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Chronik (31)

Publié le par Nikole

 
Dimanche 10 juillet

    Comme on respire au réveil d'un cauchemar. Rêvé de littérature impossible à écrire. Examen, dans des conditions difficiles, temps qui défile et obligation d'écrire directement sans plan ni brouillon ... comme je le fais ici en fait, mais avec une implication différente. Dans mon rêve la menace de quelque chose, sans que je sache de quoi, était sous-jacente. Et il s'agissait d'écrire sur, ou plutôt contre, la pub. Dans mes replays d'en ce moment, j'ai beau l'éviter, couper le son, je tombe sans cesse, quel fric gâché, sur la putepub d'une banque faisant la promotion d'un truc connecté qui permet de faire autre chose en même temps, laquelle autre chose est un galochage en règle d'une vulgarité sans limite, qui me débecte.
    Je crois que j'ai aussi rêvé d'écriture car je voudrais faire une lettre expliquant aux gens en face d'en bas derrière le mur (mettre le courrier sur la porte générale du pâté de maisons dans la rue derrière ?)
que ce carré d'habitation résonne un max, bordel, et que les dîners dehors sonores qui traînent après minuit me rendent dingue et me privent de la douceur fraîche de la nuit. Quand je dors, j'aime les volets ouverts, les fenêtres ouvertes. Essayer de leur parler de l'autre côté du mur, la prochaine fois ... Ah, comme est forte mon envie de campagne nue ces soirs-là !

Chronik (31)

 

*

    Vu un drôle de film des années quatre-vingt-dix que j'aurais pu croire, n'était la bande-son, et, accessoirement, l'usage du minitel, sorti des années soixante-dix ; je me suis presque reconnue dans ce flou, ces questions, ces errances, cette alternance d'amitié et de solitude. Oui, vraiment curieux ; un film à la fois ancré dans la réalité du que-faire-de-sa-vie quand on est un jeune adulte, souvent étudiant de surcroît, et une flottaison des désirs, quels qu'ils soient. "L'âge des possibles" ...

*

 

    Et hier, tombée sur un docu traitement des médicaments : quand et à quelle dose deviennent-ils des poisons. Terrifiant ! même si je m'en doutais déjà, la banalisation de certains produits pouvant causer "au mieux" l'addiction, au pire la mort par surdosage. Y compris quand on parle de paracétamol ou d'aspirine.
J'ai, par un curieux effet de parallèle un peu surréaliste, repensé à ça en visionnant quelques images du Hellfest de cette année, issues du concert d'Alice Cooper (Henry, je t'ai cherché sans succès dans la foule !), chanteur grand-guignol dont je trouve maintenant les facéties un peu ridicules mais qui m'amusait beaucoup à l' "âge des possibles" et dont j'aimais bien le rock disons classique (j'allais écrire : "musclé", mais tout rock ne l'est-il pas ?). Entre autre vieilleries comme "I'm eighteen" (T 33 mn 50 de la vidéo qui suit) et le tube "School's out" que j'ai utilisé déjà à l'envi sur ce blog, et à quoi il mêla -fort justement et judicieusement- "Another brick in the wall" des Pink Floyd, œuvrant dans la même symbolique et qui effectivement y fait penser (T 1 hre 04 , chanson de fin -je recommande !)... il a, scénographie sanglante et mal-à-l'aisante (déjà, bizarre l'utilisation des bébés, enfin, des "baigneurs", mais quand même !... et puis moi, tout ce qui a trait maintenant à la décapitation, je ne supportais déjà pas beaucoup, alors depuis les nazislamistes, encore moins) pour décor, chanté cette chanson terrible mais belle, "Dead babies" (T 54 mn 50) issue de "Killer" (que je pense être un ancien album génial !) :
"Little Betty ate a pound of aspirin
She found it from the shelf upon the wall ..."
(en fait il dit "them", pas "it", mais je trouve ça illogique ... ben ouais, je change des trucs toute seule dans mon coin ...)

 

 

 

Lundi 11 juillet

    Je me réjouissais de voir encore "Week-end à Zuydcoote", film que je trouve fort, même si je le confonds tout le temps avec un autre où jouent Aznavour et Biraud (Maurice, que les moins de ouhhh je ne sais même pas quel âge, ne peuvent pas connaître !) et dont j'ai oublié le titre, et que j'aime encore bien plus ! ... Ah, si ! Un taxi pour Tobrouk.

 

 

    Mais bon, en cette fin de week-end charentonnais, je n'ai vu que le début ou presque du zuydcootois, m'étant vite lourdement endormie sur mon canapé tout neuf (détail superfétatoire, car je m'endormais aussi sur le tout vieux). Bien sûr, je m'éveillai quelques minutes avant la fin, et c'est les paupières lourdes de sommeil que j'allais vérifier, obsessionnelle, si du côté de ma chambre c'était sombre et silencieux dehors. Ce qui était le cas. Quelques poignées de minutes plus tard, je me couchais, tranquille, étonnée cependant qu'un couple échangeât soudainement à cette heure-là, mais ça ne durerait pas. Pourtant ça a duré, et je découvris alors qu'en bas derrière le mur (il devait être dans les minuit) la lumière s'était allumée dans la cour, à gauche, comme d'hab, et que ça se réjouissait de bon cœur dehors. J'ai vu rouge, mais au lieu de descendre et de parler derrière le mur, comme pour ceux de l'autre côté qui me semblent faire quelques efforts depuis, inapte à me contenir, j'ai gueulé de ma fenêtre du cinquième.

 

Chronik (31)

 

    Je ne sais pas si les gens autour dorment tous fenêtre et volets fermés ou s'ils sont insensibles aux fêtards, mais là, j'espère que tout le pâté d'immeubles m'a entendue éructer et reprocher le dérangement fréquent qu'ils occasionnent. J'étais en rage et j'ai sans doute dit des gros mots, je ne sais même plus. Mais ils m'ont entendue car y'en a un qui m'a dit bonjour madame et baragouiné quelque chose, je suppose que c'était moqueur. Toujours est-il que, impression ou pas de ma part (ou étais-je seulement un peu libérée de mon trop-plein et me suis-je persuadée de la chose) ils ont réduit  le nombre des décibels. Pas assez cependant pour que, énervée au plus  haut point, je réussisse à m'endormir. Je me suis retournée encore et encore, longtemps, et à un moment j'ai senti un calme étale dehors. Il était deux heures moins le quart et toute activité de courette maléfique avait cessé. Ce nonobstant, mon insomnie à moi s'était installée, et j'ai dû prendre un petit quelque chose pour m'aider, pfff ! Cette chronique ne va quand même pas se réduire à décrire le tapage nocturne de mes connards de (certains) voisins, faîche !

 

 Mardi 12 juillet

    Nuit d'un calme entier, d'une paix profonde. LE SILENCE, quel privilège !

 

Chronik (31)

 

    Cela clôturait d'admirable façon la barrière d'une belle journée, où j'avais rendez-vous avec une ancienne collègue chère de l'époque-travail-Cergy, qui depuis a changé de métier et s'est -aubaine !- singulièrement rapprochée géographiquement de mon domicile. Je crois que je n'avais pas pris le métro depuis le vol, mais hormis une constante méfiance des abords, j'y ai retrouvé un usage simple et somme toute naturel, puisque je me suis remise à faire des photos (pas terribles du reste, mais je me hâte trop). Et j'ai découvert le quartier St-Jacques, qui m'a bien plu ce jour, couvert de l'ombre presque fraîche de nombreux arbres. Liset était aussi belle et souriante qu'à son habitude et nous nous sommes tombées dans les bras. L'amitié, même vécue entre de longues instances d'absence, est un doux sentiment. Deux mojitos "virgin" (sans alcool -ouais ... mais il fait chaud !-) et de longs bavardages plus tard, nous nous donnions rendez-vous pour quelques éclats de partages déjeunatoires sur le pouce, à la rentrée. Le coin ne manque pas de petites tables accueillantes.
   Et cela précédait un éveil joyeux et reconnaissant au moment présent. Demain un autre jour. Demain une autre nuit. À chaque jour suffit sa veille ; à chaque nuit ses songes, ses tourments ou ses veines ... À chaque instant ses bijoux de cadeaux inattendus.

 

Chronik (31)

 

Mercredi 13 juillet

     Encore une belle vraie nuit. Je crois bien que les fêtards du bas sont partis en vacances, c'est la fête !

*

   J'éprouve un sentiment de rabibochage (temporaire ?) vis-à-vis de l'administration française. Déjà parce qu'après demande de ma nouvelle carte vitale, je n'ai même pas  attendu quinze jours sa réception. Et puis ce matin, rendez-vous à la mairie pour ma carte d'identité. Bien qu'arrivée en avance, on me prend tout  de suite. Politesse. Rapidité. Sourires. Efficacité ... je n'en revenais pas ... ce n'est pas le souvenir que j'en avais, bon ben tant mieux ! Bon, la carte, je devrai l'attendre longtemps, on m'a prévenue ... faut pas déconner non plus !

 

Jeudi 14 juillet

    Je me suis réjouie un peu vite ... Lumière en bas au moment de se coucher ... mais seulement de légers chuchotis. J'ai quand même un peu baissé les volets ; après tout un peu de noir la nuit est faste, à ce qu'on dit, pour bien dormir. J'ai bien dormi, mais je ne sais pas si ça a joué.

    *

 

Chronik (31)

    Rituel quand elles sont ensemble, mes deux filles sont parties voir les avions du défilé. Je décline toujours l'invitation, d'abord parce qu'être seule de temps en temps, c'est bien, et puis moi les avions, je m'en fous un peu ... de toute façon je les vois passer ensuite dans mon ciel, ça me suffit.

 

Chronik (31)


    Plusieurs fois, le père, que ça attirait, apparemment, les avions, m'avait proposé un baptême de l'air sur la petite base de Vatry, offre que j'ai toujours déclinée ; ce sont mes filles qui, plus tard, ont bénéficié de la chose.
J'avoue mettre la télé du défilé en fond sonore, ce matin-là, même si je ne regarde pas vraiment ; comme il m'arrivait de mettre la messe parfois, jadis, le dimanche matin, sans vraiment la regarder non plus, et en plus étant athée ... mais sans doute que ça me rappelait mon enfance, des vieux souvenirs, bien que pénibles en contraintes parfois ... chuis ptêt, hormis pleine de paradoxes comme tout un chacun et toute une chacune, maso en fait.

 

Vendredi 15 juillet

    Bon, à partir d'aujourd'hui, je vais tâcher de cesser d'évoquer mes nuits polluées de paroles, même moins fortes, cependant trop souvent très audibles ... mais GRRRR !!!

 

Chronik (31)



    Hier soir, de ma terrasse, comme chaque année, j'ai regardé la foule s'accumuler, puis se disperser, sur mon pont proche, avant et après s'être extasiés -je suppose, car ils viennent toujours, et applaudissent- devant les luminescences artificielles célestes sonores. J'ai regardé, parce que même si c'est un évènement que je prise peu, c'en est un quand même, et moi j'aime bien regarder les gens qui regardent. Toute émotion étrangère que ce me soit, c'en est une. Les voisins, derrière la barrière de verre dépolie qui nous sépare, étaient là en famille, diserts. Rentrés chacun chez nous, ma voisine m'a "textoté" : "C'était un beau feu" ... j'ai répondu un "oui" laconique sans vouloir me lancer dans un "bof", le bof que je ressens maintenant devant un spectacle que je trouve similaire d'année en année et sans grande créativité.

 

Chronik (31)

 

Dimanche 17 juillet

    La nuit a été fraîche, le matin pas encore trop chaud. Les jours filent à une vitesse folle, sans que je m'aperçoive du décompte des heures. Une amie de mon aînée a passé une journée chez moi et j'étais contente de la revoir. On a ri, parlé, joué et c'était fort agréable. Journée humainement d'autant plus faste que la cadette n'était plus dans le désagrément de la veille, très difficile, qui ressemblait à du covid : fièvre, mal de tête et courbatures, était général fatigué et douloureux. Mais réveil comme une fleur, libérée ! Tant mieux ! On verra si dans la foulée on n'a rien attrapé mais on a fait attention, et hormis le  classique doliprane (doli pour les intimes) toute la parapharmacopée de para-médecine avait été mis en branle ... bien !

 

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    Côté cuisine, on en a profité pour voyager un peu, entre guacamole maison et fajitas itou (merci les filles !) et libanais ombragé du quartier ...

 

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    Voilà pour le côté instagram que je critique chez les autres ... j'espère au moins que je vous ai ouvert l'appétit ... à l'heure où j'écris ces lignes, il est bientôt midi !

 

Lundi 18 juillet

    Pour moi, on écrit comme on respire, je veux dire avec la même fluidité, la même continuité, quand le sylo court, glisse sur le papier, ou le doigt sur le clavier. Ce ne m'est pas une souffrance, je ne me prends pas la tête : comme les poumons font leur boulot, mon cerveau fait le sien, en toute logique.

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    Je souriais hier devant mon vaisselier ouvert, comptant sur les doigts d'une main les verres encore raccord, visant d'un œil torve et méfiant deux verres à eau qui vieillissaient dans un couple qui tenait bien. Je n'aurais sans doute pas dû poser mon eau d'appoint si près d'un ventilo ... la force de l'air, sans doute ... 
... un claquement dur, sec m'a bien fait sursauter
... "adieu veau, vache, cochon, couvée" ...   

 

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*

    Dehors, on doit se liquéfier ; dedans aussi, d'ailleurs, on est un peu liquide, et lent, mais en s'aidant de tous les moyens du bord possibles dans ce bateau à quai ... ventilos, tissus mouillés aux fenêtres des volets fermés. Navigation à vue et flegme obligatoire. Rêver, encore plus que d'hab, à de la fraîcheur bleue, au moins en fermant les yeux.

 

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