• Melancholia

     

     

       Quelque chose a changé

     

     

    MelancholiaQuelque chose comme une griffure opaque. Le sentiment de ne voir plus qu'a travers un rideau épais. Celui du doute aux jours les plus fastes. Celui de la désespérance aux jours les plus noirs. Un coup du soleil qui assomme ? Des années qui rongent le corps et saturent le cerveau ? Le refus de plus en plus appuyé, lourd, du monde tel qu'il est ? Servile. Asservi. Laid. Malade. Étouffant. Quand certains souffrent de la solitude dans leur âme, la souffrance récurrente de ne pouvoir être seule, apaisée, dans un endroit silencieux, loin de tout. Loin de tous. Bien sûr qu'il y a les zébrures de lueurs, de sourires, de mains tendues. Pourquoi, parfois, cela ne suffit-il pas ? Pourquoi cette sensation de chute qui jamais ne cessera. Et pourquoi cette impudeur triste dans une vie privilégiée ? Privilégiée, oui, de voir les injustices du monde, si enlaidi dans ses formes et dans ses fonds -abîmes- de son fauteuil, de se sentir engluée dans ses contradictions, de se voir, dédoublée, illogique, fatiguée, critique, désabusée trop souvent, et assez animée pour se plaindre mais trop statique pour faire quelque chose. Et même malgré ces fulgurances réclamées, les visions de beauté rêvée, d'humains à aimer, à être aimée aussi, le déni, asseoir la beauté sur ses genoux, et la trouver amère, et l'injurier, parce que cette sensation écrasante que tout est foutu, irrémédiablement. La vie de la terre. Et sa vie à soi. N'avoir même plus le courage de la vraie colère, vive, mais qui peut soulever. Non, juste le rictus de dégoût au coin des lèvres. Ce sentiment indigne, vous savez, qui précède celui de la résignation. Et qui se loge, là, au centre de votre plexus solaire. Soleil noir.

     

     

    « Petite scèneL'immobilité »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Juillet à 18:10

    Je te comprends... ô combien! Partout, même dans les jours les plus lumineux, surgissent sans qu'on les cherche, le malheur, la tragédie, le destin, et cette simultanéité parfois nous fait horreur. Ton expression, si tragique qu'elle soit, est magnifique, mais d'autant plus inquiétante.

    Quand je suis saisie de cet effrayant découragement, je me replonge dans Camus "Dans certains cas, continuer, seulement continuer, voilà ce qui est surhumain". Mais c'est aussi ce qui fait notre grandeur, être conscient à la fois du désespoir de vivre et de l'espoir qui recommence tous les jours.

    Je t'embrasse en te serrant fort et te souhaite l'espérance. ^^

    "Sans l'espérance vous ne rencontrerez jamais l'inespéré" Héraclite, parfois, c'est bien aussi yes

    Bises tendres et sincères

      • Samedi 7 Juillet à 18:22

        Merci Balade ! Je suis rarement dans cet état-là, enfin si exacerbé, mais a l'instar de l'autre (en trop, le temps déborde) c'est aujourd'hui ma mélancolie qui déborde et est venue s'échouer ici.
        Sourire ... dans la foulée de ce billet, je viens d'en écrire un autre, à venir ... et j'y parle, entre autres, de Camus : il n'y a pas de hasard.
        L'espoir (le sale espoir comme dirait encore un autre) me constitue forcément, sans quoi la vie serait invivable, mais aujourd'hui ce doit être férié pour lui ... :-)
        Tendresses et baisers à toi aussi.

    2
    Samedi 7 Juillet à 22:06

    on se sent impuissant, inutile, faible et vidé ... on s'isole, on pleure, on a si mal qu'on ne sait plus crier ... alors on murmure sa douleur presqu'avec pudeur ... et il se trouve qu'un rayon de soleil puisse entrer là juste sous la porte ... on se lève et le mouvement revient sur le seuil, déjà on se trouve ... 

    espérer l'espérance c'est déjà ça !

    amitié . 

      • Samedi 7 Juillet à 22:39

        Merci beaucoup pour ces sentiments raccord (et sur ton blog). Et pour le soleil sous la porte. Amitiés.

    3
    Samedi 7 Juillet à 23:42

    Houlà. Nikole! Ça ne va pas bien du tout...

      • Samedi 7 Juillet à 23:46

        T'inquiète Mario, ça ira mieux plus tard ; merci.

    4
    Dimanche 8 Juillet à 07:44

    Un billet qui fait se poser des questions. La mélancolie, la tristesse, le désespoir, tout ce vide qui nous encercle...  Vertigineux, n'est-ce-pas ? Difficile de ne pas sombrer. Sensation que rien ne tient, que tout nous échappe. Le "à quoi bon ?" s'insinue, déstructure nos journées. Quasi impossible de s'échapper de ce  cercle auquel on ne comprend plus rien. Avec la folle envie de fuir, de ne plus voir, de ne plus rien entendre.

    Il y a au moins quelque chose qui résiste : ce sont les mots qui coulent sous le clavier et permettent d'émerger. Ça, c'est quelque chose que personne ne peut l'enlever. Accroche-toi.

     

      • Dimanche 8 Juillet à 08:11

        Je me sens moins seule dans ma déshérence au milieu de vos mots, qui traduisent un désarroi proche, ce me semble, du mien. Et les mots, oui, pour les maux. Merci beaucoup l'ami.

    5
    Dimanche 8 Juillet à 10:41

    Un beau texte. Le nécessaire retrait du monde... pour pouvoir y revenir.

      • Dimanche 8 Juillet à 10:50

        Un va et vient entre les larmes et le rire ; entre le fait de couler et celui de sortir la tête de l'eau : merci beaucoup à toi !

    6
    Mardi 10 Juillet à 16:35

    La photo matche très bien ce soleil noir : tout n'est donc pas si sombre.

      • Mardi 10 Juillet à 22:51

        Certes !  :-)  Merci.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :