• De l'air

        

       Toujours je crois, j'ai aimé le vent. Que j'assimile à une puissance mystérieuse de la nature qui nous dépasse et nous contient ; car nous sommes dans la boîte infinie du monde. Une image, entre autres, sans doute, résume le sentiment à la fois de fragilité et de pérennité qui m'anime à propos de cela, c'est celle-ci : la scène dure environ deux minutes (à partir de T36,30) et l'acmé en est pour moi les arbres qui gémissent, ou chantent, ou les deux (vers T38) ... Le rayon vert. Au temps du ciné-club lycéen, le prof nous demandait chaque fois de trouver la scène-clef du film, de Los Olvidados ou de Sourires d'une nuit d'été. Je n'étais pas d'accord avec cette idée que l'essence symbolique d'un film, on puisse la réduire à une séquence spécifique. Et pourtant, si je pense au film susdit, c'est cette scène-là, du vent habitant cette fille, funambule sur le fil du rasoir, qui prédomine, dans mon souvenir, sur les autres, comme si elle en était la clef, justement. Sans (nul) doute, c'est nous qui projetons -c'est le cas de le dire- ce que nous sommes.

     

    De l'air

                                                                                                                                           © L'oeil du Krop

     

       Le vent est vert, c'est Lorca qui le psalmodie : Vert, c'est toi que j'aime vert, vert du vent et vert des branches ... (Verde que te quiero verde verde viento verdes ramas). Et cette association s'est si fort gravée dans mon esprit que je me rappelle avoir écrit un jour dans un texte, comme définition du bonheur : Le vert du vent, le rouge du vin, le bleu des veines dans la main que tu serres, l'arc-en-ciel, infini, dans les yeux qui te mangent.

      

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 14 Août à 09:40

    Elle impressionne cette forêt brumeuse

      • Samedi 17 Août à 15:48

        Le vent est impressionnant ; la brume aussi.

    2
    Mercredi 14 Août à 10:08

     Le vent qui souffle sur les plateaux du Cantal(chez moi), celui qui faisait tourner les moulins, a quelque chose d'assez mystérieux, puisqu'il a emporté avec lui des peines et des chagrins d'un autre temps. Toujours régénérateur, sauf en tempête, j'aime son souffle. À l'automne. Il aide à se recentrer sur soi-même.

      • Samedi 17 Août à 15:49

        J'aime comme tu parles du vent. Merci d'en avoir été le passager ici.

    3
    Mercredi 14 Août à 12:51

    Ton billet me fait grand plaisir: d'abord et comme toi j'aime le vent à la folie, et puis ce vent vert de Lorca, inoubliable. Merci!

      • Samedi 17 Août à 15:49

        Ton passage ma fait grand plaisir aussi, et je t'en remercie.

    4
    Mercredi 14 Août à 14:03

    tête nue, cheveux au vent, décoiffage bourdonnant qui signe l'harmonie du concert, car c'est de concert qu'ensemble nous psalmodions cet air magique venu d'on se sait où mais qui  nous emmène vers le sublime !

    amitié .

      • Samedi 17 Août à 15:50

        Je te sens toujours d'un tel enthousiasme, ça me fait plaisir. Amitiés.

    5
    patrick
    Mercredi 14 Août à 15:23

    Ta définition du bonheur pourrait faire chavirer de plaisir les plus coriaces de ce Monde.....s'ils.......

    Mais j'ai soigneusement pris la peine d'utiliser le conditionnel,

    car les motifs qu'on peut mettre derrière " S'ils ...." sont innombrables  et je crains d'être très malpoli envers eux.

    Mais , ton texte est juste Beau . et c'est déjà beaucoup.

     

    PS: j'aime pas le vent . la brise oui, mais  le vent , c'est définitivement non, et je suis bien incapable de donner une raison qui tienne la route.

      • Samedi 17 Août à 15:56

        Merci de parler de beauté, ça me touche ... Je crois fermement qu'à toutes fins, le bonheur est -comme le malheur !- partout, mais parfois si caché à notre oeil et à notre coeur, qu'il faut le débusquer ...
        Ps : c'est drôle de ne pas savoir pourquoi ; peut-être que pour toi il est  éner-vent ! :-)

    6
    Jeudi 15 Août à 04:00

    Salut les copains ! Salut les copines \ Nikole est une copine dans le vent.

      • Samedi 17 Août à 15:51

        C'est drôle ! :-)

    7
    Vendredi 16 Août à 09:23

    Un cliché très réussi : j'entends le vent qui malmène les branches, je sens son souffle rien qu'à regarder la photo, en outre, à la scruter dans le détail, je crois apercevoir autre chose, ce quelque chose qui intrigue, attire et repousse tout à la fois. Ah les brumes opaques et mystérieuses, elles attisent l'imagination.

      • Samedi 17 Août à 15:58

        Les brumes attisent aussi la mienne, d'imagination ... tout comme le vent, en somme ; merci de ton passage et de tes mots.

    8
    Vendredi 16 Août à 10:37

    Quel beau billet ! Quelle belle photo ! je découvre le film... 

      • Samedi 17 Août à 15:57

        Ravie de t'avoir fait découvrir Le rayon vert. Merci, passagère du vent.

    9
    Jeudi 12 Septembre à 11:07

    Mais qu'il est beau, ce texte qui chante la plénitude de l'existence, qu'on n'atteint jamais mieux que lorsqu'on est capable d'en mesurer la fragilité! Nous ne sommes rien et nous sommes tout, nous sommes dans Tout. 

    Merci pour ces lignes, pour le vert du vent, pour m'avoir remis Lorca en mémoire ♥^^

      • Jeudi 12 Septembre à 11:37

        Merci pour tes lignes à toi ! Tendres baisers.

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