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Chronik (27)

Publié le par Nikole

 

Lundi 13 juin

     Hier, il était tard quand je suis allée voter. Du monde dans les rues (il faisait grand soleil, et c'était aussi la brocante sur la place) mais pas à la mairie. Bien peu de bulletins dans l'urne. Les gens tournent le dos à une "politique" où ils ne se reconnaissent plus dans ses représentants. Et puis le jeu des mésalliances ou des alliances éhontées sont un tel bazar. Ce pays pourtant si aimé et si riche potentiellement me désole.
En rentrant, j'ai croisé une jeune femme qui arborait en grosses lettres blanches sur son ticheurte noir la phrase : "Suck my dick" ; presque figée sur place (alors qu'après-coup j'avais juste envie de lui mettre des claques) je me suis étonnée d'être encore ébahie à ce point, à mon âge, par l'inconséquence et la vulgarité crasse de certaines gens.

    Lassée de voir partout, ce matin, à la télé, le ravi de la crèche, j'ai préféré petit-déjeuner devant le début d'un film sur la Sagrada Familia, monument que je découvris avec délices il y a maintenant bien longtemps, dans les pages d'un livre.

 

Chronik (27)

 

Jeudi 16 juin

    Plus que certains évènements à vivre, c'est parfois leur contexte et leur incompréhension qui sévèrement nous perturbent.
Hormis le fait que je m'étais délestée chez mon dentiste de plusieurs chèques conséquents, la vie était belle et plane comme j'aime. Alors où, quand, comment, alors que je me suis "sentie" très attentive tout le long du voyage, me suis-je fait piquer dans mon sac (ouvert en haut, certes, mais serré contre moi à chaque instant) le porte-monnaie comprenant presque toutes mes cartes officielles, et une grosse somme d'argent ? Je ne le saurai jamais, mais cette question récurrente du où-comment-pourquoi me taraude. Bien entendu, j'étais hier au trente-sixième dessous, car émotivement le corps toujours se rebelle contre l'adversité. Aujourd'hui, c'est quand même redescendu mais quelle époque merdique à conchier, où plus nulle part on ne peut se laisser aller à la confiance. Il faut cependant toujours tirer leçon de l'expérience, et c'est évidemment ce qu'à partir de maintenant je vais faire.

 

Chronik (27)

 

   J'ai eu ma banque au téléphone : le connard qui m'a piqué ma carte dans le 19e, c'est avéré, s'en est déjà servi pour acheter un paquet de clopes et quelque chose dans une pharmacie ; pour l'instant, il y en a pour 50 euros ; malgré l'opposition, si d'autres retraits ont été effectués et pas encore validés, ils le seront car c'est l'heure qui compte, et même si j'ai fait opposition aussitôt que j'ai vu, une heure suffit à piquer pas mal de sous. Qu'ils crèvent, les malhonnêtes !
(Je savais bien que j'aimais pas cette application ; trop tard pour la refuser sur la prochaine carte, déjà commandée). Ce monde me débecte !

 

   Pour une si "petite" chose vécue, au regard de tant d'autres, et vu comme on peut se sentir mal, entamé, violé au moins dans sa confiance en l'humain, "rien" que pour ça, je compatis grandement et mesure -sans doute bien trop peu malgré tout-, s'il en était possible, le traumatisme violent et démultiplié que peuvent subir des personnes, à des niveaux bien plus graves et concernant ou des biens plus importants, ou, pire, le corps, à hélas bien des niveaux, là aussi : mon podologue me disait qu'une de ses patientes, âgée de 90 ans, avait (je ne sais pas dans quelles conditions mais peu importe) été ligotée chez elle ! Je suis atterrée, et ce monde, je le répète, me débecte. 

 

   Régulièrement me revient cette phrase-titre d'une leçon d'anglais au lycée : "It depends where you sit" ; on peut souvent dire que ce qui arrive donne une vision différente des évènements en fonction de l'état d'esprit qu'on a et d'où l'on regarde les choses.

 

    Désormais, en ce monde, la clé est celle-ci : ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

 

Chronik (27)

 

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