Métropolitaines

Publié le par Nikole

    Ostinato. C'est ma petite mélodie. Celle qui chante cette phrase répétée à l'envi : Je suis bien chez moi. Mais .... mais régulièrement, ne serait-ce que pour mes deux séances pilateuses par semaine ou de mini-courses que je m'efforce de faire quotidiennes, je sors, dans mon quartier.
  Plus loin ? Oui, parfois. Quand je reçois de la visite de gens d'ailleurs qui veulent optimiser Paris. Quand on va à des expos photo, le moins loin possible. Quand, comme récemment, on doit aller changer un livre-cadeau-fait-en-double (et qu'on -IL- ne se souvient plus de l'avoir déjà fait ! Ô distraction ennemie !) ... le cadeauté aura gagné au change : le livre du photographe Sobol est somptueux ... fin de la digression ...
  Dans ces cas-là, c'est métro. Que je ne vois plus avec les yeux d'autrefois, quand je travaillais et que j'étais souvent dedans. Maintenant, je suis plus patiente avec ses inconvénients. Surtout qu'à l'heure où on le prend, on se piétine moins. Encore que ... ça dépend ... que font tous ces gens en pleine journée dans les transports au lieu d'être en train de cotiser pour nos retraites non mais sans blague !
   Nouvelle digression enragée : un titre de transport à augmenté de vingt-cinq pour cent. Passant joyeusement de deux euros à deux euros cinquante (ça doit être pour notre bien-être : entrer dans une rame pour une, voire deux stations, ça ne vaut vraiment plus le coup !). Soit ! on peut prendre un pass Liberté (à l'ancien prix, prélèvement direct  sur notre compte) mais c'est seulement pour les bienheureux Franciliens ; soit, il y a des Navigo mensuels ou annuels, mais ce n'est intéressant que pour les gens qui se déplacent sans arrêt, tous les jours. Moi qui m'énerve contre les fraudeurs, je suis à deux doigts, allez trois, de la justifier pour certaines personne ... les moyennes ... Et je vous passe les imbroglios des usines à gaz du changement anciens prix nouveaux, où il fallait attendre que la carte ancienne soit vide pour la remplir au nouveau tarif, et cela avec une attente entre les deux de cinq heures, détournable en se faisant faire une carte en attente, mais aux guichets non limités à l'info, donc pas dans toutes les stations. Je vous passe aussi le fait de ne pas pouvoir toujours prendre des tickets à l'unité partout. (Je vous en passe d'autres tout aussi absurdes : allez sur le site RATP, je vous somme de tout comprendre à leurs discours explicatifs -humour noir !- De quoi devenir fou, a fortiori si vous n'êtes pas familier du système -ce qui est impossible- et ne comprenez pas la langue !) Une hôtesse de caisse ratpienne était remontée contre Pécresse, apparemment à l'origine d'un système, qui, citait-elle, "avait réuni toutes les intelligences du gouvernement pour aboutir". Gasp !!!! Fin de la digression.
  Le métro, donc ! Je ne vous apprendrai rien en vous disant que je scrute. Les visages. Les attitudes. J'ai longtemps photographié les gens en train de dormir. Si je le fais encore, mais j'en vois moins, je suis plutôt attirée à présent par ceux qui ont un livre entre les mains : ça me fait du bien, ça calme un peu ma vision-alien des forêts de téléphones et des corps penchés vers eux comme en une offrande païenne.

 Elle, fronçait, comme ennuyée par certaines pensées désagréables. Mais mimi quand même, dans son abandon à une certaine somnolence. Plusieurs fois, elle a bougé, puis adopté une attitude que j'ai trouvée plus sereine :
 

    Un autre a lu, puis, même si la lecture n'endort pas forcément, mais peut y pousser, si on se laisse bercer par les trépidations de la machine métropolitaine, a fermé les yeux, gardant ses mains sur le livre, comme en prière sur un bréviaire. Comme c'est beau, des mains !
 

  Mais je ne suis pas attentive qu'au dedans, je le suis aussi au dehors, et aux gestes des gens  sur le quai, les croisements, les élans, les routines, que sais-je :

    A contrario de l'agitation festive des deux filles sur le quai, me plaisait la fixité du livre reflété (je sais, pas facile de voir, croyez-moi sur parole ; avec cette stupide nouvelle interface, on ne peut plus cliquer sur les photos ou alors il faut avoir bac+25 en technicité pour installer la chose ...)

   En face de moi, à droite, un couple alternait paroles en pointillés et bouderies : il réglait des comptes. Je me suis d'abord étonnée de la façon de s'habiller du garçon, pour m'apercevoir qu'en fait il s'agissait d'une fille : j'avais été enduite d'erreur par, en plus d'un visage incertain sur le genre, une poitrine plate et des jambes velues (je suis de la vieille école, celles des filles qui n'aiment pas les poilopattes) :

Chanson
 

    C'est sur cette photo que je veux terminer ma page, pas de téléphone en vue, du calme et mon monde : un photographe, une lectrice, un rêveur ... tout pour me plaire !

   

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B
Les tarifs du métro, un truc à dormir debout ou assis si tu trouves une place dans les wagon (à bestiaux) !<br /> J'ai un peu de mal avec ces couples "hors grille", mon coté vieux sûrement :-)<br /> Beaux dormeurs et beaux lecteurs, pour le photographe penché sur sa récolte du jour, je te pardonne :-))<br /> Bonne soirée.<br /> Bisous.
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N
... vieille, pas vielle, pfff ! ...
N
J'ai un peu de mal aussi, mon côté vielle sûrement ! :-)<br /> Merci pour le pardon :-)bis<br /> Bonne soirée !<br /> Bisous.
T
Salut, <br /> J'ai en horreur le métro parisien<br /> Le temps est encore dans le gris et comme on dit les jours passent mais ne se ressemblent pas.<br /> On est quand même secouer et on n'a pas d'orages comme sur la côte d'azur.<br /> J'espère que tout va bien chez vous.<br /> BONNE JOURNEE<br /> Tiotte etTiot et Jules
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N
Merci.
C
J'ai passé plus de 20 ans de ma vie dans le métro parisien ... ma préférence : relooker les gens, redresser les personnes âgées, les imaginer quand elles étaient jeunes, et pour d'autres, changer les couleurs de cheveux, les coupes, les lunettes, me demander où ils allaient, ce qu'ils faisaient, etc ... etc ...<br /> Bisous Nikole et bonne fin de journée !
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N
Tu débordes d'imagination. :-)<br /> Bises e bonne fin de journée à toi aussi.
D
Le métro....Tout un monde cosmopolite;. Je pense souvent à un monde de robots avec leur smartphone qui se croisent sans se parler. ils vont où? ils reviennent d'où? A chacun son destin.
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N
Mais ... "ce sont" des robots ! ;-)
G
Diantre, je ne savais pas ce que l’ostinato était. J’ai cherché donc. Le pass liberté fait rêver, mais bon, je préfère tout de même le vélo 😉 Hôtesse de caisse « ratpienne », drôle, mais dur à prononcer ! Votre attention nous fait faire un beau voyage !
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N
J'ai moi aussi découvert ce mot alors que je cherchais autre chose : ça convenait et j'ai adopté ! ;-)merci pour le "beau voyage" et bonne journée !
A
Le fraudeur, c'est toujours quelqu'un d'autre qui paye pour lui : toi par exemple qui payes ton billet ! C'est bien pour ça qu'il augmente toujours…<br /> c'est une forme de solidarité en quelque sorte !<br /> Et puis, en échange, tu nous récompenses de tes billets et de tes photos toujours passionnantes dans les lieux publics.<br /> Chacune d'elles pourrait faire l'objet d'un support pour un atelier d'écriture, tant ton aptitude à suggérer est intense.
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N
Certes, on paie pour les autres ; et de cette solidarité-là, bien je me passerais, étant persuadée que ceux qui fraudent ne sont pas les plus démunis.<br /> Quant au reste de ton commentaire, il me remplit d'une joie et d'une gratitude intenses : merci !♥
P
Le cheminement de nos pensées , au cours d'un voyage en transport en commun, me rappelle toujours , pour peu qu'il soit long, le roman de Michel Butor ( quel nom ..), : La Modification.<br /> Roman qui est supposé , au fil de ton déplacement, te faire vagabonder dans tes propres souvenirs, du plus immédiat , juste après le départ, " j'ai bien fermé le gaz ? " , vers les plus lointains de l'enfance / adolescence , au gré du bercement des vibrations sur les rails,............ puis on remonte vers le présent , l'arrivée à la gare / station, pour arriver à ce qu'on imagine d'un futur très proche : la rencontre de la personne qui vous attend. J'imagine toujours la somnolence des autres dans ces transports , un peu bâtie sur le même schéma...<br /> Si un jour on m'avait dit que je lirai un livre issu du "Nouveau Roman" en entier et que j'en parlerai 50 ans plus tard , et avec un certain plaisir, je n'y aurait point cru. Merci à ma prof de français de l'époque de me l'avoir "vendu" si bien que j'ai tenté le coup.
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N
Je me souviens de l'évocation scolaire de ce livre, mais plus si je l'ai lu ou pas (de toute façon, même quand je me rappelle avoir lu un livre, la plupart du temps je ne m'en rappelle plus le contenu, ou si peu !) En tout cas, tu ré-aiguises ma curiosité littéraire : j'espère retrouver l'ouvrage -jauni, à n'en point douter- dans mon tas livresque !<br /> Bon dimanche.
C
il fut un temps où j'étais assidue des trams trains bus, pas de métro chez nous, puis ce fut le vélo, et maintenant la voiture <br /> je lisais dans le train les voyages étant plus longs,<br /> voyant les difficultés pour obtenir le sésame donnant octroi à ces soi-disant services publics, je reste fidèle à ma petite auto !<br /> amitié .
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N
Ma petite auto à moi est partie à la casse il y a un an, après vingt-six années de bons et loyaux services ...<br /> Amitié.
T
Bonjour, <br /> Ras le bol du métro<br /> La Tiotte a un torticolis et le Tiot mal au genou et à la hanche. Tous deux se soignent au Flector et aux médocs.<br /> J'espère que tout va bien chez vous.<br /> Je vous souhaite un BON WEEK-END<br /> Tiotte et Tiot
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N
Oui, ça va, merci.<br /> Soignez-vous bien.<br /> Bonne fin de semaine.
M
Je souris en te lisant car dernièrement, j'ai failli féliciter un jeune homme dans le bus: il lisait un "livre" au lieu de cette petite boite "magique" où tu promènes tes doigts!<br /> Bises du soir<br /> Mireille du sablon
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N
Hé bien figure-toi que je l'ai fait, moi, une fois ... ptêt même plusieurs ... parfois même en discutant du livre.<br /> Merci.<br /> Bises.
T
C' est là que je me dis que je suis bien dans ma petite ville de 4000 âmes !<br /> Pas de rer, pas de métro, il y a bien des bus, et même une navette que je n' ai jamais prise !<br /> C' est donc toujours en voiture que je fais mes courses !<br /> Pour me dégourdir les jambes, je fais 200 mètres et je suis dans le petit chemin qui sent la noisette, quand il n' y a pas le paysan occupé à épandre du lisier !<br /> C' est bien pour toi, d' avoir ces réflexes d' observation, et de photographie, au moins, tu ne t' ennuies pas<br /> Bonne soirée<br /> Amitié
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N
En fait, si je me plais chez moi, c'est aussi parce que c'est une ville de petite couronne bien desservie en transports, en commerces, en toubibs et pas (pas encore ?) racaillisée. On y voit pas mal de doux dingues (l'hosto idoine n'est pas loin), pas mal de sdf comme partout, beaucoup (trop) de voilées -malheureusement incontournables, même si je les contourne en changeant de trottoir-, mais la violence ne s'y est pas (encore) installée. Et j'aime bien mon appart, ouvert sur un paysage comme de bd.<br /> S'ennuyer ? C'est quoi, s'ennuyer :-D ? ... une vie entière ne suffit jamais à tout ce qu'il y a à vivre ...<br /> Merci et bonne soirée.<br /> Amitié.