Juste après
... après ça. (La photo ne sera visible que demain samedi 29 vers 7h)
Le ciel pleuviote. Le ciel gouttelotte. Les trottoirs sont humides mais mon pas placide. Il est midi moins le quart. Quelques emplettes dans mon sac à dos. Passant près de mon café de quartier, je remarque les attablés, le livre posé près de l'homme qui téléphone. Je prends la photo.
Je marche jusque chez moi en pensant que parfois la vie est simple et sans douleur ... au moins de façon ponctuelle.
Pas de courrier. Ni Nothomb ni Flamand n'ont répondu à mes missives, les impolis ... mais je n'en suis plus à m'encolérer pour ces choses, il ne faudrait jamais rien attendre des autres, et seulement considérer que ce qu'on nous donne, nous offre, est toujours un bonus. Peut-être est-ce ainsi qu'on apprécie davantage les surprises, quand elles sont bonnes et réconfortantes.
J'ai faim, hésite à aller manger un bo luc lac au petit resto du coin. Je sors les affaires de mon sac, un voile rouge devant les yeux : mon porte-monnaie/portefeuille a disparu ! Je fourrage, cherche autour, n'importe où. Je perds le contrôle. Complet ! Je me mets à crier et pleure non non non ! en tournant dans la pièce ! Je suis incapable de maîtriser mes émotions quand je subis une perte. Mes idées se brouillent et mon pouls s'affole ! Impossible de réfléchir. Comme parfois, j'implore ma mère morte : aide moi ! Je refais -difficilement- le court voyage dans ma tête mais je n'ai sorti et rentré le contenant de toutes mes cartes plus argent qu'au monop ! ... Alors j'appelle, vite, mais c'est foutu d'avance avec tout le passage qu'il y a là-bas. Le téléphone sonne dans le vide puis ça raccroche. Alors j'y retourne ! Je cours, manteau à peine mis, vite vite ! Dehors, un instant, quand même, je me pose et rappelle ... et là ça décroche !
- Vous avez trouvé un porte-feuille ? Je tremble. On me répond ce que je n'osais un instant imaginer :
- Oui ! (je reconnais la voix de Sonia, hôtesse d'accueil des plus agréables).
Mes jambes se dérobent en même temps que mon cœur reprend sa place.
- J'arrive.
- Prenez votre temps.
En une seconde, je revis, tandis que mon pas reprend un rythme aussi normal que celui de mon souffle apaisé.
(Le sentiment de véritable panique, démesuré, mais ce mot, panique, induit une démesure, relève chez moi d'une pathologie s'expliquant sans doute par un quelconque traumatisme ; c'est, comment dire, ... puéril -sans doute au sens propre si ça vient de l'enfance- et invalidant : pendant quelques secondes, je deviens littéralement folle ! Il )
Vers le magasin, en passant près du café, le livre est toujours à la même place et l'homme toujours au téléphone, seul le niveau du verre de bière a changé.
Je récupère l'objet avec une gratitude infinie. C'est la cheffe du magasin qui l'a retrouvé et elle est étonnée quand je lui serre la main avec reconnaissance. Elle me dit que j'ai eu de la chance, oh comme je confirme !
Je me refais le film. Voulant faire vite à la caisse pour ne pas gêner les suivants, j'ai entassé rapido mes bricoles dans mon sac à dos puis, lentement, sur une caisse vide à côté, j'ai tout ressorti, y compris mon larfeuille, pour faire tout rentrer façon tétris ... en oubliant, apparemment, l'objet sur le côté ; et, connement, sans me retourner pour vérifier : je me bafferais ! Moi qui suis relativement distraite (de plus en plus ? début de démence sénile ?) encore une leçon à apprendre et à appliquer avec rigueur !
Restau ou pas restau : consolation ? punition ? Allez, si c'est vide, j'y vais, mais dans le cas contraire, je rentre. Il y avait du monde ...
Dans mon immeuble, près de l'ascenseur, j'ai souri en regardant par terre :