Limbes internes

Publié le par Nikole


    Sans comprendre pourquoi, je me suis mise à avoir une chanson dans la tête, celle-ci. Au bout d'un long moment, j'ai compris : quelqu'un avait laissé un commentaire sous une des photos que je publie quotidiennement sur un site, laquelle titrait L'orage. Quelquefois la connexion -inattendue- avec le cerveau se fait toute seule, et simplement, c'est souvent le cas chez moi avec des bouts de poésie ou de chansons.
    Parfois c'est plus éloigné, incompréhensible, caché, voire sujet à caution. La tempête métaphorique que peut susciter l'orage se met à prendre d'autres formes, celui de la cassure ou de la brisure. Même infime. Même refusée. Mais persistante quand même dans un coin de quelque chose. On fait avec, on n'y pense pas sans cesse, on se veut d'être optimiste. Quelque chose ne va pas dans notre vie qui se met à perdurer. Notre cœur est coincé entre les cœurs aimés qui nous sont proches et importants. Ils ont mal. On a mal. Mais on ne sait pas faire. On se sent impuissant.

 

   
    Ce matin lors du tirage au sort dans mon vieux dictionnaire Tout en un des mots à se rappeler pour la journée est entre autres sorti Égueuler, "casser l'ouverture d'un vase", ça me parlait ... (encore que le second sens me parla aussi un peu, finalement, d'usure et de dégradation). Je suis allée jeter un coup d'œil sur une antiquité d'enfance (une sorte de petite coupelle en verre, en morceaux, dont ma mère se  servait pour faire des crèmes-dessert) que je garde -pour l'instant- comme une relique en me persuadant qu'un jour je pourrai en faire un kintzugi. Comme je le pense de ce que je vis de tristesse avec ceux que j'aime. Peut-être est-ce ce qui me sauve et me fait, entre autres, tenir debout et garder ce farouche espoir en l'avenir. Malgré les tempêtes intérieures.
 

 

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