Diversion

Publié le par Nikole

   

   

    L'idée : Au début des années 2000, je tombais souvent, dans le métro, sur le journal gratuit : "20 minutes". Y étaient inscrits, régulièrement, des faits divers ; je pris alors l'habitude, de temps en temps, d'écrire une courte fiction en rapport. Je viens de tomber sur un de ces textes. Que je vous livre. Les autres ? Perdus, ou égarés, comme tant de papiers ou de souvenirs de ma vie : j'espère les retrouver un jour.

    L'article : "Un maton agressé par un détenu" : Hier, en fin d'après-midi, un détenu de la maison centrale de Poissy a assené plusieurs coups au visage et tenté d'étrangler un surveillant. Selon la CGT, le détenu était atteint de troubles psychiatriques : le syndicat déplore la présence de ce type de détenus dans la prison. (paru le 6 septembre 2000)

   Ma dérivation extrapolée (sans titre):

   Les seuls sons humains étaient de haine ou de douleur. Ils éclataient à intervalles réguliers, au milieu d'un monde rituel de bruits métalliques : clefs qu'on tourne, tirettes qu'on glisse, chariots qu'on traîne.
Au quartier des femmes peut-être, le bruit moelleux d'enfants en bas-âge, parfois, colle un peu de couleur sur les vies délavées. Ici, rien de la vie que l'organique et ses besoins, soulagés à peine.
   Je ne veux pas devenir fou et jamais je ne sortirai poignarder une autre fois ton visage. Mon passage sur ta joue, long baiser tranchant et vif comme je t'aime, t'habite à jamais. Pourquoi ne me parles-tu pas, pourquoi toutes les nuits en rêve tu craches et tu pleures et tu caches ton rire derrière ta main bleue ? Tu me fais tant de mal. Ton front est si clair. Tes yeux si pâles. Mon âme, mon âme douce, corps léger on dirait un fantôme et mes poignets sont si rouges. Si flous. Si ... invisibles.

  

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D
Il y aurait tant à dire sur ton texte s et surtout ton commentaire. Derrière chaque délinquant il y a souvent une histoire de vie félée( maltraitance, viol, alcool, milieu social défavorisé).<br /> Coercition bien sûr mais aussi prévention et réadaptation. Il y a un telle graduation dans les délits de l'acte le plus barbare au vol à l'étalage.
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N
Merci Daniel.
N
Je vais répondre à chacun(e) de vous, au moins succinctement, mais je souhaite quand même faire un commentaire général.<br /> On attribue faussement à Hugo (car paraît qu'on ne trouve pas cette phrase dans son œuvre) selon laquelle quand on ouvre des écoles, on ferme des prisons ... on n'en est plus là ... ou alors faut tout reprendre pour dans trente années ou plus en supposant qu'on remette tout à plat ! Ce monde est foutu selon moi (bon, je suis dans un mauvais jour mais quand même), des monceaux de vers bouffent les fruits, y compris dans les écoles ! Mais fi des métaphores ! <br /> Dans l'état où je me trouve j'en suis à rêver d'une "dictature vertueuse" : je sais c'est un oxymore ! Disons que je suis pour un autoritarisme radical dans tous les endroits où le Mal est flagrant. Question d'appréciation ? Ben non. Il y a des cas où tout le monde devrait être d'accord. Ne pas abîmer, ne pas salir, ne pas casser, ne pas voler, ne pas harceler, ne pas tabasser, ne pas violer, ne pas tuer devraient être des règles d'or dans une situation "normale" (j'extraie par exemple la défense légitime -et qu'on devrait d'ailleurs étendre, autre débat-). Je ne sache pas qu'une civilisation du droit ne soit pas en même temps une civilisation du devoir. Non, la liberté, ce n'est pas faire ce qui nous plaît, c'est faire ce qui nous plaît dans un cadre.<br /> Je ne sais ce qui se passe dans les prisons que par ce qu'on nous en montre et dit. Et je suppose que "tout dépend de tout". Je veux bien croire qu'il y ait des erreurs judiciaires et des prisonniers "récupérables". Des abus et des erreurs au détriment humain (il y a là-dessus un film avec Gabin, Delon et Bouquet dont j'ai oublié le titre ; et je vous conseille aussi un film avec Gilbert Melki et Sandrine Kiberlain en replay -mais je ne sais plus sur quelle chaîne- qui titre "Très bien, merci"). Je veux bien croire aussi que toutes les prisons ne se valent pas. Et je ne m'aventurerai pas à donner un avis non éclairé sur elles. Mais il faut bien mettre quelque part les gens dangereux pour les autres. Je n'en dirai pas plus parce que mon propos serait plus viable dans un échange oral, argumenté, partagé ; difficile de parler toute seule.<br /> Prison et "folie", à quelque degré que ce soit : bien sûr que ça ne devrait pas se mélanger, et là encore, comme dans tout ce qui est social, c'est n'importe quoi. Sur ce terrain-là non plus je en m'aventurerai pas (voir ce qu'en dit Patrick, qui n'a pas travaillé avec des prisonniers, mais avec des "fous" -la folie est une prison-).<br /> J'ai envie de dire un truc basique : si tu ne veux pas risquer d'aller en prison, ben tu te tiens à carreau et tu es honnête. Simpliste ? Ben à certaines exceptions près, non.<br /> J'ai l'impression de n'avoir rien dit ou pas grand-chose par cette "conclusion", d'enfoncer des portes ouvertes ... ben non, fermées, du coup. <br /> Enfin, ENFIN, la prison, après tout, n'est pas le sujet majeur de cette page ; le sujet, c'est l'écriture !
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B
Lors de mes voyages Blablacariens j'ai transporté récemment un "maton" comme on dit, un surveillant pénitentiaire qui estimait (ce n'est que sa vision de l'intérieur) qu'un grand nombre de ses "locataires" étaient mieux choyés à la maison d'arrêt que dehors ... Sport, bibliothèques, études, religions, sécurité (on ne met pas dans les mêmes quartiers les VIP, les Trans, les ... au point que c'est difficile à gérer), tout est fait pour que leur détention se passe au mieux, bien mieux que la vie de bien des gens dehors ! Alors oui il manque la liberté, mais qu'est ce que la liberté quand on a rien ... (vous avez 4 heures)<br /> Ton texte m'a fait penser également au film (vu ensemble) "12 jours" de Raymond Depardon, film documentaire poignant sur l'univers des internés en hôpitaux psy.<br /> <br /> Un très beau texte (noir et inquiétant) comme tu sais si bien en écrire !<br /> <br /> Bonne soirée, bon weekend.<br /> Bises.
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N
Merci beaucoup pour ce commentaire.<br /> Je pense comme toi que certains prisonniers sont mieux lotis que certaines personnes dehors !<br /> Zut ! J'ai complètement oublié ce film de Depardon !!! Voilà qui m'inquiète : ma mémoire est décidément étrange !<br /> Bonne soirée.<br /> Baisers.
T
Salut<br /> Il existe de moins en moins de journaux de ce genre. Il fait dire qu'avec les verts on fait de moins en moins de papier .<br /> Il fait beau temps et la Tiotte en profite pour faire les baies vitrées .<br /> Le Tiot est toujours en train de préparer des conneries pour le blog.<br /> Mais Tout le monde n'est pas heureux dans cet univers macronien.<br /> C'est pour ça qu'à Paris cela va chauffer avec des manifs ce dimanche.<br /> Je vous souhaite un bon week-end<br /> BONNE JOURNEE<br /> Tiotte et Tiot
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N
C'est gentil de venir ici régulièrement sur mon blog alors que je passe très peu sur le vôtre, non que je ne partage pas certaines remarques mais les vannes graveleuses, j'aime pas, et puis pardon mais y'a tellement de fautes d'orthographe que j'ai beaucoup de mal avec ça. <br /> Mais merci !<br /> Et bonne soirée à vous deux !
C
« Le 20 minutes » oui !<br /> <br /> Quelle merveilleuse idée que d’écrire ces fictions. Dans le métro également ?<br /> <br /> "Pourquoi ne me parles-tu pas, pourquoi toutes les nuits en rêve tu craches et tu pleures et tu caches ton rire derrière ta main bleue ?"<br /> <br /> J’aime ta dérivation, cruelle, tendre, et poétique. Mais elle me parle et me renvoie en arrière. Ma petite Maman venait de s’éteindre, et BP, son époux, me disait que toutes les nuits il voyait ses yeux qui le fixaient sévèrement, Il ne comprenait pas, lui …<br /> <br /> Bonne journée
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N
Non, choko je ne "t'embrase" pas, warf, je t'embrasSe ...<br /> Ah, au fait, non, je n'écrivais pas dans le métro ...
N
Merci beaucoup de parler de la forme, car c'est l'essentiel de mon propos ici ! Et merci pour les adjectifs que tu emploies pour la décrire♥.<br /> Ce n'est pas la première fois que tu mets en rapport un de mes posts avec ton expérience personnelle et ça me touche.<br /> Tu sais, je ne parviens plus à aller chez toi depuis des mois même avec le mot de passe ; et je ne pouvais pas te l'écrire car il n'y a pas de case contact quelque part ; j'en suis désolée : si tu peux faire qqc pour que je puisse à nouveau te lire, dis-moi.<br /> Bonne soirée.<br /> Je t'embrase.
P
mettre en prison, ou pas, les personnes déclarées comme relevant de la psychiatrie ? l'idée est louable, mais vouée a un simili échec , a moyen terme .<br /> Pour ce genre de criminels , devenus patients par la magie d'une expertise médicale , il y a des structures appelées Unités pour Malades Difficiles . Sécurité renforcée , effectifs bien supérieur à la normale , etc, etc....<br /> Ne peut en sortir qu' un patient ayant eu un avis favorable de la Commission de Suivi Médical, composée de psychiatres du service , de services autres , qui se réunit 1 fois / mois , et recevant les patients au moins une fois / semestres. Dire qu'un patient en UMD voit plusieurs fois cette commission avant qu'on ne se risque a le faire sortir est peu dire . En 2009 , il y avait 5 établissements psychiatriques en France qui disposait d'une UMD, quand le Plan de Relance Sarkozy / Devedjian en ont créé 5 (CINQ ) supplémentaires doublant ainsi la capacité en lits. en 2012 les dernières nées ont ouvert. Quand je suis parti en retraite en 2017, malgré le doublement des places , l'attente était déjà de plusieurs mois pour avoir une place libre, alors que par définition, ces cas ne peuvent pas trop attendre. Penser à la psychiatrie pour s'occuper de ces personnes est une fausse bonne idée, qui souvent dégouline de bons sentiments affichés , mais qui au fond cachent une vraie envie de ne plus les voir, ou du moins de les savoir loin, hors de la vue , et pour longtemps . <br /> Les soins, à l'inverse d'une peine de prison , n'ont pas d'échéance : on n'est pas condamné à être soigné X temps , non, mais il arrive que ce soit plus long qu'une peine de prison, avec un résultat toujours très précaire a la sortie. Quand la schizophrénie entraine à tuer, en prison ou en hôpital, on ne guérit pas cette maladie . Elle s'accompagne , c'est vrai, mais pas plus , même si c'est déjà énorme. Évaluer la dangerosité psychiatrique est encore plus difficile à évaluer que la dangerosité criminologique: se prononcer en faveur d'une sortie est lourd de conséquences .
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N
Merci d'être repassé et de nous donner tous ces renseignements et ces remarques personnelles. Qui me plombe encore plus (quand bien même ce serait possible) Bah, pas si "dérapée" que ça, ta diatribe ! ;-) ... je m'attendais à ... plus ! Bref, on n'a pas le Q sorti des ronces ...
C
il y en a des "gens" en prison, trop à la vue des infrastructures et du personnel affecté, beaucoup (en Belgique du moins) pourraient être sous bracelet libérant ainsi cellules et gardiens, tout en permettant l'art de la réinsertion (qui finira par arriver) garantissant à la société (si c'est possible) un mieux être ...<br /> chez nous aussi un fait récent nous relate l'agression d'une gardienne par un prisonnier dément dont la place n'était pas en prison mais dans une institution appropriée ...<br /> c'était "METRO" qui nous permettait de lire durant nos trajets les actualités du jour ...<br /> amitié
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N
Ah oui, "Métro", je l'avais aussi parfois mais c'était surtout sur l'autre journal que je tombais.<br /> Le bracelet électronique est déjà fort employé. Mais pas utilisé pour les mineurs je pense, ce qui devrait être le cas, vu que de plus en plus de malfrats sont très jeunes (et en bandes) : ça tempèrerait ptêt leurs descentes-caillassages et les "rixes" des gangs. <br /> Quant à la réinsertion, c'est qqc de difficile, autant parce que les gens sont méfiants que certains ne veulent pas se réinsérer. Mais ce serait idéal si c'était possible.<br /> Merci.<br /> Amitié.
P
Déjà à l'époque , 20 Minutes usait de titres racoleurs . Un" Maton"...sans doute voulaient-ils parler d'un surveillant pénitentiaire ? mais Maton est plus "peuple ", plus vendeur...Cela dit , Maton est le mot employé par les détenus pour les qualifier. J'y vois , à nouveau , l'expression de cette sorte d'inversion de position de cet inconscient collectif qui aurait comme première intention de faire du détenu la première victime. Tout fait divers finissant en prison, est de plus en plus souvent vu uniquement par le prisme de la prison et des auteurs ( "pôv' doudous ). Les victimes sont quasi totalement exclues de tout commentaire, les choses ne commençant plus qu' avec l'entrée en prison de ces "malheureux", qui pourtant n'y entrent que parce qu'ils ont fait quelque chose qui risquait de les y mener.
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N
Il y a moi une phrase qui me fait réagir : "Selon la CGT, le détenu était atteint de troubles psychiatriques".<br /> Tout criminel serait fou ? Tout fou est un criminel en puissance ? Tu aura(i)s plus de choses à dire que moi là-dessus.<br /> Moi aussi je trouve qu'on se préoccupe plus des criminels, en puissance ou avérés, que des victimes qui, selon une phrase que je trouve juste, en prennent, elles, à perpétuité.<br /> Quand je pense qu'on déplace une école plutôt que de déplacer le trafic de drogue, ça me met en rage. Ma haine se réveille (déjà qu'elle dormait peu). Descente de militaires. Sommations ! On ne s'en sortira jamais, et ça n'arrive pas qu'aux autres ; la société entière est en danger (et les consommateurs, au gnouf ! ah, j'oubliais, y'a pas assez de place en prison !)<br /> Merci.
M
La prison, surchargée , ne peut engendrer que de la haine. ...et cela ne devrait pas s'arranger avec les positions des uns et des autres...plus de prisons et après?<br /> Bises du soir<br /> Mireille du sablon
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N
Ce qui se passe à l'extérieur des prisons engendre aussi de la haine ! Alors on fait quoi ? On laisse tout le monde faire ce qu'il veut ? (Dehors et dedans ?)<br /> Merci.<br /> Bises.
T
dernièrement l'évasion d' un certain Amra, avec des morts, mais la folie n' est que dans l' exécution !<br /> Un univers spécial les prisons, quelque soit le côté qu'on occupe !<br /> Avec notre justice, on sait qu'il en faut déjà beaucoup pour y être condamné !<br /> On parle de fous, de psychopathes, de bi-polaires, mais il n' y a pas plus de places en psychiatrie qu'en prison !<br /> De nos jours, tout peut arriver !<br /> Passe une bonne soirée<br /> Amitié
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N
Qu'ajouter ? je valide.<br /> Bonne soirée.<br /> Amitié.