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Dernier dimanche de juin

Publié le par Nikole

   
    Sept heures du matin le réveil ce dimanche. En marchant vers la boulangerie, la différence avec les jours précédents était tout de suite sensible. L'air était respirable, souffle, plaisir. En bordure de la rue, vide, je regardais les fenêtres avec curiosité. Que se passait-il derrière ? Est-ce qu'en m'approchant, j'aurais entendu des respirations étales ? Le silence était omniprésent et ça aussi c'était si bon !

   
    Fenêtres fermées, ouvertes ... plus facile de laisser passer l'air en hauteur que près du rez-de-chaussée ... la nuit dernière on avait moins souffert, je m'étais même dans un rire délestée de la serviette géante mouillée dont je m'étais recouverte au lit -ne te moque pas, j'essaie des trucs !- en aspergeant notre couche de flotte, sentant même avec le ventilo et le courant d'air un souffle quasiment froid !

     
    Dans cette petite rue pavée près de laquelle je vis, les grands arbres ce matin bruissaient ! Bénédiction de la brise légère qui tremble en frissons si délicieusement frais ! Arbres bienfaisants et ballet de feuilles dansantes. Une fois de plus je me suis dit qu'il faut, de la page que nous ouvrons chaque jour, se rappeler les mots clairs,  de la plage virtuelle où nous marchons chaque jour, garder un grain de sable où brille quelque reflet d'espoir. Même invisible.


    Notre tête toujours est en ébullition. Quand je marche ainsi dans les rues, je voudrais être un crayon, j'emmagasine des mots, des vibrations ... j'aurais envie d'écrire, je me dis que je le ferai en rentrant, que ces pensées sont mes gammes involontaires. Et puis je n'y pense plus. Parfois, ça revient par petites vagues, comme en cet instant ... sauf que chaque fois, je ne sais pas ce que je vais dire, je sais seulement que je vais dire quelque chose, on verra bien quoi. Là, une envie de traduire l'air. Peut-être. Le silence. Aussi. Quelque chose de moi. Sans doute. Sans aucun doute. 
  
    En rentrant, si j'avais été malhonnête, j'aurais volé, sur le bord du chemin, ces petites fleurs citadines que je trouvais belles et qui m'ont fait penser aux églantines de jadis. Je me suis arrêtée, les ai admirées, et me suis contentée de les effleurer. De l'œil.
    J'ai pensé alors, aussi, aux marguerites, bleuets, coquelicots ... et à ces merveilleuses giroflées rouge-orange sauvages qui m'ont ramenée à l'enfance ... et fait penser à toi et au jardin d'antan, après, aujourd'hui, ces vingt-cinq années d'absence.

 

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