de rêver... En résumé : à chaque jour suffit sa peine.

    Ton texte est poétique, désespéré, et en même temps lumineux. Comme un baume sur une plaie qui ne guérit pas mais apaise. C'est déjà beaucoup.

      • Vendredi 26 Janvier à 11:52

        Un baume sur une plaie ! Gasp ! :-) ... Un baume pour mon coeur (et mon ego scribatoire) : merci à toi.
        Tu as écrit un beau texte, et qui en dit beaucoup.

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