• AVEC LE TEMPS (23)

    Avant *

     AVEC LE TEMPS (20)

                           ar©hives du Krop

     * c'est toujours différent

     

    Il y a quelques temps, ici et , j'ai évoqué l'atmosphère des classes d'antan, en tout cas les miennes, dans les années soixante. J'ai lu il y a peu un livre dont quelques lignes font allusion à cette souveraineté du corps enseignant, - et plutôt, dans le texte, du savoir à la mode ancienne - et à la passivité, pour ne pas dire la soumission, des écoliers d'alors, en tout cas ceux que j'ai cotoyés ; je vous en retranscris quelques lignes ici :

    Oreilles et museau plongés dans le porte-voix, le chien, assis, fasciné par l'écoute, ne bouge. Sages comme des images depuis l'âge tendre, nous commencions, enfants, une carrière longue de corps sur leur séant, immobiles, en silence et en rangs. Notre nom de jadis, le voici : Petits Transis. Les poches vides, nous obéissions, non seulement soumis aux maîtres, mais surtout au savoir, auquel les maîtres eux-mêmes, humblement, se soumettaient. Eux et nous le considérions comme souverain et magistral. Nul n'aurait osé rédiger un traité d'obéissance volontaire au savoir. Certains se trouvaient même terrorisés par lui, empêchés ainsi d'apprendre. Pas sots, mais épouvantés. Il faut tenter de saisir ce paradoxe : pour ne pas comprendre le savoir et le refuser, alors qu'il se voulait reçu et compris, il fallait bien qu'il terrifiât. (Michel Serres, Petite Poucette, 2013). 

    Je cite, mais je ne suis pas polémique. Comme je l'ai dit déjà, j'aimais l'école. Et nous ne connaissions que ce modèle-là ; imaginions-nous, d'ailleurs, que l'école, le monde adulte, pouvaient se présenter autrement qu'autoritaires ? Dans quelle mesure, dans l'esprit des plus "confiants" d'entre nous (les "rebelles" étaient considérés comme tels quand ils étaient "cancres", je ne dis pas que c'est mieux, mais ça change la donne, même si ça abîme autant) ce trait ne s'est pas imprimé assez profondément en eux pour en faire de la chair à travailler obéissant à la hiérachie ? Une fois de plus j'ai l'air de critiquer, ce qui n'est pas le cas. La méthode a été un peu raide, mais c'est bien la "rigueur", en l'occurrence, qui fait que quand nous entrions en sixième, nous savions bien lire, écrire avec une bonne orthographe, et compter sans calculette.

     


    Alice Cooper, School's out

     

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  • Commentaires

    1
    Niouck
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 09:44

    Moi aussi , j'aimais l'école.J'étais obéissante, attentive,respectueuse envers mes maîtresses.J'étais ce qu'il fallait que je sois pour réussir.Mes parents m'avaient bien mise en condition de ne pas me rebeller.D'ailleurs,pourquoi me serais je opposée aux détenteurs du savoir que l'on me distillait , au fil des classes et , que j'absorbais avidement?A tout prix , il fallait que je réussisse à l'école et , c'est le plus beau des cadeaux que j'ai offert à mes ouvriers de parents , en devenant à mon tour , enseignante...

      

    2
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 10:08

    Ils sont "sages comme des images"!

    De nos jours, les modèles des enfants sont "ce qu'ils voient et entendent à la Télé et à la radio" où on dit n'importe quoi, n'importe comment...etc! Les "stars" disent n'importent quoi, font 'nimporte quoi. On n'arrête pas de parler de tout ce qui va mal... à croire que "faire du mal" reviendrait à "être bien vu"...puisque c'est proclamer en boucle haut et fort par les médias:(

    Allez faire un tour en bus: personne ne se lève pour céder sa place à une femme enceinte à une personne âgée...Ce n'est point étonnant car personne ne respecte le rang (s'il y en a) pour entrer dans le bus...On se bouscule comme des vaches...tant pis pour celui qui est faible!

    Nous vivons un drôle de monde et... j'accuse en premier "les mass médias" car ils rendent notre travail auprès de notre famille VAIN. Ils "dévergondent nos enfants, nos jeunes".

     

    3
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 11:25

    Ach ...

    Je ne pense pas que 100% des élèves entraient en 6è en sachant lire, écrire et compter (d'ailleurs, y'a qu'à voir sur les forums comment nos aînés écrivent parfois très mal ... et manquent de politesse aussi! C'est curieux, ça m'étonne toujours que des personnes âgées soient malpolies ... une vieille croyance dont je ne parviens pas à me "décrotter")

    Disons en revanche qu'ils sont moins nombreux aujourd'hui qu'hier, ceusses qui rentrent en 6è avec les outils.

    Entre cette soumission que tu décris et le n'importe quoi des dernières années côté société, il y a eu une période bénie, je crois, celle où j'allais en classe (années 70 pour le primaire, 80 pour le secondaire) où nous respections encore le savoir et où on nous encourageait doucement à travailler notre esprit critique, chercher, nous rebeller sainement ...

    Quelque chose dans ce genre ...

    Que j'ai de plus en plus de mal à "activer" dans mes classes

    4
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 11:39

    J'aime beaucoup ta photo.
    Je dois avoir la même quelque part ...

    5
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 19:17

    Beaucoup d'enfants à l'heure actuelle rentrent en sixième sans savoir lire. De mon temps, beaucoup d'enfants ne rentraient pas en sixième.

    Un beau gâchis dans les deux cas.

    6
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 19:34

    Je crois que l'extrait de texte est négatif. À ton image, j'ai fréquenté l'école de l'enfance au cours des années 1960 et je n'en garde que de bons souvenirs, cela même du religieux que j'ai croisé sur ma route, J'imagine que les perceptions varient selon les personnes.


    J'aime beaucoup la photographie.

    7
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 19:59

    Merci à vous tous pour vos remarques, vos réactions, vos ressentis. L'école est un sujet important, essentiel, déterminant. C'est bateau de dire ça mais elle nous a fondés. Elle est le reflet de la société et de la civilisation. Je ne sais pas pourquoi je parle autant de cela dans ce blogue, mais j'en éprouve la nécessité. Au risque de passer pour une vieille conne, je suis abasourdie par ce qu'elle est devenue, je suis consternée par le gâchis, en rogne contre l'incurie des politiques qui se succèdent sans rien résoudre.
    Moi aussi je suis fille d'ouvrier (ma mère était femme au foyer) et la seule chose essentielle qui importait à mes parents était que nos situations professionnelles soient plus "élevées" que la leur. Ils ont tout fait pour ça, et ont réussi, tout en cultivant notre égoïsme : je ne me suis pas rendue compte très vite de tout ce dont ils se privaient pour que notre seul but soit la réussite scolaire dans les meilleures conditions ; rétrospectivement, je leur en voue un respect et un amour sans borne. Mission accomplie : on s'en est sorti plutôt bien.
    À l'époque où je suis allée en sixième, tout le monde n'y allait pas (je crois que c'était la dernière année que ça se passait ainsi, ou presque) : ceux que les enseignants jugeaient aptes à continuer allaient en sixième, parfois avec un examen d'entrée ; les autres suivaient une autre voie, mais avec le certificat d'études en poche ; et c'était un vrai examen, solide, et qui cautionnait de sérieux acquis.
    Oui, Mario, Le texte est négatif. Le résumé en est que l'enseignement actuel, je shématise grossièrement, est absolument inadapté à l'ére numérique d'élèves en mouvement, et qu'il fau(drai)t s'adapter à ça. Le passage cité ne parle pas de ça, simplement il me faisait penser à mes anciens posts juste par un ou deux aspects, et je me suis dit que ce pouvait être un bon élément de discussion.
    Je l'ai déjà écrit quelque part (dans un commentaire du blog de Mario à propos de Lulette) : j'ai un immense respect pour les profs, qu'on dénigre tant. La plupart font un boulot de chiens avec beaucoup d'énergie et d'abnégation ; franchement, j'en serais incapable.
    Je l'aime bien cette photo, moi aussi. Et dire qu'à l'époque, on portait tous des blouses ou des tabliers, même les garçons !

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