Un peu de légèreté
Éloge du quotidien
Il faut tourner la page, mais en conservant le livre retourné sur la table de chevet. On a accompagné Anne-Marie vers son néant, horrible image, idée plutôt, et l'on s'aperçoit, une fois de plus, s'il en était besoin, du poids qu'ont les humains dans notre vie. Oui, conserver le livre, histoire de se souvenir que nous sommes mortels et qu'il faut jouir des plaisirs quotidiens : la lumière du matin et la sensation de vie qui recommence, la première gorgée de bière café, le corps qui s'étire. Je regarde le chat qui dort et je souris parce qu'il s'imagine sans doute invisible la tête sous sa couverture préférée. Je me réjouis de ces petits plaisirs innocents et qui semblent futiles. Ce calme et cette tranquillité-là me protègent et je me sens privilégiée et reconnaissante (à personne, à je ne sais pas quoi, mais dans l'absolu) d'être là, en vie, entière, encore, quand d'autres souffrent ou meurent. J'ai envie de légèreté, de silence, de douceur, de temps qui resterait un peu lent, un peu impalpable, et moi sans attente, sans question, sans chagrin et sans inquiétude. Et me riant de bien des choses.
© la queue de Punky ; l'oeil du Krop
Clothilde, Fallait pas écraser la queue du chat
