• Interlude

     

                                  L'opacité des choses

     

     

    Interlude

                                                                        © L'oeil du Krop

     

    (Avec la chanson et la vidéo que je vous suggère d'écouter et de regarder ICI)

     

     J’avais posté un interlude. Sans mots. Juste une image, et une chanson qui en disait un peu plus, sur une certaine forme d’opacité, justement. Sur l’engluement et ses approximations. Avec, paradoxalement, des images qui parlent. De la vitesse et de son contraire. De la vie derrière une vitre épaisse. C’est drôle le mot interlude, ça suppose une pause entre deux ludes, entre deux jeux, alors que c’est l’interlude justement la récréation, sans mot et sans travail. Je vérifie pas l’étymologie, la flemme ! Et encore des dicos à regarder. Basta ! Je suis dedans jusqu’au cou, noyée dans les mots pour un dico rapido pour les minots. Ce qui demanderait du temps, de la réflexion, on nous demande toujours de le faire vite. Défi des mots, on dit oui quand même, par orgueil, par une fulgurance, chiche ! du désir même si la course de fond est épuisante et le résultat gratifié en cacahuètes. La folie des mots, leur précision, leurs faux-fuyants et leur immense manteau d’interprétations, qui s’en intéresse à part quelques âmes amies qui ici passent et les partagent ?
      Je vous laisse tomber depuis quelque temps, je ne lis plus des billets que je voudrais savourer avec lenteur, je ne prends plus le temps de m’éparpiller entre vos différents chants, entre vos différents champs ; je ne cueille plus vos fleurs, je me contente de les regarder, comme un paysage lointain, morcelé, du hublot d’un avion. Lire en diagonale, survoler ! Ce n’est pas ça s’intéresser aux gens. Plus tard. Je reviendrai.
      Je pensais qu’on peut toujours décider quelque chose, choisir. Mais est-ce qu’on choisit vraiment ? Je suis plutôt glandouille, alors cette accélération du temps, quelle étrangeté ! Sentiments contradictoires. Quand on se meut dans son élément, le travail en trop ne rend pas heureux, mais il donne un sentiment de puissance. Peut-être. Toujours ce foutu orgueil, indéracinable. Et puis le jeu encore, celui de la volonté maîtrisée temporairement, quand on est plutôt feignasse.
      Et quand je le vois souffrir dans un travail qui l’accable par son foutoir de manque d’organisation de sa boîte, quand je le vois comme un ludion qui sans cesse tente de remonter à la surface et que la hiérarchie, les scories, les oublis, les paperasses virtuelles, les mails qui se démaillent le prennent dans un filet, un entrelacs de misère d’entreprise mal gérée, des histoires d’argent tout ça, de management, que je déteste ce mot, j’ai envie d’extraire de sa tête tous ses soucis qui l’alourdissent et creusent encore ses papattes d’oie au coin des yeux, m’en fout de voir passer ses oies sauvages, je les aime bien mais quand même si je pouvais faire quelque chose pour que soit étale l’océan de ses pensées, en attendant des les baigner dans une écume véritable revivifiante.
      Je voulais un silence du premier mai … le mai le joli mai embarque déjà et puis me voilà à logorrhéer en pleine nuit avant de vous livrer mes mots comme un gros sac de chardons et de bleuets. Vrac écrit vite vite au fil de la plume écriture automatique lancé sans réfléchir comme un paquet vite fait sur le pont d'un bateau qui jette l'ancre. L'encre. Les deux...

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 1er Mai à 09:14

    On croit voir clair, mais c'est trouble mais est ce notre regard qu'il l'est ou les choses en elles mêmes. Vaste question. Joli point de vue de rame.

      • Jeudi 10 Mai à 22:44

        Les deux. Parfois. Alternativement. Je ne sais pas. Merci !

    2
    Mardi 1er Mai à 10:30

    très "comme j'adore" ta photo

      • Jeudi 10 Mai à 22:44

        Très comme j'aime, ton commentaire, merci !

    3
    Mardi 1er Mai à 18:43

    trop vite, ce monde va trop vite ... où donc peut-on encore se poser ? à quoi donc pouvons-nous rêver ? faire, il nous faut faire ! avons-nous d'autres choix ? 

    triste avenir qui se dessine ...

    on a beau dire NON, résister ... le train nous emporte contre notre plein gré !

    amitié .

      • Jeudi 10 Mai à 22:45

        Tu as raison, et on fait tous comme on peut avec ça. Amitiés.

    4
    Mercredi 2 Mai à 14:03

    Nikole,

    Pourtant elle est claire ta vision de l'opacité des choses. 

      • Jeudi 10 Mai à 22:46

        Tu crois ? :-)

    5
    Jeudi 3 Mai à 11:39

    Tu n'es pas la seule à briller par ton absence. je crois comprendre que tu es inquiète pour celui dont parle ton dernier paragraphe. Je comprends que cette inquiétude t'embrouille les idées, t'éloigne de ce qui n'est pas ton quotidien. On ne peut pas tout faire, n'est-ce-pas ? Il vaut mieux prendre du temps pour ce qui en vaut la peine. Mais n'abandonne pas complètement : tes articles te font tenir debout. Le repli sur soi est néfaste à l'équilibre. Les mots sont ta sauvegarde et t'ouvrent des horizons à ciel ouvert. Même quand ce ciel est nuageux ou menaçant. Dis-toi qui'l y a toujours une éclaircie et que le soleil brille après la pluie.

      • Jeudi 10 Mai à 22:48

        Je m'inquiète pour ceux que j'aime tout en ayant l'impression de ne pas les aider, ou pas assez, ou mal.
        Mais tu as raison, je sais les éclaircies après la pluie, et même pendant, parfois ! Merci à toi !

    6
    Lundi 7 Mai à 08:18

    L'impression que les vagues te passent par-dessus la tête sans que tu les entendes arriver...  Sel dans les yeux, la bouche, la gorge... Que te dire? Plonge,  immerge-toi, oublie-nous un moment, ça n'est pas grave, rien n'est grave, même si sérieux. Et quand tu remonteras en surface, que tu rejailliras au soleil des mots tendres que tu prendras, que tu auras le temps de savourer comme tu aimes, l'amertume des vagues salées te paraîtra plus douce, juste le souvenir de l'écume sur la tête et les épaules, comme une caresse.

    Bises qui attendent ♥ 

      • Jeudi 10 Mai à 22:49

        Déjà je remonte un peu, moins entravée par les charretées de mots ... ça se vide, tout doucement :-)
        Merci pour la tendresse que tu sais offrir♥

    7
    Mardi 8 Mai à 14:28

    Des mots et des maux...

    Interlude me fait penser au petit train sifflotant sur l'écran noir et blanc de la télé d'antan... quel chouette souvenir ! Joli mois de mai Nikole, l'accélération du temps touche tout le monde, il nous faut peut-être juste aller à l'essentiel et nous alléger du dispensable ? Bel après-midi à toi.  brigitte

      • Jeudi 10 Mai à 22:51

        Oui, il nous a bien marquées le petit train :-) !
        Pas toujours facile de comprendre ce qu'est l'essentiel. Merci pour tes mots importante et beaux.

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