Mots d'Eros
A
Armé jusques aux dents
d’un charme carnassier,
tu dragues, tu séduis
tout ce qui bouge et vit.
Dans l’or des chambres qui gémit
tu fais le soleil et la pluie.
B
Notre pleine boîte à B :
Baguenauder, badiner, balancer, bafouiller, baliser mais bicher ; biser, bisser (trisser et même quadrisser) ; borner (nos chants, nos champs, notre parc à baisers) ; bousculer (poussez-vous, qu’on puisse respirer !) ; bouger (en toi, en moi, à flux tendu, aimer) ; batifoler, bander, bourrer, big-et-banguer ; brûler et braire, nous bâcher, nous boxer, badaboum ! ; bosseler (nos cœurs, nos têtes et les soigner) ; boguer, puis rallumer ; bomber (nos torses, nos années, nos murs de mots et puis nos rires) ; bouffer (la vie, la mort, le nez, bouffées, hum ! respirer, engloutir ce qui fait avancer) ; jusqu’à la fin, baiser (ton front doux, tes paupières, tes yeux, tes mains, tes pieds).
C
La chaleur du sang frais brûle dans tes artères,
Carmencita des îles qu’enflamme le désir,
et malgré l’âge mûr -je pourrais être ton père-
je veux te posséder avant que de mourir.
D
- Et pourquoi pas des beaux ? demanda la jeunette.
- Des beaux quoi donc ma mie ? De quoi parles-tu, diable ! ?
- J’ai dit au médecin qu’avec vous mon chéri au lit jamais je ne parvenais à rien. C’est alors qu’il m’a dit : pour baiser, ma mignonne,
et que votre mari profite de votre corps, carrossé Cadillac,
que vous puissiez dare-dare, du tac au tac, faire avec lui crac-crac
je vais ordonnancer un pack d’affreux disiaques…
E
Autour de tes ecchymoses
je dessine des fleurs
d’ellébore
où j’écris des mots d’amor.
F
Fort niquer : beaucoup baiser.
G
Sur un air de Gato
Barbieri
tu prépares le goûter
et tu ris
tu promets un gâteau
contre une gâterie.
ET UN AIR, celui-là, CERISE SUR LE GATO ...
H
Tu es ma houri
ma Mata-Hari
la haquenée
de mon hara,
l’hétaïre, honnie,
de mon harem.
Tu es libre, tu te ris
de toutes les homélies.
Je t’aime.
I
Ici ! ton iris à la corole ouverte,
fleur hybride aux yeux pers
détourne son regard ;
agent double, traîtresse
à la pupille éparse
qui rêves à des ailleurs !
J
Le jusant de ton corps se retire apaisé.
Mes cheveux comme une algue sur ta peau échouée
font jouer les sillons laiteux de la marée
qui irrigue ton ventre comme de sable mouillé.
K
J’aime d’un amour komak
ton teint de kaolin,
tes kuisses de kermesse,
ton karma,
ta démarche, kaline, de koala.
L
Tu fus lion et je fus liane
nous rugissions ensemble,
savane.
Mais tu es las et je suis lente
maintenant …
… lande
insane.
M
« Tu as le minou mimi,
ma Minnie,
il me manque ici !
Tu viendrais pas me faire des mamours ?
Rendez-vous à midi
Séquence 5-7 du dessin animé.
Mille baisers.
Ton Mickey »
N
- Vous niez ? Vous plaidez non coupable ? 
- Non. Mais comprenez ! Elle était en
nuisette ajourée,
elle me narguait,
faisait des simagrées…
toute la nuit ça a duré…
je n’ai pas supporté…
je m’suis jeté sur elle…
elle résistait, battait des pieds
j’ai mis un bon coup sur son nez …
elle est tombée … ça a cogné !
O
Restons au lit, la météo
annonce du gris, des trombes d’eau,
on va se faire le jour au chaud,
porte fermée et volets clos,
câlins et baisers à gogo.
Tu me prendras à la gaucho,
je s’rai ton animal de zoo .
Fourbus contents bravo bravo .
Et si t’as faim du gaspacho,
il en reste encore au frigo
et du poulet au lait coco ;
avec une tasse de cacao
ça f’ra la rue Michel … jojo
hein ! ce programme, c’est du gâteau !
(ET UNE CHANSON DANS CETTE CHAMBRE, celle-ci ...)
P
J’ai laissé des vieux papiers traîner
D’autres vies en pointillés
Et des tristesses sont remontées
Dans ton cœur et dans ton gosier
Amertume, souvenirs, assez !
D’un coup tu as tout déchiré
Et tu me les as fait bouffer
Enfoncés dans ma bouche, émiettés
Je pleurais mais tu as poussé
Avale ! avale ! tu as crié !
Q
Elle a cette habitude
c’est sa petite musique
de nuit
de planter
comme des notes
dans ma nuque
ses quenottes.
R
Tu es mon roudoudou, mon anis étoilé, mon bâton de réglisse,
mon coquillage en sucre, ma cannelle épicée,
mon sucre de gorge, mon berlingot diapré,
ma roulure adorée.
S
Soupir blanc.
J’aime quand tu étouffes
ma bouche
sous tes mains qui soudent
mon silence.
T
Traine-moi dans la boue et dans l’or.
Tire mes cheveux et tords mes bras.
Tiens-moi cachée comme un trésor.
U
Ubu
de par sa chandelle verte
avait peu d’aise avec les femmes
Merdre alors !
chaque fois pareil
elles le mouchaient !
Adieu Berthe !
V 
Tous mes voyages sont immobiles ;
vous êtes, toi et toi, mes pays visités
paysages violents,
routes, ciel évaporé
de mon cœur en vadrouille.
W
Il débat sur le web
de ceci de cela
des hauts et puis des bas,
du bas, surtout du bas
un peu sous la ceinture.
X
Tu joues sur mes phalanges
comme sur un xylophone
tu me fais mal mon ange
préserve, de ta bien-aimée,
les bones.
Y
Tu es yang et je suis yin.
Tu dis noir et je dis blanc.
Notre histoire est une porte
à deux battants
à deux saisons
le désert et la mousson.
Z
Au zénith de ton cri
il y a mon désir
aux abords de ton corps
ma loi qui te soumet
aux larmes et aux rires.
(Toutes photos : archives perso -expos, affiches lacérées métro ...- du krop)




