Les commencements
(clic !)
D'autres fois, il y a maintenant assez longtemps, quand on arrivait, le soir, il me fallait au moins quelques minutes d'océan. Mon corps réagit alors toujours de la même façon, pavlovien. Comme ces petits papiers qui s'ouvrent dans l'eau pour devenir des formes sculptées. Oui, la première brise, la première odeur, le premier son, tout ce roulis affectif ouvre mes poumons, mon cœur, ma tête, et même, parfois, mes bras. Seule, je me mets à parler, et l'eau salée sur mon visage, je ne sais plus très bien d'où elle vient, du dedans ou du dehors ; les deux, probablement.
Pas possible cette fois, dixit le couvre-feu, alors le lendemain, à défaut d'aller sur la grande plage, à cause des pluies intermittentes, nous avons remonté vers le nord, et aussitôt que le vent a chassé les nuages, nous nous sommes arrêtés, à La Perroche. Le temps était gris, le vent battait un peu, et il n'y avait vraiment pas grand monde cheminant le long de vagues froides et grises.
Je n'ai pu résister à tremper mes pattes, rituel de bonheur simple. De réappropriation de quelque chose. Je n'étais pas seule, il y avait, aussi, cette autre "vieille qui marchait dans la mer ..."
Un village que nous ne connaissions pas. Absolument vide. Pas un chat. Si, un chat, et des oiseaux qui jouaient à éviter mes photos. Quelle idée de persister à tenter ces images attrape-oiseaux, alors que mon matos n'est pas vraiment adapté ! Frtttt ! Encore une preuve de leurs super-pouvoirs, sont rapides, les vaches !
C'était la première journée, et c'est celle où les sentiments de plaisir sont vécus le plus pleinement, peut-être, parce qu'on avait oublié comme ces moments étaient bons, et que ce re-commencement est aussi, chaque fois, une re-découverte. Et puis, même en ne restant que quatre jours, ce n'est que le premier, et on a alors encore la sensation illusoire d'avoir tout notre temps.
Pavlov's dog, While you were out









