Chronik (18)

Publié le par Nikole

 

 Dimanche 20 février

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 Chronik (17)

 

    Eh ben ça alors ! J'ai rêvé d'Éric Zemmour et de Philippe Manœuvre ... va-t'en savoir pourquoi !
Peut-être parce que les deux la ramènent avec une certaine assurance. Les traductions interstitielles de nos cervelets en songe ont leur "cohérence" propre. En tout cas, ce qui l'était, cohérent, c'est que tout se passait dans un entrelacs de rues et d'immeubles, pour la plupart en construction ... la routine, quoi !

 

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Chronik (17)

Remarqué ce bandeau à la télé ce matin. On en rirait (même jaune) presque si le sujet n'était pas aussi préoccupant !

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(Image du jour, là-bas : celle-ci)

 

Lundi 21 février

    Tombée sur une émission à la télé, où des moins de trente ans, hommes et femmes, affirmaient ne pas vouloir procréer dans un tel monde, allant jusqu'à se faire stériliser ... Je comprends, mais cette assurance de ne pas regretter l'irréversibilité d'un tel acte !

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En gestes appliqués et lents, je nettoyais l'espace à épices, quand m'a traversée, comme un éclair, une fulgurance : ma mère. J'ai comme "senti" ma mère, là, ou dans ma tête, peu importe. L'émotion, d'une force incroyable, m'a submergée et fait pleurer, sans que je comprenne rien. Puis, l'apaisement.

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(Image du jour, là-bas : celle-ci)

 

Mardi 22 février

Chronik (18)

 

    À la télé toujours, vu le marin Olivier de Kersauson. Simple, authentique, calme, philosophe. Noté à la va-vite quelques trucs : "Le soleil s'est levé mais sans que je voie" ; Il y avait du vent dans les arbres de fer du bateau" ; "Il est intelligent d'être content" ; "Ma tête est devenue une gare déserte où ne s'arrête aucun train". Hors de contexte, cela paraît moins attractif, peut-être, sans la voix un peu lente, "assise", parlant de la mémoire qui s'en va, de la mort qui s'en vient. En fait, en écoutant cet homme massif au sourire plane, c'est le mot poésie qui me venait en tête.

 

Chronik (18)

 

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(Image du jour, là-bas : celle-ci, qui aurait été davantage raccord avec le jour précédent ici mais les posts sont indépendants les uns des autres dans le "timing")

 

Mercredi 23 février

     Entendu quelqu'un parler de la déchéance de la vieillesse : la personne racontait que sa mère disait : "C'est ça ou mourir jeune". Ça me revient, c'est le marin sus-cité qui disait ça ; c'est dans l'esprit ce que je clame "récurremment" aux personnes se plaignant à chaque anniversaire, chaque ride, chaque bobo sans handicap trop handicapant : se plaindre qu'on vieillit prouve qu'on est encore là pour le dire, chaque année qu'on fête encore et encore, c'est parce qu'on a la chance immense d'être encore là. J'aime beaucoup, par ailleurs, la phrase d'Erik Satie : "Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux". Cher Erik Satie, mélancolique mais à la facétie tumultueuse !


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Bien que faisant depuis quelques années du théâtre en amatrice, j'en prise cependant assez peu les spectacles de pièces classiques. Il y a quelque temps, je suis ainsi tombée à la télé sur la diffusion de je ne sais plus laquelle, et me suis rapidement ennuyée. Et puis, récemment, rebelote, je retombe sur un truc (un truc ! "Les jeux de l'amour et du hasard") et je regarde, et je regarde, et je regarde ... je suis restée jusqu'à la fin,  non seulement sans ennui, mais avec plaisir : révélation des textes ou du jeu des acteurs, de la mise en scène ... ça doit dépendre ... en tout cas je me suis rendu compte avec plaisir que je n'étais pas rétive aux "pièce classiques", ce que je finissais par croire, n'ayant pas beaucoup de souvenirs positifs marquants d'icelles (je sais bien que le mot peut paraître pédant, mais je l'aime bien). Voyons ... "L'illusion comique" de Corneille, vu pendant les années-collège ou lycée dans ma ville natale (Châlons) mais est-ce la pièce ou le contexte qui m'est agréable ? Je ne dis pas ne pas avoir de bons souvenirs de théâtre en tant que spectatrice, et certains même -trop peu hélas- illuminent ma mémoire, mais je me souviens d'un temps où, habitant Nancy, et y ayant un abonnement théâtral, j'avais copieusement abîmé ma montre en y jetant souvent des regards ... le temps n'avançait pas.

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Chronik (18)


J'aime les fleurs roses. Les fleurs pâles. Les fleurs blanches. J'aime les renoncules. Merci pour ce cadeau.

 

Chronik (18)

 

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(Image du jour, là-bas : celle-ci ; le thème de la semaine est "Music" -parce le site n'est pas en français-)

 

Jeudi 24 février

    Aujourd'hui, elle est noyée dans un centre commercial. Mais dans les années soixante, la maison des Laval était en pleine plaine. Au milieu des champs. Elle eût fait sans doute le bonheur d'un peintre paysagiste. J'ai marché vers elle, nue, pour finalement, avant d'arriver, enfiler rapidement, fluide, une robe à grands motifs jaunes. Ma démarche était déliée ... Dans mon rêve, l'intérieur en était trop classique à mon goût, dans sa déco, mais l'architecture étonnante, comme pleine d'alvéoles ouvertes, de coins, de pièces de tailles différentes ... un bonheur des yeux ... mes songes ! Je me souviens d'un jour où mon frère est rentré de l'école complètement abattu, et où ma mère avait fini par lui faire avouer pourquoi : le fils Laval lui avait mis une torgnole ou un truc du genre. Je revois alors ma lionne de mère en furie lâcher sur le champ serpillère ou binette, courir, enfourcher son vélo et aller engueuler celui qui avait fait du mal à son petit. S'il s'agissait de ses enfants, il ne fallait pas l'emmerder, la petite mère !

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 Chronik (18)

(image tirée d'une pièce passée ; photo J.L.-M)

 

En apprenant cette année (enfin du théâtre ... ben oui, après avoir relativisé mon amour de lui, j'affirme mon besoin d'en faire !) avec opiniâtreté mais douloureusement (foutue mémoire !) mon rôle de Philaminte dans "Les femmes savantes", je découvre, lente à la détente et sans doute candide à jamais, le double sens d'un extrait, celui où la maîtresse de maison s'extasie devant le "poéteur" qui la visite régulièrement :

"Ah ! mettons-nous ici pour écouter à l'aise
Ces vers que mot à mot il est besoin qu'on pèse"
                    ...
"Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous"
                    ...
"Ne faites point languir de si pressants désirs"
                   ...
"À notre impatience offrez votre épigramme"

Quel vaste défi que de monter ça en quatre mois ... mais l'enthousiasme soulève des montagnes, paraît ! Vive les sommets !

 

Chronik (18)

 (image tirée d'une pièce passée ; photo J.L.-M)

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(Image du jour, là-bas : celle-ci)

 

Vendredi 25 février

    Ce matin ma voix est un peu (un peu, faut pas exagérer non plus) fêlée : hormis les rires intempestifs d'hier soir à l'atelier théâtre -nous étions tous surexcités et de bonne humeur, réflexe de défense ?- il m'a été demandé de tout exagérer, ma gestuelle, les sons aigus que je sortais ! La Philaminte qu'on me réclame va plonger, au moins à certains moments, dans l'hystérie. Et quand je me pâme avec force et rapidité sur le futur canapé, je suis dangereuse ... deuxième fois déjà, en des circonstances différentes (et théâtrales) que je malmène la pauvre Kat, en la jetant presque sur un mur la dernière fois, et en m'écrasant impétueusement sur elle pendant qu'on glousse devant Trissotin ! Moi qui puis être ... la douceur même ...

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Rendez-vous impromptu et chaleureux avec Kat dans le froid du café d'en bas. Légèreté et amitié. D'ici -mais pour combien de temps ?- l'Ukraine paraît si loin ... Pensées. Tristes. Tyrannisme de l'infinie vanité de certains "humains".

 

Chronik (18)

 

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(Image du jour, là-bas : celle-ci)

 

Samedi 26 février

    Me suis fait (en songe) tatouer un mot en allemand sur le bras signifiant "résistance". Déambulations dans un marché qui fermait, atterrissant à un grand repas organisé par le roitelet micron, où je me retrouvais contre mon gré, et où il déposait à la main des framboises sur la chantilly de tartelettes, ce que je trouvais parfaitement dégueulasse.

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Petite aube amère devant la télé, avec l'Ukraine en boucle. Le président Zelensky ne va pas tenter de contrer cet assaut d'un "Londres" quelconque, il reste sur place ; j'avoue que cet amour-là d'un pays fait mon admiration. Même si tout ça est d'une autre vie, j'ai repensé aux semi-origines lointaines de ma mère, dont la mère était née en Ukraine.

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(Image du jour, là-bas : celle-ci)


Dimanche 27 février

 Le maire de Kiev a pour prénom Vitali : j'espère que c'est un bon signe. ..."Quelle connerie la guerre !" Alors ce poème triste mais doux :


 

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(Image du jour, là-bas : celle-ci ; ici comme là-bas, n'hésitez pas à me dire, vos joies et vos tristesses, vos ressentis.
Bonne journée à tous les êtres de bonne volonté).

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K
bonjour vous avez laissé un commentaire aujourd'hui sur ma publication du jour où vous demandiez pourquoi les commentaires sont en anglais. C'est que j'ai beaucoup de correspondants étrangers, qui vraisemblablement ne réagissent qu'aux images ou alors utilisent le traducteur de google. Sinon vous avez la chance de vous souvenir de vos rêves qui témoignent d'une riche vie intérieure
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B
oui nous sommes inquiets pour nos petits..les roses même si jolies n'arrêteront pas les psychopathes. rêver à zemmour n'est pas rêver à un monde meilleur..j'aime bien les photos " passées " comme un temps fâné
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T
Quelle   époque    que   celle     où   je   vois interpréter    des   pièces   anciennes  en    mode    cubisme,  où  je te   lis    concernant  ces    femmes    qui  ne   veulent  plus   procréer,  avec    en  face,   l' Ivg   permise   jusqu'à    14  semaines,    la  pma   la    gpa !!<br /> Une    époque   où   on   s'  étonne    de   la   réaction    face     à   des    années    de   provocations    américaines,   et  tant    de   matamores    qui    ne  se rendent   pas    compte    qu'ils    risquent    de   faire    d' un   conflit   local,    un   conflit   mondial !<br />  Pauvre    cerveau   marqué    subliminalement,   qui  tente    de  nous   délivrer  des   messages !<br />  Mais honni     soit     qui   Mali pense,   le  soleil  est  là   qui    nous  annonce   le  printemps<br />  passe   une  bonne  semaine<br />  Amitié<br />
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B
Tu fais de drôles de rêves dis donc !Belle série de textes et belles photos associées.<br /> Bonne semaine.
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L
Le premier "rêve" tient plutôt du cauchemar, l'immonde Z dans ma nuit , impossible à imaginer sans<br /> "Incommentable", je pourrais aujourd'hui reprendre le terme, vu que je n'aime rien tant que lire entre les lignes, gratter un peu, fouiner dans la tête et le cœur, et que ça ne te plaît pas toujours, et que du coup je n'ose plus. D'où la rareté de mes comm depuis quelque temps, vu que je les garde pour moi. Ce qui ne m'empêche pas de profiter du  plaisir à lire le fil de tes réflexions <br /> Ce que j'aime le plus dans le théâtre, je crois, c'est son éphémérité (oui je sais mais j'ai bien droit à un petit néologisme de temps en temps, et puis ça veut bien dire ce que ça veut dire, non?). Hormis la persistance de la pièce, tout passe, acteurs, jeu etc, parce que tout n'est que présent. Et présence. Vie. Humanité.<br /> Baiser doux<br />  
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C
dans le théâtre j'aime tout, le classique autant que le moderne, même les pièces en patois peuvent me séduire (si il s'agit de mon patois)  ... que ce soient  des amateurs, ou des pros j'aime me glisser dans leur jeu  ... <br /> ferais-je des enfants à ce jour ? j'en doute ... pourtant je suis si fière de ma famille, j'espère seulement qu'ils auront tous assez de caractère pour résister aux risques à venir ... <br /> Quant à tes rêves, n'en faisant pas ou n'en gardant aucun souvenir ... disons qu'ils m'emmènent dans les méandres de tes "délires" ...<br /> amitié .
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A
Tu dis tellement de choses, la plupart incommentables, mais qui d'une certaine manière réconfortent, car nous ne sommes pas tous des moutons.<br /> Quoique je me demande si je vais continuer à venir lire les chroniques de celle qui rêve d'Eric Zemour. Un cauchemar peut-être ?<br /> Félicitation pour t'être mise au théâtre. Longtemps je n'ai pas pigé que le théâtre se devait d'être "théâtral", je trouvais les situations éxagérées, les tons pas justes. Jusqu'à ce que je comprenne que justement le théâtre ne cherchait pas une ambiance réaliste, conforme au quotidien.<br /> Bonne continuation.
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D
AH! oui quelle connerie la guerre !!Il est courageux le président ukranien !
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M
La réalité est bien triste, je peux comprendre cette décision mais que dire quand je viens tout juste d'apprendre que ma nièce va devenir maman à presque 40 ans, bébé si attendu!<br /> Bises du jour<br /> Mireille du sablon
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Z
" Tombée sur une émission à la télé, où des moins de trente ans, hommes et femmes, affirmaient ne pas vouloir procréer dans un tel monde, allant jusqu'à se faire stériliser ... Je comprends, mais cette assurance de ne pas regretter l'irréversibilité d'un tel acte ! "<br />  <br />  <br /> Je partage à postériori cette idée et me reproche chaque jour d'avoir mis des petits anges au monde dans l'enfer d'aujourd'hui... Je les comprends donc très bien...<br /> Très bonne journée dominicale<br />  <br /> <br />  <br />  
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B
Les trentenaires ne veulent plus procréer. C'est terrible d'entendre cela. mais dans le même temps j'ai gravé dans ma mémoire ces images trop dures de ces mères apeurées serrant dans leurs bras leurs bébés ou leur jeunes enfants dans les couloirs encombrés du métro de Kiev.Quel avenir aussi bien pour eux que pour leur descendance ?<br /> Ce ne sont plus des rêves c'est la réalité. Et effectivement elle est bien triste<br /> Bon dimanche
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