Blanc
Après
L'État aura décidé un deuil de trois jours : samedi, dimanche, lundi. Mais la France est en deuil depuis longtemps, particulièrement depuis un 7 janvier où après, ce ne serait plus jamais pareil. Je pense à la couleur blanche comme à celle de l'innocence. Bafouée. Colère blanche. Voix blanche. Silence blanc. Pour TOUS les écrasés, noyés, morcelés, décapités, lapidés, fauchés. Et ce qu'on peut souhaiter de moins pire pour eux, c'est que ça n'ait duré qu'une fraction de seconde, qu'ils n'aient pas eu le temps de souffrir ni de se voir mourir. Puissent les rescapés récupérer et vivre encore.
Alors, une pensée blanche, triste et profondément humaine pour les personnes qui meurent parce que leur vie ne vaut rien pour d'autres, rouleaux compresseurs de haine et d'inhumanité décérébrée assoiffée de puissance malfaisante, et qui, loin d'honorer un soi-disant dieu qui ne devrait être qu'amour, sont les pantins soumis volontaires de la connerie mortifère la plus crasse, la plus abjecte. Que la honte soit sur eux.
Et puisqu'il faut toujours retourner à la vie, essayons d'y retourner. Avec les brebis galeuses cachées parmi nous.
Joni Mitchell, Help me
