Transpositions

Publié le par Nikole

   

    
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    J'ai seul la clef de cette parade sauvage. C'est cette phrase des Illuminations qui m'est venue en tête en m'éveillant d'une nuit peuplée de rêves lourds, presque cauchemardesques.

    Sauf que si parade (et
cette musique de Satie, en l'occurrence, me va bien) il y a, sauvage sans doute aussi dans ses épisodes qui semblent passer du coq à l'âne, voire de la carpe au lapin, tourner les pages de ce livre-là ne font qu'ajouter du mystère au mystère, saupoudré de quelques lueurs de compréhension, habité de quelques repères de symboles récurrents.
Et si j'ai la clef, je ne sais fichtre pas où elle est.

    Ou encore, que dire de ces heures qui ont succédé, ceci programmant cela, à une soirée inquiète où une fois de plus, le corps s'est exprimé confusément et mystérieusement (c'était quoi, des heures durant, ce drôle de friselis du côté du cœur) ?  Rien, apparemment, des fibres, des fibrilles, des muscles qui impriment leur présence, un corps qui vit quoi, et pour lequel on n'a pas la traduction instantanée de ce qu'il dit. Un corps ça cause, et c'est pas parce que c'est le nôtre que son langage nous est compréhensible.

    Alors oui, je fus comme d'hab, perdue dans un lieu, cette fois une petite ville dont je ne pouvais plus sortir. Avec un train qui ne partirait que le lendemain, et l'errance de halls, de lieux étranges, où je me sentais rejetée par des gens avec qui je voulais communiquer, où j'étreignais une femme avec compassion (et nous pleurions ensemble), où je rencontrais des nourritures terrestres dans des scènes incongrues : le concierge d'un hôtel qui se cuisine une omelette, jaune, si jaune (celui de Van Gogh), où je croisais une fille nous présentant des chocolats précieux qui ressemblaient à des minéraux, sur de grandes feuilles de dessin, qui allait écrire sur le sujet, et refusa avec véhémence que je relise ses épreuves. Toujours un peu de source de vérité transposée dans un livre (
le mien ?), dans des déceptions proches (ma cadette et son métier de correctrice tombé à l'eau faute d'offre ?), dans l'actualité de catastrophes naturelles ou l'impression dans le cerveau du sous-marin de la série Vigil, quand dans mon songe il va être question de la ville engloutie ... tout cela me dessine cette image d'une sorte de modelage avec de gros pâtons de couleur, en petits tas caoutchouteux posés les uns près des autres sans vraiment être unis, au moins en apparence.

    L'éveil est toujours libérateur. Et les matins si clairs quand on quitte la barque glissante du fleuve nocturne où un moment on a cru, en vrai, se noyer.

* Illustration : expo Bernard Pras, La Rochefoucault, avril 2015.

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M
D'abord c'est si difficile d'attraper un rêve qui veut à tout prix s'enfuir, puis de le raconter le plus sobrement possible, sans ajouter les fioritures qui sortent encore de nos têtes. Toi tu y arrives divinement bien et je suis admirative.
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N
Ta bienveillance et ton admiration me font chaud au cœur.<br /> Merci infiniment !♥
B
Il y a obligatoirement beaucoup de choses sur le crâne ou dans son intérieur pour au moins se poser pas mal de questions...<br /> Bon week end
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N
... Certes ! ... ;-)<br /> Merci.
T
âme, corps, cerveau, une sacrée mécanique au milieu de l' horloge de l' univers !<br /> Nous sommes une sorte de réceptacle, avec des signes à percevoir !<br /> C' est déjà une performance que de se souvenir d' un rêve !<br /> Une libération du cerveau, ou des messages subliminaux ?<br /> Passe une bonne journée<br /> Amitié
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N
Oui, une sacrée mécanique, comme tu le dis si justement.<br /> (C'est pour ça que je m'inquiète si facilement, en ces rouages si fins et complexes, quand ils semblent dérangés par quelque grain de sable s'exprimant soudainement ...)<br /> Ptêt bien les deux, mon capitaine ! ;-)<br /> Passe toi aussi une bonne journée.<br /> Merci.<br /> Amitié.
P
En parlant de barque, tu tombes à point nommé . Un de mes étranges rêves date d'il y a plus de 50 ans. <br /> L'action se déroulait à ce qu'on appelait a cette époque : l'Heure de pointe..Je me déplaçais , dans une petite barque légère et maniable , a 50 cms du sol, et il n'y avait pas la moindre goutte d'eau: en lévitation j'étais. je me faufilais entre voitures et camionnettes , en ramant comme un kayakiste vers l'Or Olympique, d'un bout de la place de la République , à Châlons , vers l'autre sortie. Dans un concert de klaxons et d'engueulades , les rames enlevant quelques copeaux de ferrailles et peinture ....puis je me suis levé , et en partant au Lycée j'ai fait un crochet par la place de la Rep' où je n'ai trouvé aucune traces de mon périple.<br /> 50 ans après des milliers d'autres , CE rêve est toujours présent ., et me fait toujours rire .
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N
Merci pour cette histoire.<br /> Ce partage de nos embarcations ! ;-)<br /> Ta barque est plus légère que la mienne, en ce voyage ...
B
Il s'en passe des choses dans ton cerveau la nuit ! :-))<br /> Et tu te souviens de tellement de détails, c'est impressionnant !<br /> Bonne nuit calme :-)<br /> Bisous.
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N
Certes ! ...;-) (mais le jour aussi).<br /> Parfois, je ne me souviens de rien ; là, c'était très présent, et sans doute que le fait d'écrire, dans ces cas-là, les fixe.<br /> Bonne journée.<br /> Merci.<br /> Baisers.