• Le grand écart

     

    Vagues de souvenirs

     

    Il faut que revienne le temps. Que se fasse le passage. Sas. Poser le pied sur l'asphalte en s'étonnant que le geste soit moins souple que dans le sable. Se forcer à entendre la mer dans le bruit lointain de la marée des villes. S'étonner encore de la différence des mondes, des paysages, des respirations, des senteurs. Se rendre compte que la peau était différente, là-bas, plus douce, plus marine ? Le vent ? L'iode ? En souriant, pourtant, je dis ça, puisque le soleil m'a brûlée d'une drôle de maladie : la lucite : joli mot : la maladie de la lumière, pour un collier écarlate et des bracelets garance : bijoux de perles multiples ! :-)

    Oui, il faut que revienne le temps de s'habituer à l'absence de lenteur, à l'absence de silence. Il faut redescendre en étant reconnaissant des instants passés et s'atteler à trouver beau l'instant présent, le plus souvent possible. Moins bleu, moins turquoise, moins blanc de crêtes et d'écumes océanes. Moins porteur de légèreté. Entre deux.

     

    Le grand écart

     

    La mer a été sombre. Et elle a été claire. Il fait soleil il pleut et le vent efface tout comme un buvard de pierre. Le ciel est si changeant, la lumière est si belle. Ce n'est pas pour rien que cette terre sur l'eau a nom : La lumineuse.

     

    Le grand écart

     

    Je regardais les oiseaux noirs, pas de mouettes ni de goélands pour piailler et tourner. Pas d'oiseaux blancs. Et tandis qu'ils déambulaient, une ancienne récitation d'école, bêtement, me tournait dans la tête, qui me faisait rigoler : Nous avons couru côte à côte, deux beaux chevaux à un même char ! Ah les boyaux de la tête !

     

    Le grand écart 

                                                                                           Ah, l'envol !

     

    « Se sauverDu théâtre »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 1er Juin à 07:42
    savoir se jouer d'écarts en écarts mais surtout garder en soi la luminosité de ces instants où le pas s'enfonçait avec grâce dans cet instant où ciel, mer et espace ne faisaient qu'un tout autour de soi !
    quel beau texte
    amitié .
      • Mercredi 6 Juin à 20:16

        Le plus grand écart qui soit, et auquel souvent je pense : deux images se superposent à l'empan immense du souvenir, celui qui tient dans une main, dans une ligne de vie : l'enfant que je fus, la vieille femme que je deviens, je parviens à me remettre dans les deux ressentis, et c'est vertigineux. L'important c'est les pieds campés sur le sol, qu'il soit doux ou dur, et la tête tout en haut, là où une sorte d'espoir empêche de sombrer. Ces mots que je viens d'écrire, c'est toi qui me les inspires par les tiens... Merci. Amitiés.

    2
    Vendredi 1er Juin à 08:42

    L'envol des oiseaux noirs vers la grande bleue.

      • Mercredi 6 Juin à 20:17

        Vers tous les bleus, des plus clairs aux plus sombres, des plus légers aux plus douloureux, qui peuplent le monde. Merci Thierry.

    3
    Vendredi 1er Juin à 23:35

    Beau texte !

      • Mercredi 6 Juin à 20:18

        Je te remercie Mario, je suis sensible à ce compliment.

    4
    Samedi 2 Juin à 00:07

    bel article...j'aime

    amitié

    tilk

      • Mercredi 6 Juin à 20:18

        Merci d'être passé encore chez moi, et d'y avoir laissé ce mot.

    5
    Dimanche 3 Juin à 05:34

    Belles photos et beau texte. j'ai comme des réminiscences à te lire : j'ai vécu longtemps au bord de la mer. A travers toi, je revis ces promenades devant l'étendue bleue, mes quêtes de souvenirs anciens. Soupir... !

      • Mercredi 6 Juin à 20:21

        Sur quoi soupires-tu ? Sur ta jeunesse ou sur la mer ? Pour ta jeunesse, je  ne puis rien de plus que ce que je fais moi-même ... et pour la mer ... y retourner se fabriquer d'autres souvenirs ... Tes soupirs nostalgiques se transformeront peut-être alors e respiration puissante et légère ... l'air marin, ça fait toujours ça ! :-) Merci pour tes mots. Je t'embrasse.

    6
    patrick
    Dimanche 3 Juin à 16:24

    Joli texte , comme d'habitude .

    merci !

    tes souvenirs de récitations , me remettent en mémoire une chanson d'un  poète espagnol, appris en 4e ou 3e dont le vers récurrent était  :

    " a galopar , a galopar , hasta enterrar los en le Mar "

    galoper , galoper , jusqu'à les enterrer ( les sabots des chevaux ) dans la Mer

    le sérieux de la prof pour nous lire et faire apprendre ces vers avait fait pouffer  (  sous cape , à l'époque , on était sérieux en classe ) 2 lascars dont tu devineras aisément l'identité ...

    A galopar , a galopar .....

    tout petit déjà, la Mer ...

      • Mercredi 6 Juin à 20:26

        Merci à toi, cher Patrick ! Pour passer ici, et pour y laisser tes souvenirs à toi aussi. J'aime tant ça, faire se souvenir les gens de leur enfance. Tu sais que je connais des gens qui n'ont pas de souvenirs d'enfance, je ne parviens pas à m'imaginer ça, moi qui habite en même temps toute ma vie depuis le début.
        Je suppose que le poème était de Lorca (de toute façon je n'en connais pas d'autre en espagnol :-) ...) Je n'ai pas eu votre choix, à mon frère et toi : juste avant vous, c'était anglais et allemand, et basta ; ça m'a attristée, mais je ne suis pas sûre que c'est une langue qui m'aurait convenu (sauf pour Lorca ! qui a écrit des choses magnifiques, mais je conçois qu'à votre âge et dans le contexte scolaire ...).
        Je t'embrasse Charentais !

    7
    Lundi 4 Juin à 14:16

    C'est bon de partir...

    C'est bon de revenir..

    Un flux et un reflux, des vagues de souvenirs... Une richesse ! À bientôt Nikole.  brigitte

      • Mercredi 6 Juin à 20:27

        La vie est une mer de vagues et tes mots sont bien jolis ! Merci et à bientôt.

    8
    Lundi 4 Juin à 15:57

    Reviendrais-tu de cette grande île sablonneuse saintongeaise, voisine de celle au nom d'une note musicale? Des pins, du sable, du sel, du vent... La simplicité, l'harmonie, la liberté...

    Tu as raison d'être prudente, il faut veiller à ne pas replonger dans le tournoiement hasardeux de la ville, ne pas se laisser dévorer par son  rythme pressé...  

    Baiser paisible

      • Mercredi 6 Juin à 20:30

        Tout juste ! J'y reviens toujours, et tristement j'en reviens toujours, en espérant un jour m'y ancrer, un rêve qui s'en ira en mer, amer, probablement, mais en attendant, à chaque escale, mon cœur amoureux y re-bat si fort. Et si tranquillement, aussi. Car tu as raison, pour moi là-bas, c'est l'harmonie.
        Merci Balade, de tes mots qui dansent. Je t'embrasse.

    9
    Mercredi 6 Juin à 19:00

    Les pieds bien étonnés d'un côté, la tête encore ailleurs...merci, tes mots et images m'ont transportée, enchantée.

      • Mercredi 6 Juin à 20:33

        Quel commentaire, qui m'envole et qui m'enchante, moi aussi. Mes mots, mes images peuvent faire ça ? Merci beaucoup colo :-)

    10
    Mardi 12 Juin à 12:02

    quel bel article! merci

      • Mardi 12 Juin à 18:42

        Merci à toi !

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