Ce fut juillet
Un drôle de mois. Sans le moindre artifice, mais avec beaucoup du feu des émotions. Un mois de départs, de mort et de vie. De changement, d'absence, de souvenirs, de sourires et de larmes. En moi se sont mêlées tant d'émotions contradictoires, ont vogué tant de sensations fortes, légères, profondes, envahissantes et partagées. Bien sûr, le plus difficile, le chagrin massif, celui qui bien qu'on s'y attende, depuis des jours, des semaines, en espérant toujours un peu parce l'Humain croit sans doute à l'impossible jusqu'au dernier instant, et qu'on imagine peut-être qu'un bout d'immortalité existe quelque part, fût-ce en nous, fut celui ressenti à la mort de notre metteuse en scène. Que se passera-t-il à nouveau en nous quand nous songerons à elle, au retour d'activité à la vie, sa scène quittée ?
Ce même mois aura été, de façon plus familiale et intime, celui du départ de ma fille aînée à Montpellier. Un départ léger celui-là, positif, ouvert à l'avenir, à une autre histoire. Mais pas anodin. L'époque est aux familles dispersées. Je n'en ai jamais vraiment souffert, le plaisir est décuplé quand je retrouve absentes et absents éloignés mais aimés, et tant que je sais que leur vie va bien. Mais ce n'est jamais innocent l'absence, et certains de ses instants peuvent être aussi lourds que l'est une présence constante. La vie repose sans cesse sur la notion d'équilibre. D'accommodements. De justesse des poids en présence. J'ai récupéré cette photo qu'elle aime bien, où elle jette l'éponge, en douceur.
Je mets de plus en plus de fleurs sur mon balcon, je m'environne de plus en plus d'images et j'écris de plus en plus de mots, peut-être moins ici qu'ailleurs. Chacun ses forteresses d'évasion, ses citadelles éthérées, ses tours d'y voir et d'entendre. Je mesure -encore- la fragilité de la ligne du temps, de la ligne de vie. Sa fragilité mais aussi sa force, sa présence, sa profondeur. Peut-être ne pas trop réfléchir est-il mieux que se prendre la tête. " Heureux les simples d'esprit " qu'i disait, l'autre auquel je ne crois pas. Je ne sais pas ce qu'on cherche. Vous le savez, vous ? Quelque chose de doux, d'étale ? Quelque chose qui ressemblerait à la mer quand le soleil se couche ? Peut-être l'apaisement. Oui, l'apaisement.