• Les après

     

        Ce matin, il a dû y avoir un accident de taille sur l'autoroute en contrebas, direction Porte de Bercy. Pendant ce qui m'a semblé des heures, policiers et ambulances ont tenté de se frayer un chemin au milieu d'un embouteillage monstre, à grands renfort de pimpons ... ah non, il n'y avait pas les pompiers. Parallèlement, dans les rues de la ville, accumulation insensée de véhicules, comme avant. Pousse-pousse d'avancées bruyantes, comme avant. Carrefours bloqués où on persiste même en bloquant tout le monde, comme avant.
        Et puis, encore, manifestations et baguenaudages imprudents de proximité alors que nous ne sommes pas sortis complètement d'un virus toujours potentiellement dangereux. Envie de mettre des tartes aux gens dans la rue. Hier à la boulangerie, vendeuses sans masque, et une personne sur deux même chose, avec un type devant moi dans la file qui, se retournant, me regarde d'un air narquois comme si j'étais une pétocharde. J'ai reculé ostensiblement. Il ne s'agit pas d'être parano, seulement de faire attention quand on se trouve proche d'autres humains, c'est quand même pas compliqué. C'est bientôt fini (en France) mais restons prudents et civiques jusqu'au risque zéro, sans blague.
        Je suis désespérée par le genre humain. J'aurais dû me douter que cette distance physique ne se ferait pas bien et que la distance est pour certains, d'office, asociale. Je pensais bêtement que cette longue confrontation avec soi-même changerait les gens parce qu'elle les aurait poussés à revoir la vie et revoir le monde face à sa fragilité et à son importance. Mais du peu que j'en vois et entends, la majorité s'en fout, pour eux c'était seulement une parenthèse (inutile, même, pensent certains) et on revient comme avant, peut-être même en pire, comme s'il fallait rattraper le temps, assouvir les envies, de gigotages, de consommation. C'est bien d'être libre, oui, c'est bien, mais ce n'est pas de cette liberté-là que je veux, celle de la folie, de la bêtise, du terrorisme de la pensée, revendiqué en plus, de la fébrilité ambiante. Je croyais qu'on réfléchirait au temps, à la violence, à l'humanité ; qu'on se poserait des questions sur la planète et les gens, leur rapport, aux autres, au monde. Mais le traviole a repris en force, et j'ai presque envie de rester enfermée, dans mon monde à moi, à lire, écrire, regarder mes tiroirs plein de photos, et écouter pousser les fleurs des plantes à ma fenêtre.

     

    Les après

     

     

    Ce texte m'évoque une phrase : Il n'y a plus d'après, et me fait penser à une chanson, que voici :


    ... par Juliette Gréco. (Et en un duo assez tendre et mélanco avec Guy Béart, c'est ici).

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 15 Juin à 16:14

    et pas qu'à Saint-Germain des prés ... un peu partout le monde est divisé en deux, ceux qui respectent les mesures de sécurité et les autres qui croient à tort à la mort du virus ... sont-ils insouciants, ou téméraires ? je continue à porter le masque dans les magasins et partout là où il y a "foule"  et tant pis si l'on me pointe du doigt !

    amitié .

      • Mercredi 17 Juin à 10:55

        Le danger non palpable, je crois, n'est pas ressenti, en tout cas par beaucoup de gens, je crois. Ils pensent qu'on nous ment, ou que ça n'arrive qu'aux autres, ou qu'ils sont immortels : grand bien leur fasse, à cela près qu'ils ne sont pas seuls ! Perso je pense que le civisme et le responsabilité collective sont des valeurs de plus en plus obsolètes, hélas !
        Merci de tes fidèles passages, et bonne journée.

    2
    patrick
    Lundi 15 Juin à 18:51

    C'est beau  d '  "y croire " , encore et toujours et j'admire ceux qui le peuvent toujours .

    Je t'admire dans ta volonté de croire en une parcelle de beau et d'intelligent dans chaque humain.

    Humain qui serait , de facto, apte à  se soucier de son prochain autant que de lui même ( en fait de lui m'aime ) ...

    pourquoi pas apte à penser , à réfléchir , aussi , hein , tant qu'on y est ...

    en 2018, la France comptait une bonne vingtaine de millions de sélectionneurs potentiels, se pensant hautement  qualifiés pour choisir les membres de l'équipe de France de Foot pour la Coupe du Monde.

    2 ans plus tard  on  a 35 millions d'épidémiologistes , de virologues et autres sommités du Bar de la Poste  se pensant  aptes à émettre un jugement sur la CoViD 19....et , pire que tout, allant jusqu'à agir selon leur pensée et leurs déductions !

    Forts du célèbre " J'vois pas pourquoi qu'y faudrait ... " ,qui est leur marque de fabrique , avant de s'autoriser à faire l'inverse  de ce qui est préconisé, voire imposer , " non mais , y vont pas m'faire ch..., ces cons là, non ?"

    quelle chienlit , quelle horreur  ! Forcé de penser que le " plus jamais ça"  ne va pas durer ...

    après Charlie , même Renaud , le chanteur énervant allait Embrasser un flic ... là, en 2020 , on voit le résultat ..

    C'est triste à pleurer , mais les flics sont lâchés par leur Ministre .

    au vu des bavures et des salauds qui ont réussi a entrer dans la Police ( quelle corporation n'a pas ses propres cloportes ? )

     j'eus aimé entendre un murmure  grandissant à l'instar du fameux " Pas d'amalgame !! " qui ne sert donc, a priori,  que dans un sens .. ?

    je souhaite , j’espère,  que les logiciels de vie de nos enfants , qui ne sont sans doute pas les mêmes que les nôtres , leur permettront de se sentir moins en décalage dans cette société égoïste  et malsaine.

    Dont  nous sommes tous un peu responsable .

    Mais pas coupables  (merci Georgina ! )

      • Mercredi 17 Juin à 10:58

        Voilà voilà ! Patrick monte à nouveau sur ses grands chevaux ... mais tu as raison, entièrement raison ... sauf que vois-tu, ou tout au fond de mon âme je suis, quoi que j'en dise, une indécrottable utopiste, ou je ne peux m'empêcher d'utiliser cette béquille, cette foi psychologique pour continuer de supporter la vie en société !
        Merci pour ce coup de gueule, de toute façon.
        Je t'embrasse.

    3
    Lundi 15 Juin à 21:02

    Ces fleurs laissent espérer un après et même un maintenant. Ce qui n'empêche pas une grande distribution de gifles morales aux cons.

      • Mercredi 17 Juin à 10:59

        Nous sommes bien d'accord. :-)
        Merci pour la visite.

    4
    Mardi 16 Juin à 00:10

    N'aie crainte, ô douce Nikole, je ne peux m'approcher de toi, car il y a un océan entre nous.

      • Mercredi 17 Juin à 11:00

        Bah ... je sais que je n'aurais rien à craindre de toi Mario ! :-)

    5
    Mardi 16 Juin à 12:57

    Le confinement me manque : les nuits sont redevenues tapageuses, les gens font la bringue comme s'il n'y avait que cela de vrai. Incompréhensible. Apparemment, ils n'ont pas compris que l'après est toujours aussi dangereux que l'avant. L'indiscipline des français n'est plus à démontrer.

      • Mercredi 17 Juin à 11:02

        Ben ... le confinement me manque aussi. Pour les mêmes raisons que toi : le bruit et la fureur. Quelque terrible qu'il ait pu être, en raison de son existence, il fut pour moi un moment, au moins, d'espoir -mis à terre- pour après. Je hais l'indiscipline quand elle est synonyme de manque de civisme et de respect envers la  santé des autres.

    6
    Mardi 16 Juin à 13:55

    Comme c'est joli sur ta terrasse... J'adore ton jardin miniature...

    Moi aussi je désespère de l'imbécillité ambiante... Tout est "comme avant" et même pire !

    M'en fous ! je reste confinée... cet été, je passerai les vacances dans mon patio...

      • Mercredi 17 Juin à 11:05

        Merci. Mon amour des plantes est récent. Et ne plus les faire mourir aussi ... :-)
        Le confinement est pour nous en tout cas synonyme de réflexion festive, paix et tranquillité sereines je pense. Je t'embrasse.

    7
    Mardi 16 Juin à 15:39
    daniel

    Le confinement me manque. J'ai aimé le calme, le silence, l'absence de voitures. J'avais du temps pour moi et j'ai pu flâner. Pour être honnête, j'étais un privilégié: J'ai un jardin et pas de soucis de travail! et en plus je n'ai pas eu peur de l'épidémie.

    Tout repart comme avant et c'est bien dommage !

      • Mercredi 17 Juin à 11:08

        Là encore, je partage ce que tu dis. Bien sûr que pour certains ce fut une période terrible, mais elle aurait tellement pu être une ouverture positive sur l'avenir, et là, non, pareil, voire en pire peut-être.
        Bien sûr je parle moi aussi en privilégiée sans problème majeur d'obligations : pas de souci de travail (à distance) et une terrasse malgré la ville.
        Merci beaucoup d'être passé Daniel.

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