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Les pensées sont filles ...

Publié le par Nikole

... de la terre et du vent ...

   Cette impression, si fréquente, monolithique, en écoutant, en regardant, de tenir entre mes mains des poignées de sable mêlant l'or le plus pur de la lumière au goudron et tout ce qu'il a abîmé ou tué de ce minéral et de ce qui y vivait. Le bon grain et l'ivraie. Le bien et le mal. L'important et le superflu. Le beau et le laid. Cette sensation, aussi, me traversa un jour, marchant sur la grande plage à marée basse, les pieds prudents sur les cailloux (ronds pourtant parfois, galets si beaux) alors que fut si lisse et longue et protectrice cette même plage de sable infini  blanc.
    Nos bras sont pleins de ces gerbes de sable mélangé, dont nous ne contrôlons pas forcément la fuite de grains, sans les voir : que reste-il, qu'est-ce qui est important ? Quelle liberté ont nos gestes ? Nos regards ? Nos pensées ? 

    Rituel du déroulement des chaînes au café matinal : quelques secondes ont suffi pour m'affoler sur la télé-commande et vite ôter de ma vue uns sorcière lfindigne, éructant plus que parlant, la bave aux lèvres, comme atteinte de la rage ! Pasteur, au secours ! Mais il n'existe pas de vaccin contre la rage de la haine et de l'hypocrisie maladive. Curieux comme immédiatement, ce type d'attitude influe sur nos corps comme un arc électrique mortifère, au moins de quelques cellules au passage ! Cut !

    J'ai changé la direction du voyage en revenant vers un replay arte sur Steve Mac Curry ; j'avais alors fait une étape en son milieu (là où stat la virtus ;-D) en LE voyant émerger la veille, corps encore fatigué mais regard souriant, dans la découpe dessinée par la porte ouverte du salon. Petits-déjeuners communs non pas à refaire le monde, on n'a plus la force, mais à refaire nos forces à nous, de partage et d'amour vieillissant mais lui toujours aussi valide (mais nettement moins des genoux :-D). Croisons nos doigts ! Et nos bras ! ...

    Ce photographe, Mac Curry, c'est celui qui est connu au moins pour cette célèbre photo-ci, en arrière-plan de la personne retrouvée au premier plan :
 

   
    Une grande partie du film porte sur ses reportages -involontaires, il voulait voyager et découvrir le monde, pas devenir reporter de guerre- en Afghanistan. Et en d'autres lieux, mais dans une moindre mesure. La femme de la photo, voilée comme il se doit, prie ingénuement son dieu pour la paix et l'entente entre les peuples (comme si on demandait à un ver de laisser le fruit intact). Au moins elle le fait sans animosité apparente, et dans son coin de jardin, si l'on peut dire. 
  Je ne veux pas une fois encore, reparler de ce chiffon mortifère, même si, élément qui me passait complètement au-dessus de la tête (si je puis dire) quand j'étais très jeune et la tête bien trop vide et in-curieuse, je ne  comprenais et ne voyais pas tout cela : dans ce film comme dans bien d'autres, et même -même !- chez les enfants femelles, dans tant de pays, pas un cheveu au vent de la lumière, rien que minois innocents et crânes emprisonnés dans des symboles traditionnels (me revient cette phrase -en substance- de Curry à un moment : Nous sommes tous exotiques les uns pour les autres selon les pays). 
   
    Une autre chose me frappe et me gêne : la saleté incroyable, en plus de celle de Paris et même autour, de rues lointaines exotiques chargées de papiers et de détritus de tout style. Ce truc me dépasse complètement et je déteste ne pas comprendre ; comment peut-on accepter ça, la saleté ? Je ne parle pas du désordre, sorte de chaos moindre mais qui reste souvent personnel, et pas forcément crasseux. , il s'agit de lieu partagé par tous, et l'idée que cela ne puisse pas déranger me dérange !

   Pardon ! Je pensais en commençant de tracer mon sillon sur cette page (à la suite des sentiments qui m'ont remplie après avoir fini de regarder cette histoire qui m'inspire) ne dire que de jolies choses, positives, ou en tout cas parler d'enthousiasme, et je repars dans mes éternelles considérations ciblées. Mais c'est l'alpha et l'oméga de ce blog : l'impulsion, sincère, ponctuelle, à l'instant où je l'éprouve.

   Je vais même en dire plus : cette sorte de gêne, alors que les personnes photographiées en semblaient contentes et souriantes en posant (en fait, c'est sans doute ça le truc, ces poses, comme si elles en rajoutaient) en le voyant, aujourd'hui, à l'époque heureuse (il avait besoin de quitter les images de guerre) se balader dans des rues et s'arrêtant sans cesse comme s'il faisait son marché : je sais que l'expression est horrible, mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti.
  Car ce film est aussi un film sur la philosophie de la photographie. Sur ses regards. Sur LE regard. L'OEIL. Il dit encore : Je fais des photos pour mon plaisir. Et j'espère que ces photos disent des choses. Un point c'est tout.  Ce pourrait être ma propre profession de foi. Même si je ne suis pas sûre que cela recouvre la même philosophie de fond, au fond.
   Peut-être vous ai-je donné envie de regarder (ou le contraire, désolée !) ce film sur arte-tv (ou arte-replay, car je ne sais jamais ce qui se recoupe entre les deux plateformes) ; je serais en tout cas intéressée et reconnaissante si vous m'écriviez ce qui alors vous y a animés ...

 

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