Poésie

Publié le par Nikole

 

 Poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque année revient le temps où l'on célèbre la poésie. La metteuse en scène de notre atelier-théâtre nous y fait alors participer en nous faisant jouer (il y a toujours une mise en espace, comme elle dit). Nous serons cette fois chrysalides et dirons des poèmes (vaguement) relatifs au thème de l'année, la beauté. Je ne parlerai pas de Jusqu'au ciel d'azur gris (de Cécile Sauvage) que je dirai mais que je n'aime pas beaucoup (sisi, j'y mettrai quand même du cœur, promis ... la comédie, c'est la comédie) mais j'illustrerai ici le poème suivant, de Baudelaire, que je n'ai pas eu grand mal à apprendre puisqu'il est imprimé à jamais dans ma mémoire depuis le collège.

 

 

PoésieJe suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet, ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris,
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes,
Je hais le mouvement qui déplace les lignes
Et jamais je ne pleure, et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments
Consumeront leurs jours en d'austères études

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles,
                                      Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles.

 

 

Poésie

 

 

 

 

 

 

 

Le texte, quand il a été choisi, m'a tout de suite fait penser à un tableau particulier de Knopff, à cause du mot sphinx, sans doute, mais aussi à d'autres toiles, dont les yeux des femmes sont si clairs et irréels. La peinture symboliste est une peinture de l'imaginaire et du rêve, c'est sans doute pour ça que je tombai amoureuse d'elle, vers mes vingt ans. Et les souvenirs de jeunesse sont, nimbés en plus, d'une magie difficile à retrouver dans la réalité d'après. C'est probablement pour cela que l'expo récente que je vis de cet artiste éclairé ne m'a pas bouleversée, même si elle m'a plu. Sans doute pour eût-il fallu pouvoir regarder les œuvres dans la solitude et le silence, pour restaurer leur grandeur feutrée à ces toiles qui ne pouvaient plus vraiment cadrer avec ce que j'en attendais. Il y a toujours un gouffre entre la méditation, l'attente devant un livre et sa représentation d'œuvres, et la réalité d'un musée qui raccourcit la taille de notre ferveur.

 

 Poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les photos ont été prises lors de l'expo sus-évoquée.
Mais une image personnelle est postée ce jour sur l'autre site où je présente quotidiennement une photo : c'est ICI.

 

Publié dans Knopff

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C
La symphonie des mots se joint aux couleurs des tableaux tout est beauté, sensibilité ... et partage !Amitié .
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L
Imprimé dans ta mémoire parce que d'abord imprimé dans ta rétine. Je ne connaissais pas ce poème et pourtant j'ai découvert très tôt les fleurs du mal (je devais avoir 15 ans). Le "Sois sage ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille, tu réclamais le soir, il descend, le voici. Une atmosphère obscure enveloppe la ville, aux uns portant la paix, aux autres le souci" avait bouleversé l'image que je me faisais de la poésie. J'exécrais les Racine et autres poètes point contemporains, j'avais trouvé là quelque chose qui me parlait vraiment. Mes poèmes en ont été modifiés. mais c'était en un temps lointain : je ne versifie plus.<br /> Entre le poème et les photos dont tu l'illustres, il y a cette harmonie que seule une âme sensible peut créer. Une belle illustration du regard grâce auquel l'âme transparaît.
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E
"Jusqu’au ciel d’azur gris le pré léger s’élève<br /> Comme une route fraîche inconnue aux vivants ;La mouillure de l’herbe et de la jeune sève<br /> Répand dans l’air rêveur son haleine d’argent.Sur les bords de ce pré le bouleau se balanceAvec le merisier profond dans ses rameauxOù des moineaux dorés sautillent en silenceComme aux pures saisons d’un univers nouveau.<br /> Je te pénètre, ô pré que longent des collinesOù la fougère étend son feuillage en réseau.Et j’écoute parler la voix molle et divineDe la calme nature au milieu des oiseaux."<br /> Je suis allée le chercher car je ne le connaissais pas... Et en effet, il s'agit plus de la beauté de la nature que de la beauté de la femme telle que Baudelaire aimait à la célébrer. Et ton portrait chez Aminus approche bien plus le mystère baudelairien que les promenades champêtres de Mme Cécile Sauvage !... Je t'embrasse Nikole...<br />  
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T
Tu rends bien l'ambiance de la lecture en images.
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