Soixante-huit ...
... mais pas en mai ... je devais naître en mai, mais j'ai préféré avril ; en avril, fais ce qui te plaît, et découvre le monde quelques jours avant la date prévue ... un dimanche, à l'heure de la sieste ...
Je sais que plein de gens font fi de ce jour-là, surtout quand la charge commence, commence ! à être lourde. Oui, ben non, pas moi, mince ! c'est important, ce jour de l'année où ont commencé à nous tomber d'ssus l tout le malheur et tout le plaisir du monde.
Une fois par an, pour le pire et le meilleur, on peut se remémorer plein de trucs, boire du champagne avec les nôtres, se tâter les pieds, les mains et la tête alouette pour sentir où on en est de ses tendons et de ses fibrilles, de ses métacarpes et tarses, ses pulsations, son étrier et son enclume, et crier victoire pour cette année encore !
Soixante-huit, mais pas en mai ... pas de changement, de réforme ni de révolution en vue ... le second tour des élections est passé, nul soliveau, mais le roi des grenouilles, comme dans la fable de mon cher La Fontaine.
Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue.
Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir.
C'est un de ces jours où l'on aimerait bien que la vie soit légère, et l'humanité en paix ; alors on chanterait, tous ensemble, avec des guitares et des chœurs, qui comme dans la vidéo qui suit, nous ficheraient la chair de poule d'émotion, en montant les marches d'un escalier vers un paradis des plus imaginaires ...
(Heart pour Led Zep et chapeau melon magrittien ...)
C'est aussi mon nanive là-bas.
