• Laver ses pensées

     

    Introspection superficielle

     

    Le ciel a contenté mes attentes, la pluie est tombée et on re-respire un peu. Il est gris, du coup, et c'est loin de m'affliger ! Chic ! N'étaient des angoisses familiales récurrentes, et le chat qui ne va pas bien, et mon lave-vaisselle qui craque des tuyaux -et fuit, bien sûr, ah la qualité des matériaux quand ils vieillissent !-, et mon oreille interne qui merdouille régulier -ah les vertiges de l'amour la vieillesse qui nous use, chacun ses tuyaux qui craquent !- je serais apaisée :-). Je pense à mon amie C. et à sa vie-yoga, aussi. Je lui demandais il y a peu si ça aidait, vraiment ; je parlais alors de mes colères, de ma colère devant ce monde qui va à vau-l'eau quand si peu de gens s'en soucient. Elle m'a dit que ça n'éliminait rien en soi, mais que ça en raccourcissait le temps de souffrance. Tu es toujours en colère, mais moins longtemps. J'y repense aujourd'hui et ça m'interpelle, cette idée de couper un morceau de temps à la souffrance, à la colère ou à l'angoisse. Je me souviens d'avoir tenté une vague (peu d'heures) année de yoga pendant midi à mon boulot, il y a longtemps. Je m'étais ennuyée à mourir à m'écouter respirer : j'avais envie de me secouer et de secouer la prof. C'est une idée du yoga que je n'aime pas, celle-là. Comme en tout, l'approche d'une science, d'une technique, d'un savoir, d'un apprentissage, via une personne est affaire de personnalité, justement. C. -je suppose- ne le professe pas, mais le vit et le transmet. Et mon tout petit yoga à moi consiste, chaque matin, à être heureuse de m'éveiller, donc d'être encore en vie, quelle qu'elle soit (et j'ai conscience que cela, pour certains, puisse se discuter !) ; et à tenter (en râlant, en râlant de plus en plus et en ayant du mal à m'en empêcher) de trouver du "positif" dans chaque chose, sisi, même dans les pires, en me disant (en me forçant à croire ?) que cela doit avoir un sens, aider pour l'avenir, en force, par l'expérience, en résilience. Là encore, j'ai bien conscience de tout ce qu'on pourra m'objecter, mais c'est ma façon à moi de continuer en acceptant la vie, que j'aime impudemment. Ce serait tellement difficile, sinon, pour moi.

     

    Laver ses pensées

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Août à 11:41
    Annick SB
    Longtemps ma colère me donnait le sentiment d être vivante et ma courte expérience de cours de yoga ressemblait à la vôtre . Désormais c est le calme et la prière qui me font me sentir en vie .... Le Sermon sur la montagne qui m accompagne chaque matin apaise tous les griefs et me permet d affronter sereinement la ou les folies du monde ....
      • Samedi 11 Août à 11:10

        Je vous réponds en dernier parce que je ne sais que répondre. Tant mieux pour vous si ça fonctionne, que dire d'autre ? Moi, j'essaie d'ôter de mon vocabulaire tous les mots qui me rappellent la notion de religion, tant ils sont responsables pour moi de mort, de prosélytisme, d'exhibitionnisme, de communautarisme. Je crois en la puissance du monde tellurique et astral, en la puissance du cerveau humain, du corps humain, de l'intelligence humaine, de l'amour humain. Et pas en des personnages inventés par peur et masochisme ; ce qui n'est bien sûr, que mon humble avis. J'ai très longtemps souhaité croire, pour ne plus penser, je sais que ça ne se décide pas, ça tombe sur nous ou pas ; je ne le souhaite plus, je suis maintenant une farouche athée, c'est rivé à moi, même si j'ai conscience que bien des choses semblent dépasser le normal, et même si moi-même je me comporte paradoxalement comme si des forces alternatives que la mienne propre m'habitaient  mais je pense que ça vient de nous, et qu'on ne sait pas encore tout ce qui existe en nous d'ailleurs... Et ... oui, la contemplation calme m'aide (dans diverses circonstances), mais ce n'est pas ce que j'appelle la prière. Prier, c'est demander, mais si je "demande" à l'océan, à la nature de m'apporter quelque chose, le terme connote beaucoup trop pour moi.

    2
    Jeudi 9 Août à 15:30

    dans tout ce que tu dis, je retrouve du "moi" ... chaque matin m'enivre de vie, qu'importe les soucis qui peuvent surgir ... je sais  (comme le disait Nietzsche) que tout ce qui ne me tue pas, me rend forte ... je râle à m'en époumoner sur les tournants nauséeux qui font chavirer nos valeurs, au point de ne plus être triste de vieillir ... paroles de ma mère âgée de 101 ans, si jeunesse savait et si vieillesse pouvait !

    alors on s'adapte ...

    soyons courageuses ...

    amitié .

      • Samedi 11 Août à 10:23

        Tu me dis souvent trouver de l'écho dans ce que pense/écris et me touche cette sororité d'idées. Peut-être est-ce dû à notre âge caconique/ expérimenté/raisonnable/pondéré de femmes sachant ce que fut hier, et ce qu'est (malheureusement trop souvent) aujourd'hui, et ce qu'on craint que sera demain ! "L'adaptation" ... oui ... Amitiés marie-Claude.

    3
    Jeudi 9 Août à 15:43

    Tout ça ??? ben dis-donc ! les planètes sont mal alignées (...dans ton thème astral).

    La seule idée du yoga me fatigue, la seule idée d'un sport quel qu'il soit m'épuise, et la seule évocation des malheurs du monde me donne une envie furieuse de ne pas me réveiller le matin ! Comme tu l'écris si bien (toujours si bien !) toute approche est affaire de personnalité ! 

    Bon courage Nikole, je t'embrasse fort.

      • Samedi 11 Août à 10:35

        Oulà ! ... s'il n'y avait que mes planètes qui étaient mal alignées !... :-)
        Je hais aussi l'idée du sport en soi, parce que ça me donne l'impression de m'agiter à vide, dans une activité uniquement tournée vers soi ... sans doute une empreinte de souvenirs liée à ma mère qui disait : "Quel besoin de faire de la gym ! On en fait bien assez avec ce qu'on a à faire, entre le ménage et le jardin". Elle avait raison, je sentais bien qu'elle avait raison, et si je n'étais pas d'accord et que je m'offusquais, c'est qu'effectivement, à l'époque, mon petit moi m'intéressait beaucoup, sur le paraître. Comme pour beaucoup de choses, certes, tout est nuançable, mais j'ai encore présente à l'idée cette notion d'utilité des gestes : marcher, oui (sauf que mes pieds, pfff l'usure merdique !) sur un chemin qui va quelque part, et faire des choses relativement douces et presque médicales, pour préserver son corps, un peu, dans ses fondements mêmes (le Pilates).
        Tes papillons noirs m'attristent, Eva ... je veux croire que le fait qu'ils aient des ailes soient quand même signe d'espoir pour sortir de la nuit. Et merci pour ton commentaire qui me touche. Je t'embrasse aussi.

      • Samedi 11 Août à 11:17

        Je te rassure tout de suite Nikole, je ne cultive pas les "papillons noirs"... Chez moi, ça n'existe pas. La mort étant inéluctable je n'ai qu'un seul désir : mourir vivante... c'est le seul remède à toutes les misères du monde... (oublier, ne plus avoir mal, ne plus jamais souffrir... planer, planer, planer... la liberté suprême !) Et quand tu parles d'anesthésie, j'imagine la mort ainsi : pas de rêves, pas de cauchemars, aucune sensation : l'anéantissement total de la notion de temps ! un vrai bonheur !). En ce qui concerne la remarque d'autrefois de ta maman, je l'ai faite souvent ! (pourquoi ferais-je du sport -et surtout pas en groupe- puisque je fais toutes mes commissions en courant !!... pourquoi ferais-je de la muscu puisque je porte mes enfants à bout de bras... etc... ) Vraiment, je t'assure, je suis une nana très joyeuse et tonique : j'ai toujours ri de tout mille fois par jour (surtout depuis que j'ai eu 50ans parce que passé 50 ans, on est moche quand on fait la tête...

      • Samedi 11 Août à 11:43

        Merci pour ce-réajustement :-) Cela dit, je comprends : il n'est pas de rire plus tonitruant, réel et jouissif que de ceux qui parlent de révolte et/ou de désespoir. Et tu as mille fois raison : à notre âge, on (s')accepte les traits tirés ... mais par un sourire !

    4
    patrick
    Jeudi 9 Août à 17:47

    "...chaque matin, à être heureuse de m'éveiller, donc d'être encore en vie,...."

     

    pour être un peu pareil, ça fait plus de 30 ans que j'essaie d'améliorer la chose , en essayant de me coucher et m'endormir confiant sur ledit réveil en vie .

    ça simplifierait bien les choses et offrirait le double avantage de garder un éveil  zen et "benaise", tout en ayant passé une nuit sympa après un endormissement  non perturbé par cette foutue angoisse du:

    " y aura-t-il un demain ?"

    cela dit , j'arrive a relativiser , en me disant que c'est bien du luxe , que de pouvoir se poser ces questions là, chez soi , dans un vrai lit .....

      • Samedi 11 Août à 10:42

        J'avoue que l'angoisse du coucher qui t'étreint depuis si longtemps, avec la question du lendemain présent ou absent, c'est quelque chose que je ressens (parfois) depuis quelque temps et contre laquelle je lutte avec une pseudo-légèreté. Tu as raison sur le fait que c'est un luxe, mais la mort devient la grande question du jour, à notre âge passant, et sans vouloir s'éterniser dessus, il me semble logique qu'elle nous habite. Le tout est de dompter la peur du passage, et c'est pas simple. Re-penser (as-tu déjà été opéré ?) à cet instant si doux, si absent de soi en toute confiance, de l'anesthésie. La mort est une anesthésie de la vie, mais aussi des souffrances. Penser qu'on ne sera plus là est une souffrance existentielle, s'imaginer qu'on ne sentira plus rien, rien de bien, mais rien de mal non plus, devrait être une résignation quiète ... simple à dire.

    5
    Kathy
    Jeudi 9 Août à 23:25
    Aaaaaaaaaaaaaah!! C est mon yoga, quand rien ne va plus, malgré la pluie rafraîchissante....je crie, dans un coussin pour ne pas effrayer les voisins, mais mieux, un petit coin désert.....j aime la vie, moi aussi, mais il y a trop de moments, de situations, et d évènements qui me dépriment ou me dépassent, ou qui me font ch... pour dire les choses clairement...Smack, Nikole
      • Samedi 11 Août à 10:47

        Je comprends, je comprends bien ! Je m'aperçois que jamais je ne crie, et que j'ai toujours intériorisé ! je trouve ça pas très sain ! Pardon, mais le truc du coussin me fait rire, d'un rire étrange, certes ! Et je m'aperçois d'un beau troupeau de révoltés et d'angoissés dans mon commentariat ! :-) Le poumon le poumon L'âge l'âge vous dis-je ... Je t'embrasse Kathy !

    6
    Vendredi 10 Août à 00:56

    Yogi ? C'est un nounours. Tu n'aimes pas les nounours ?

      • Samedi 11 Août à 10:48

        Si ! J'adore les (noun)ours  :-)

    7
    Vendredi 10 Août à 09:04

    Superbe ! Vraiment fort le visuel. T'as raison, sans résilience... Merci.

      • Samedi 11 Août à 10:49

        Merci Thierry ! Ta force à toi est de traduire tout cela, de le canaliser dans le théâtre et l'écriture.

    8
    Vendredi 10 Août à 17:55

    je me demande si un puching ball c'est pas plus éfficace !!!

    tilk

      • Samedi 11 Août à 10:54

        Sans doute, mais là encore, comme le fait de ne pas crier, je suis trop intérieure (éduquée ? polie ? lâche ?) pour me battre, fût-ce virtuellement ... oui je sais bien que ce n'est pas pareil, et que j'amalgame le vrai et le faux combat, mais ...! et je m'en aperçois en te lisant. Avec si peu d'exutoires corporels, je me choperai ptêt une maladie. Tu mets à jour de vraies questions sur les comportements humains ! :-) Merci de ton passage.

    9
    Dimanche 12 Août à 22:07

    Un petit cadeau pour mon amie Nikole. Sur mon blogue musical, il y a une chanson de Lamont Dozier, avec Graham Nash comme chanteur d'appoint.


    Clque sur mon nom pour te rendre à destination.

      • Dimanche 12 Août à 23:28

        :-)  Merci pour le cadeau Mario !

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