• AVEC LES TRIPES (2)

    C    comme    C H A I R   I N F é R I E U R E

    Il y a quelque temps, je suis allée voir un film, Les femmes du bus 678, qui se passe en Egypte, tristement en rapport avec l'actualité, j'allais dire de l'Inde, mais non, avec l'actualité de BIEN TROP DE PAYS.
    J'habite en France et je n'ai plus l'âge ni le physique des nanas qu'on emmerde dans la rue ou ailleurs ; je me trimballe un vieux portable éculé, je ne montre aucun signe de richesse et pour cause, je vis sans cesse à découvert  : je n'ai pas peur pour moi dans le métro ni ailleurs, même si je reste méfiante. Bref, je ne risque pas grand-chose, a priori bien sûr, pour ma peau. Et même, même, je me sens ridicule d'évoquer ça, tant notre situation me semble enviable et le danger infinitésimal face à ceux d'ailleurs. Partout dans le monde, des femmes sont considérées, au mieux, comme des objets soumis au pouvoir et au "plaisir", au pire comme des cibles vivantes. On les viole, on les torture, on les excise, on les tue. Et je ne sais pas ce qu'on peut faire. A Cindad Juarez, une des villes les plus dangereuses du monde, à la frontière du Mexique, un nombre invraisemblable de petites filles, de femmes sont enlevées dans la rue et on ne les revoit jamais. Certaines se rebellent, fondent de pauvres minuscules associations de défense sans moyens. Et ce qui me scie, c'est que dans les familles, certaines femmes pardonnent, parce que, disent-elles, c'est moins douloureux de vivre avec l'idée du pardon que celle de la haine. J'ai une admiration énorme pour elles. J'ai une admiration énorme pour les femmes de bonne volonté. Pour les hommes aussi. Ils existent. Mais où sont-ils ?
    Mais que peut-on faire, là, tout de suite, concrètement ? Le sentiment d'impuissance est si grand qu'il plombe. Moi, il me fige. Un  auteur célèbre écrivait dans un ancien best-seller : "Heureux les innocents, les simples d'esprit, car le royaume de Dieu leur appartient". Ne se rendre compte de rien, ne rien savoir ; d'ailleurs n'est-ce pas ce qu'on fait ? Je n'ai pas la radio, mais la télé parle surtout du futile, des problèmes mis en scène et des "célébrités" dont on n'a que foutre. Le rêve, il devrait être ailleurs, non ? Je vais faire ça, tiens, je vais zapper MÊME quand on me parlera de choses qui me touchent, et je resterai ignorante de tout, sans compassion, sans état d'âme, dans l'air du temps. Ce temps où trop de gens trouvent normal que l'argent soit plus important que l'être humain. Et où le pouvoir est synonyme de corruption.
    Bien sûr, mon chagrin d'aujourd'hui ne sera que transitoire. On ne peut vivre la vie des autres, et s'occuper de la sienne est, j'allais dire, vital. Et à défaut de faire du bien, on peut tenter de ne pas faire de mal près de soi. Mais là tout de suite, quand même, je voudrais que le mot féminicide n'ait pas besoin d'être inventé.

     


    A girl called Eddy, Girls can really tear you up

     

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    Photos © L'oeil du Krop

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Janvier 2013 à 10:40

    Vous êtes en colère et vous l'écrivez bien.

    Je doute, hélas, qu'un jour les hommes et les femmes puissent vivre  en parfaite harmonie, l'Homme a toujours cherché à dominer, la nature, les animaux, ses semblables… L'Homme est un animal primitif qui ne sent exister que par la domination, peut-être pour vaincre sa peur de n'être qu'un passant sur cette terre.
    Seule l'Education fera que peut-être, un jour...
    Et, oui c'est plus facile de ne rien voir, plus facile aussi de ne rien montrer, l'Homme trop éduqué serait alors beaucoup moins facile à contrôler pour ceux qui veulent le diriger et l’exploiter (que ce soient les capitaux, les religions, ou autres forces)...

    On ne peut pas s’indigner, se mobiliser pour tout, on n’aurait pas assez de temps dans une vie, mais à petite échelle, dans notre petite vie, on peut juste essayer d’être quelqu’un de bien et essayer de le faire rayonner.

    Merci pour les fleurs, elles adoucissent un peu votre billet du jour.

    Passez un bon dimanche tout de même.

    2
    Dimanche 6 Janvier 2013 à 13:18

    "A defaut de faire du bien, on peut tenter de ne pas faire le mal pres de soi"... C'est dejà tres bien...

    Parfois, je me sens indignée, impuissante devant toutes les injustices que subissent les femmes du monde... J'ai envie d'hurler lorsqu'on evoque la maltraitance quelque soit sa forme... J'ai les boules de savoir que des enfants crevent la dalle...

    Il y a peu, j'ai assisté à une formation prof, le sujet c'etait "la maltraitance en institution"... pourquoi ne pas parler plutot de la "bientraitance institutionnelle"? Le formateur a eu du mal à me repondre....

    Alors, je ne peux pas effacer les miseres du monde... Mais je ne perds pas une occas' d'aider mon prochain... il y a toujours une maniere de tendre la main... De donner du temps ou un sourire....  

    Si tout le monde le faisait un peu dans ce monde d'individualistes....

    3
    Dimanche 6 Janvier 2013 à 15:36

    Merci à vous pour vos passages et longs commentaires.

    Bonne après-midi.

    4
    Lundi 6 Novembre à 13:17

    Film terrible.

    Ce qu'on peut faire? Continuer à parler, à dire, à dénoncer. Ne rien lâcher. Rester vigilantes. Rester vigilants, parce que c'est un problème qui n'appartient pas qu'aux femmes. Et comme tu le fais, il faut tout dire. Tout. Pour que le rapport entre les sexes vienne un jour à l'équilibre. C'est un sacré chantier, et nous-mêmes ne seront évidemment pas là pour en voir le bout. Mais je crois qu'on y arrivera. yes

      • Lundi 6 Novembre à 13:33

        Merci. Merci beaucoup pour ce passage ici, et ce commentaire. Le chemin est long mais il faut le suivre !

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