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Avec des oiseaux

Publié le par Nikole


quand je n’arrive pas à dormir
je lis des histoires aux oiseaux devant ma fenêtre
ils me répondent et ça me berce
je leur parle de tout
ce qu’ils n’ont pas connu
les poissons des abysses
et les sondes spatiales
je leur dis tout le bien que je pense d’eux
et eux sans le savoir
me rendent ma douceur

(Andrea Thominot, Depuis quand les oiseaux, 2026)

  Première image de l’épisode un de la saison un de "Meurtres à Sandhamn" : un oiseau au-dessus de la Baltique où un bateau est noyé dans la brume.

  Ce matin très tôt, fenêtre grande ouverte dans la chambre encore assoupie, un son étrange dont je ne parvenais pas à identifier l’origine : machine douce et chant épars, discontinu, ou oiseau … au bout d’un moment, le silence.

  J’ai lu quelque part, même si j’ai peine à le croire, que si on aimait le chant des oiseaux, c’est parce qu’ils ne chantent que quand il n’y a pas de danger autour d’eux.

  Les oiseaux, je les aime, mais … comment dire … abstraitement : je ne connais pas leurs noms et je ne reconnais pas leurs chants. Il y a quelque temps, une mienne connaissance m’a envoyé ces mots : Les lumières solaires se sont allumées,  c’est si beau. Tout est calme. Les tensions de la journée se dissipent, j’entends les œdicnèmes criards du marais, les grillons et un rossignol philomèle. Peut-être que le hibou moyen duc qui niche pas loin se manifestera aussi.  J’ai souri, un peu tristement, devant l’étendue de mots, animaux ou pas, que j’ignore.

 

 
  Chez un jeune poète découvert récemment, c’est le nom d’oiseau pygargue que j’ai appris. Il y a eu cette récente lecture et dédicace de trois poètes mais si les deux autres m’ont paru aussi peu intéressants que de la fiente (pardon mais j'ai réellement ressenti un rejet ... les goûts pas vrai !), le jeune aux oiseaux m’a remis au cœur l’amour de la poésie contemporaine que j’avais abandonnée depuis Rimbaud, Apollinaire, Éluard, Char et quelques autres, qu'eux je continue à lire, mais qui a fait renaître en moi le plaisir de la découverte.
  Comme en général, il y a des questions à la suite des prestations, et que je n’en avais pas prévues, à la place, anticipant, je m’étais amusée à griffonner sur le pouce (mais avec d'autres doigts pour l'écrire) un micro-hommage à la poésie et aux présents ; c'était ça :

 

Un soir de demi-nuit à l’ombre
Je regardais blottie dans un vieux canapé
Une lucarne grise, les yeux écarquillés,
Silencieuse, isolée, baignant dans la pénombre.

C'était il y a longtemps, jadis ou bien naguère
Un jour et puis un autre, au cœur d'une maison
Peuplée de souvenirs d'enfant-télévision
Seul existe un instant, celui de la lumière.

J'étais gamine alors, et regardais souvent
La télé du passé où brillaient des miracles,
Films théâtre ou bien contes, spectacles sans débâcle
En couleur par mes yeux dans un monde noir et blanc.

C'est là que m'ont nourrie, en lueurs improbables
Des émissions magiques éloignant mes déboires
"Lectures pour tous", "Amis d'la poésie, bonsoir !"
Impossible à ce jour, voire peu recommandable.

Peut-être qu'aujourd'hui, si le monde est si gris,
C'est que  nous regardons le sol sans les nuages,
Sauf que sur mes mains pâles, le reste de mon âge,
Toujours et maintenant, je veux d'la poésie.

Merci à vous ce soir d'en avoir en bagage.

 

 

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