Vers l'ouest ...
Un moment déjà que nous devions retourner à notre annexe du Jeu de Paume, voir la nouvelle expo photo, comme on essaie de le faire régulièrement ... et pourquoi pas - royal ! - une virée de quatre jours pleins, en suivant l'ouest, jusqu'au bout des côtes, là-bas, en Bretagne, où jamais nous n'allons. Ce qui fut dit fut fait, et avant de revenir, plus précisément -ou pas- dans l'avenir, ici, là, et ailleurs, via les divers chemins tendrement martelés de multiples images, voici, de notre road-movie, quelques vues éparses et chronologiques de moments que nous traversâmes.
Château de Tours : port d'attache ... de mortaises ... images de photographes toujours remarquables, de quelque sorte que ce soit. Je reviendrai peut-être parler de cette expo-là, celle de René-Jacques. J'aime cette ville. Le fleuve près. L'espace des rues. J'aime aussi les endroits vinicoles attenants : Vouvray est proche, qui cultive mes vins préférés peut-être ; et qui abrite un restaurant troglodyte plein de charme et de bonne chère. Nuit ! ... Et départ pour la ville dont il est chanté : Il pleut sur Nantes, donne-moi la main , la ville de Nantes, rend mon cœur chagrin ...
Nantes, imaginée-mélangée dans mon esprit à Saint-Nazaire, avec laquelle pourtant, en réalité, elle n'a rien à voir ! Nantes qui happa mes regards d'abord par l'originalité et l'architecture colorée des bâtiments. Là par où nous arrivâmes, ce me fut un choc oculaire positif. Il faisait soleil et la gaîté rutilait : j'aimai tout de suite cette ville dont je ne savais rien quelques instants auparavant. Et les nombreux kilomètres que nous y ferons à pieds parfois douloureux n'entameront à aucun moment le sourire béat intérieur qui me bananera aux découvertes des lieux, des évènements, des images. Les grandes machines, beaux jouets géants, mécaniques festives si extraordinaires.
Centre convivial dans ses anciennes ruelles. Passages brillants. Ville qui respire et culture artistique très présente. Il faudra revenir voir les anneaux de Buren la nuit, illuminés de couleurs. Mais la lumière vive du soleil de face, ce n'était déjà pas mal. Magie de l'astre brillant pour les amateurs de photo dont le crayon qui écrit les formes est la lumière ! Quitter la ville et cap plus à l'ouest en traversant la campagne. Vers Saint-Nazaire, s'arrêter quand ça chante, quand on en a envie. Je souhaitais passer par Mindin ... Sur la route, de beaux carrelets à Corsept.
Dans le froid. L'humidité. Le vent. Très présent pendant ces jours-là ; après Nantes. Avec la pluie. Entrecoupée de pans de ciel qui se libèrent quelque temps de leurs nuages, le temps de petites découvertes pédestres sans trop d'eau sur la tête. Le pont de Saint-Nazaire a les pieds officiellement à Saint-Brévin-les pins, officieusement à l'origine à Mindin, moins cotée : les deux petites villes se touchent. Mais Mindin, je tenais à y aller pour un souvenir personnel, et dans les petits coquillages de la photo, j'ai entendu la mère ... tenté d'écouter plutôt ... elle nous avait raconté un jour qu'enfant -quand ? pourquoi ?- elle s'était retrouvée dans cet endroit. Et si je me sens frustrée de ce souvenir si vague, pendant que sous le pont de nos bras passe des éternels regrets l'onde si lasse ... et que je souris à l'évocation de la façon rigolote qu'elle avait de prononcer le mot en tirant sur la fin : Mindiiinnn, en un sourire malicieux, j'ai été très émue de faire ce pélerinage des souvenirs. D'une sorte d'hommage d'amour. Merci JL pour ce détour, pour moi.
Saint-Nazaire aquatique. Sur l'eau. Sous l'eau. Villégiature liquide. Chantier naval. Choc à la vue d'un bateau en construction, véritable immeuble, et même plus grand que ça, tant la sensation d'oppression, de gigantisme, d'exagération opèrent. Des milliers de personnes prévues ... pollution en perspective ! Qui peut avoir envie de passer des vacances dans ce bunker de luxe ?!
L'immense avantage du lieu ? Vous aurez vite compris ! Les photos ! Là encore, du nanan ! Honte sur moi, euh, pourquoi honte ? ... un peu quand même, j'ai toujours aimé la vue des paysages industriels, été fascinée par la majesté des usines, des raffineries, enfin, vous voyez le truc ... préféré Beaubourg à Notre-Dame de Paris ! Non que je ne sois pas en admiration devant le travail que ça représente, non que je ne trouve pas ça beau, non ... simplement, ça ne m'émeut pas : terrible hein ! Alors que la beauté graphique des lacérations, de la rouille, du matériau travaillé -et certes, j'aime beaucoup aussi le bois et la pierre mais ... euh ...bon je vais y réfléchir !-
On a failli rater Monsieur Hulot, dont les Vacances ont été prises à Saint-Marc-sur-mer, à deux pas de Saint-Nazaire, précisément. Je m'en serais voulue de louper ça ... merci Internet ! Et pour une fois, la technologie moderne attenante (de mon compagnon-voyageur !). On s'en serait douté, un lieu de tournage reflète rarement la magie d'un film ... ce fut le cas ! Mais nous profitâmes bien des embruns, du vent cinglant, et de la mer agitée. Mon appareil-photo en souffrit : panne temporaire !



Sur la route à nouveau, direction Guérande. Parce que j'aime le sel. Les salines. Le monde du sel en général, à vrai dire. Pourquoi ? Je ne sais pas. La beauté. La blancheur. Les symboles que ça peut transporter et faire voyager en soi, peut-être. Paludes ... Je m'imaginais Guérande comme, à quelque chose près, Oléron. Que nenni. Dans ce que j'en vis, en tout cas, plus ... comment dire, triste ... je ne sais pas ... la magie n'a pas fonctionné dans ses tours, faut croire. Des photos de salines alentour, je ne me risquai pas à en faire, sous le ciel de plomb fondu en eau glauque (verte). Pourtant, je garderai un souvenir bienheureux du "Remp'arts" le bien-nommé, où nous passâmes un moment si artistique -j'aime tant les endroits qui sont des mondes personnalisés plein d'images et d'objets qui parlent- au chaud, posés, tranquilles, protégés, devant un bon repas dans un beau lieu.
On n'aurait pas pu aller plus loin. On était arrivé à la limite-terre. Au bout du bout. Hôtel sur baie de mer. Sous nos fenêtres, sur le petit pan de côte en face, à une aile de vol d'oiseau : Le Croisic, et nous, là, à La Turballe (Pen Bron), soleil nuages pluie soleil nuages pluie on avait atteint le but du voyage. Si dépaysant pour les citadins de la grande ville enragée. Si calme. Nature. Près des éléments. L'eau. Le ciel. La terre. L'air. Le sel de la vie.
(En cliquant sur ces petites images, vous les verrez carrément en plus grand ...)




















