Rituels
Noël blanc
Ce n'est plus la pureté de la neige, toujours absente à présent là où je vis, ni celle de l'enfance, depuis longtemps perdue. Encore moins celle des humains, et me revient le début de Blanche-Neige, ainsi qu'on me l'avait raconté à moi, d'une reine filant la quenouille, sur le rebord d'une fenêtre ouverte (et pourquoi pas au bord d'un créneau ou d'une meurtrière) en pleine hiver (spéciales, leurs majestés, déjà, à l'époque !) ... : elle se pique, et tong ! l'a une petite goutte de sang qui tombe, clong ! sur l'immaculitude du manteau hivernal et elle se dit, la reine (qui avait une bonne vue, apparemment), devant la jolie teinte résultant du mélange sang/neige : "Oh, comme c'est joli cette couleur, et comme je souhaiterais une fille dont la carnation serait celle-là." Suffit de commander, et paf ! voilà la fillette au sobriquet décalé ; Rose-Neige eût mieux convenu ... mais où m'embarqué-je, moi !
Mon blanc à moi, c'est juste celui de la couleur de mon sapin, floculé -quel vilain mot- fausse neige mais vraie couleur, et protection contre le chat qui, la sale bête plantophage, irait jusqu'à grignoter des aiguilles à s'en rendre malade. Épi là, chat noir/sapin blanc, pour quelqu'une qui aime les photos du style, c'est raccord. Une note qui manque singulièrement de poésie en ce jour où je terminerai sur des mots plus rituels et sincères, en vous souhaitant un Noël où vous serez avec celles et ceux que vous aimez ou y penserez très fort, et ponctuée par cette image où trône, à son acmé, cet oiseau-symbole d'un passé, qui orne mon sapin, et qui habitait déjà celui de mon enfance.
Que Noël vous soit agréable, une véritable trève, doux au coeur, à l'oeil et l'oreille ... Pour moi, comme à chaque fois, ce sera avec cette mélodie m'enchantant comme un hymne souriant qui sans cesse revient ponctuer les années comme si tout était bien ...
Dean Martin, Let it snow
