Kronikole semaine 47 mais aussi un peu 46 en fait ...
On a emmené "la petite" à Evry passer un IRM pour claustros, faisant un peu moins boîte fermée anxiogène que les autres. Elle nous a raconté qu'une infirmière lui avait tenu la main par la quand même faible ouverture latérale : j'ai trouvé si touchante cette humanité.
Des disques lombaires usés, trop pour son âge, et un corps à muscler fortement, du coup. Se faire suivre. De près.
Retour dans les embouteillages monstrueux, et elle malade derrière, de kilomètre en kilomètre, le cœur au bord des lèvres. Après coup. Relâchement, sans doute.
On l'a raccompagnée à Amiens avec encore quelques affaires. Sur place, j'ai trouvé cette spécialité (du Nord), que j'aime bien, et qu'on ne trouve plus au monop du coin.
Le soir, repas d'hommes beaujolais saucisson ...
Et à ce retour-là, road movie sous la pluie, périphérique engorgé, aux petits pas glissants des grosses roues visqueuses, autos autos partout et moi, en passagère privilégiée, enluminée d'étoiles liquides et de l'ombre de bâtiments presque nocturnes, inconnus, fantomatiques, incongrus. Photos photos photos. Sur les pontons, des gens avec des parapluies, je trouve toujours ça joli.
KLONG ! Mon écran ordi devient tout noir et ça disjoncte dans l'appartement. Les machines ! Si j'avais été seule, crise de panique assurée. Heureusement, mon chevalier blanc m'a embarquée sur son fier destrier Duster, et nous sommes revenus avec un écran neuf dans les heures qui ont suivi.
Chtarbée que je suis, je m'inquiétai ensuite, des jours après, devant mon écran tout neuf, de papiers virtuels à remplir qui me posaient problème. Et pourtant, IL était encore là et s'occupait de tout, mais immédiatement après, crise d'acouphènes ! Le corps et ses manifestations massives, incontrôlables et bêtement incontrôlées, ponctuelles, inattendues. Heureusement, une paire d'heures plus tard, tout revenait à la normale ! Cette sorte de peur, intime, est une compagne lâche que je déteste. Mais qui me tient trop souvent sous sa coupe sombre. Un stress allume la mèche (mèche courte !). Le corps tisonne. Le corps s'isole.
Déplacement jusque Paris. Découvert le monde de l'orthophonie. Au théâtre, je me faisais toujours mal à la gorge, utilisant mal ma voix, ma respiration. J'avais tenté de prendre un rendez-vous mais personne ne prenait de nouveaux patients. C'était il y a un an. Et là, une femme m'avait mise sur liste d'attente, et me proposait un rendez-vous le lendemain. Ordonnance caduque et généraliste en vacances, j'ai dû me précipiter m'en faire faire une autre.
Je n'imaginais pas tout ce qu'impliquait cette "prise en charge" de soi : les séances ne font que commencer mais, comme parfois quand on utilise son corps en faisant quelque sport, quelque effort, je découvris des endroits de moi que j'ignorais, et aussi, sans rire, qu'on peut respirer presque de la tête aux pieds ! Incroyable intérêt ; je suis curieuse de la suite.
Point positif : le réflexe, inextinguible, transportée, de prendre des photos dans le métro.
Affection ORL comme une à deux fois par an : toux épuisante. Sensation de déchirement pointu. Ensuite ce sera nez-patate et voix de travelo. Test à tout hasard, mais non, pas de covid ni de grippe, juste mes bobos ponctuels éphémères : ah, cette habitude de ne pas songer à protéger mon cou quand il fait froid ! Mes expériences ne me servent pas assez, je suis trop distraite, la tête ailleurs, dans les nuages ... froids ou pluvieux sans que vraiment je m'en aperçoive. Huiles essentielles à mon secours : ça suffira ? Pas sûr !
Mes Montpelliers se sont pacsés : champagne !
On a de nouveau envisagé comme une réalité, même lointaine, et non plus une chimère, l'idée de partir pour une vie à deux ailleurs, moins loin de la mer, et moins loin de nous. Bien sûr ce ne sera ni facile ni demain, mais nous avons planté une graine dans notre cerveau, ou notre cœur, ou les deux. L'idée m'en a été difficile à accepter, mais maintenant elle a beaucoup plus de présence. Le mirage s'est métamorphosé en horizon.
C'est vraiment l'hiver, au moins végétal : mon kiwier a cette fois perdu toutes ses feuilles. Bientôt, je l'emballerai dans sa pelisse-plaid pour qu'il puisse se reposer au chaud jusqu'au printemps.
Ce sont petites anecdotes du quotidien, et ce sera tout. Penser ? Non. Me révolter ? Non. Regarder les infos ? Non. Je le redis, ils blablatent tous du sang versé à grandes pelletées et des injustices (réelles). Mais cela ne sert à RIEN. C'est bien connu qu'une brute qui marche est bien plus "efficace" qu'un intellectuel qui reste assis. Moi ce n'est pas de parler, mais de crier, de hurler, dont j'ai envie. De ruer dans les brancards. De traiter les gens de connards, de connasses. De leur casser la gueule, et plus, quand ils font plus. Si je me laissais aller, je serais violente contre les violent(e)s.
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le soir, il descend, le voici.
Une atmosphère obscure enveloppe la ville.
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.











