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        Je suis triste et frustrée. Je viens de tomber brutalement sur un avis de décès. Agrippine est morte. Claire est morte. Claire Bretécher.

     

         Jeudi dernier : après-midi réunion au labo, entre un amphi, une salle, des couloirs, des étages, des escaliers  ; bref beaucoup de déplacements. Avant de partir, je dois voir la secrétaire pour un problème administratif. J'ai remis mon manteau et ajuste machinalement mon écharpe autour de mon cou. Ahhhhh ! Pas d'écharpe. Je fouille mes sacs, les retourne. Je deviens hystéro, je vais dans la salle de réu, dans celles alentour, où on avait déplacé des chaises. Je reviens au secrétariat, je m'agite, je jérémiade à Astrid : "J'ai perdu mon écharpe-fétiche ! Je sais c'est con, c'est qu'un objet mais quand même". Je ressemble à une petite fille. Devant mon désarroi, Astrid tente de me consoler : "On va la retrouver". J'ai les bras ballants. Je suis ridicule. Je m'en vais, résignée. Je refais le chemin inverse depuis le début. Et je finis par retrouver, pendante et entortillée sur un bout de pupitre d'amphi, mon écharpe. Mon écharpe Bretécher ...

         Jeune, j'adorais les BD des Frustrés. Je piquais en les lisant des fous-rires insensés. Qui peut-être vont me reprendre ... je vais relire la série ... sauf le tome 2, qui me manque ... Ne jamais prêter ce à quoi on tient ... s'entendre affirmer que non non, cet exemplaire, c'est le sien : Geneviève F., je te maudis ! (Avis à mon entourage s'il tombe sur ces mots : Les Frustrés, tome 2 par exemple pour les alentours de fin avril ;-) ...)

        Jadis, Claire B., je lui trouvais une gueule d'ange, et j'enviais cette fille  qui était si jolie, drôle, talentueuse et percutante. "Encore une", titre je ne sais plus quoi je ne sais plus où ... Ben oui, forcément, on vieillit tous en même temps ... et nos beaux symboles de jeunesse se cassent la gueule les uns après les autres. Merdouille quand même, quand on a mon âge, on se dit que 79 ans, c'est un peu trop jeune pour mourir, à l'ère des centenaires ...

     

    S'agripp(in)er à ses souvenirs

     

         J'ai en ce jour une grande pensée tendre pour vous, chère artiste de mes jeunes années. Que l'éternité vous soit drôle et douce.

     


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