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Kronikole semaine 48 1/2

Publié le par Nikole

Fin novembre 2023

Lundi 27

Kronikole 48

    La dernière feuille de mon kiwier, comme en âge perdu, une main ridée de très vieille femme. J'ai cueilli cette rouille de bras et, comme le froid commence à pincer, ai emballé la plante dans un tissu protecteur de sommeil et d'attente. Chaque fois, ça m'émeut, me demandant si la renaissance magique du printemps aura encore lieu.

 

    Plusieurs choses dans la même journée. En général ça se goupille bien (verbe qu'affectionnait le père). Pilates ou pas ? avec cette toux intermittente, cette fatigue, intermittente aussi, mais quelques étirements contre des courbatures ne devraient pas messeoir à mon corps ! Claire, la prof, à qui je demande conseil, craignant d'inquiéter les autres, m'accueillera avec masque, elle-même ayant aussi la crève ! Soit ! Roulez jeunesse ! Bah, un peu difficile mais petite victoire. Et même pas toussé. Les huiles essentielles, ça semble fonctionner et l'idée me plaît ! Sauf que c'était ce même jour, dans une fourchette horaire précise, que passait le désinsectiseur bisannuel. Pas grave, je précisai sur ma porte mes heures de présence au sein de cette fourchette. Heureusement, j'arrivai quelques minutes avant. Sonnerie et le mec interloqué : C'est quoi cet horaire ? avec un ton mi interrogateur-mi méfiant. J'ai eu beau lui dire que je venais d'arriver un peu en avance et qu'il avait de la chance de m'avoir trouvée là, il me regardait comme un ahuri et comme si je parlais une langue étrangère. Même quand t'es claire et précise, tu tombes toujours sur des types qui ne comprennent rien, ou de travers.
    Un autre jour, deux jeunes nanas noires (je précise pour la suite de l'histoire) sonnent pour je ne sais quelle association et je réponds que je ne donne pas d'argent aux associations avec intermédiaires, j'allais presque ajouter que j'avais mes pauvres, mais je me suis abstenue. Elles insistent, et moi aussi. Non, je ne vous donnerai pas d'argent. L'une d'elles me lance, fâchée pour de vrai, je le vois bien, ce truc insensé : Je vais finir par croire que c'est contre moi ! Contre moi quoi ? On aurait poussé un peu et elle m'aurait traitée de raciste, j'ai bien senti qu'il s'agissait de ça. Comme le petit con, pas plus de dix ans, le gamin, qui un jour l'a fait lui, ouvertement, parce qu'il me demandait de l'argent, dans un monop, au rayon bonbons, et que je l'avais envoyé bouler. Je me suis retenue cette fois-là de lui mettre une claque parce que bien sûr c'est moi qui aurais été en tort et de toute façon j'étais tellement sidérée qu'il me sorte un truc pareil que j'avais eu un moment de flottement et d'étonnement total. Je ne comprends pas le racisme. Je ne comprends pas non plus l'obsession qu'on peut en avoir sans cesse, injustement. Et, accessoirement, en jouer.

 

     Vu l'ORL. Perdu cinq décibels supplémentaires. "Bah, pas bien grave", me rassure-t-il. "Vous avez bien encore quinze ans, normalement, avant d'avoir besoin d'aide. Et vos tympans sont nickel. Quant aux acouphènes, vous avez raison même si d'autres patients ne me croient pas, et votre histoire le prouve, le stress peut y être pour beaucoup." Bon, ce n'est pas une question d'oreilles. En somme je vais plutôt bien de ce côté-là, je suis ravie.

 

 

Mardi 28 novembre

Kronikole 48

 

    Claudy a passé quelques jours avec moi : rigolades, apéros-triominos, dînettes, petit restau (chez la Polonaise Beata), films sous plaids, avec bien entendu, endormissements furtifs de mézigue (mais elle même chose !) : "Jacquot de Nantes", "Documenteur" (autobiographique aussi de Varda, je ne savais pas). Pendant "Les tontons flingueurs", je n'ai même pas entendu la réplique-façon puzzle : dormir devant ça, faut l'faire !

    Sommes sorties nous culturer un peu : ça pinçait sévère alors on s'est acheté un bonnet. J'ai déposé tristement un truc gris tout doudoux qui me plaisait, après l'avoir essayé, en constatant que c'était du cashmire et qu'il coûtait plus de quarante-cinq euros !
Tiens, ça fait longtemps que je n'ai pas écouté ça ! Musique :


(C'est ptêt une impression, mais i's'la jouent un peu les deux encore beaux gosses de d'vant non ? Bah, ça n'ôte rien à l'excellence de la chanson, épi j'ai rien trouvé de plus récent, j'aurais bien aimé, tant pis).

 

    On est allées faire danser nos yeux à la galerie Polka et admirer des photos de Klein, de Riboud et Mc Curry. De Brian Bowen Smith, aussi, prenant des photos en noir et blanc de sa voiture en traversant les États-Unis.

 

 Kronikole 48 1/2

    (Mur William Klein : je propose rarement des photos en grand format, parfois je trouve ça agressant pour l'œil sur un blog, mais vous invite à cliquer dessus si vous souhaitez les voir réellement dans leurs détails).

 

Kronikole 48 1/2


    

Kronikole 48 1/2


   Cette photo m'a fait sourire car juste avant, chez Beata, dégustée avec nos pirogis et nos choux farcis, nous avions découvert une bonne bière polonaise autre que l'habituelle, avec, en illustration, le même type d'animal.

 

Kronikole 48 1/2

 

Mercredi 29 novembre

    Claudy est partie, elle est à Cuba à présent, et doit être en plein décalage horaire. Chassé-croisé, "la petite" est maintenant là, elle aussi, pour quelques jours dont un médical. L'occasion de me voir jouer samedi, une fois encore, Les Femmes savantes, peut-être pour la dernière fois de ma vie. Je crois que pour le chapitre théâtral, c'est fini ... au moins pour un long temps : j'ai satisfait une grande partie de mon désir, même si mon côté dramatique n'a pas été assez développé. Rideau ...

 

Kronikole 48

   

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