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KroniK71 (2023-semaine16)

Publié le par Nikole

 

Lundi 17-Dimanche 23

     Semaine dense. Malgré la phrase qui jamais ne me quitte, et que j'ai sans cesse sous les yeux, calée devant mon ordinateur, "Nulla dies sine linea", j'ai mis un coup de canif à mon auto-contrat, et suis restée toute la semaine sans écrire.
   Mais les contacts humains, leurs présences nourries, seront toujours les plus importantes et c'est ce qui se passa, alors la plume (virtuelle), peut bien rester parfois dans l'encrier (virtuel) avant de s'agripper, à nouveau, avec une douceur âpre, au cahier (virtuel), après des moments de rire, de soleil, de partages (réels).

    Et puis, récurremment, le doute m'habite, comme dirait Desproges, sur l'écriture. Heureuse, tellement, d'être lue, je suis reconnaissante, tellement, aux fidèles, mais je me sens frustrée quand même, par orgueil, sans doute, mais aussi parce que je me dis que si je n'en fais pas plus, c'est que j'en suis incapable, en tentant d'en analyser toutes les raisons possibles, mais surtout la paresse et le manque d'opiniâtreté. La dispersion, aussi, je fais plein de choses, et me sens incomplète de temps en chacune, sans réussir à en abandonner aucune. En cela comme souvent, je me sens coupable, de me contenter de rêver ma vie, trop souvent, au lieu de vivre mes rêves, pas assez souvent. Et encore, j'aimerais faire d'autres choses, en plus. Il faudrait plusieurs vies pour tout faire "bien".

    Trèves de jérémiades et de cœur sur le billot exhibitionniste, mais il serait temps, pas vrai ? cette page sera donc, de la semaine passée, un vrac d'images/mots, vu(e)s, vécu(e)s, écrit(e)s, exposé(e)s, partagé(e)s.

 

KroniK71 (2023-semaine16)    Parfois, affamés à la sortie de séances de pilates qui ont lieu "entre midi", comme disent les Lorrains, nous filons pas loin de là chez Beata la Polonaise manger des pirogis (fourrés patates, ou chou, champignons), sorte de grosses ravioles avec une pâte existant somme toute tous pays confondus avec les particularités de chacun. Un retour, un de plus, à l'enfance, et à ce truc typique que faisait parfois notre petite mère pour nous faire plaisir, comme les platskis (galettes de pommes de terre râpées à la main) ou le bortsck évoqué lors d'une autre page.
Elle, ne les passait pas à la poële une fois qu'ils remontaient à la surface de l'eau bouillante ... mais elle y faisait, en revanche, colorer du beurre qui grésillait et dont elle arrosait le plat dont on se régalait. Succulences du passé !
Cette semaine, on y sera allé deux fois, l'amie de passage ayant eu envie elle aussi de goûter à nouveau à ce plat exquis.

 

KroniK71 (2023-semaine16)    Extraordinaire expo Erwitt rue de Grenelle, avec le regard qui danse, alors que je traînais les pieds parce que c'était "loin" (je choppe les travers des bobos parisiens qui restent dans leur quartier !). Cette impression qu'il est toujours au bon moment au bon endroit ! Le talent, l'humour ! Bon, il est un peu obsédé par les chiens, mais comme ce n'est que pas que, ça va : je prise peu, en général, les photos d'animaux, qui pour moi ne sont pas un "vrai" sujet, mais chacun son truc ! Et puis, il ne se prend pas au sérieux et n'a pas la grosse tête et ça, j'adore.
Une superbe découverte, donc (je le connaissais peu) et les images parfois curieuses et toujours attirantes pour moi du mélange des photos avec les reflets de la salle, ou de soi.

 

KroniK71 (2023-semaine16)    Ce qui me manque dans le métro que je ne prends plus guère, ce sont les photos que j'y faisais ... et des affiches lacérées des couloirs, et des gens dans les rames. Certes j'en ai des centaines, de ces images, que dis-je, des milliers, mais j'aimais avoir l'œil qui frise, à l'affût, en attente de découvertes, de regards, de sourires, de repos. Car j'ai pris, par le passé, beaucoup de photos de gens en train de dormir. Je le fais encore, ça m'arrive, mais j'avoue être fascinée à présent par les gens qui lisent, car en minorité au milieu de la forêt de téléphones. Ils m'attendrissent, me renvoient à mes propres amours, dont la lecture, et sur du papier, car c'est autant le contenant que le contenu, que j'aime.
Je me demande d'ailleurs pourquoi je n'écris plus que sur ordi, et en quoi ne me manquent pas carnet et crayon pour mes petites notes posées ici comme sur un coin de table.

 

 

KroniK71 (2023-semaine16)    Il était beau celui-là, de triominos : graphique, dragonesque à épines, que sais-je ... Peut-être, de ça comme d'autres formes, ferai-je un jour quelque chose : j'engrange encore et encore, jamais sans doute je ne sortirai de cette obsession-là ... enfin, tant que c'est virtuel, c'est moins grave ... quoique !
On s'étonne et moi la première que je sois plus intéressée par les jeux de chiffres que par ceux de lettres et de mots ; je prends du plaisir aussi au sudoku, au rummikub, toutes ces réflexions qui se limitent à dix chiffres, quand je suis dépassée par le scrabble et les mots croisés : j'aime bien aussi mais je bloque toujours à un moment ou à un autre, et je ne suis pas stratège ... je "contrôle" moins ...



KroniK71 (2023-semaine16)        Un autre jour, à la galerie Polka, notre "cantine photographique" nous avons, comme d'hab, fait la chasse pacifique aux gens s'y baladant, guettant des attitudes, des tenues, comme cette dame dont le couvre-chef était raccord avec le turquoise des montagnes. Faut nous voir tous les deux tournoyer comme des oiseaux sans ailes, à nous faire oublier des autres, mine de rien. Et puis à nous figer, étonnés, curieux, indécis ou enthousiastes, devant des œuvres toujours diversifiées, qui racontent des histoires précises ou restent anonymes de tout sens "arrêté".
Ce lieu, si l'on évite les fins de semaine, est toujours calme, et ses "paysages" toujours renouvelés. On pourrait y vivre, y habiter, à l'écart de tout mais le nez dans cet art photographique qui nous plaît tant. Il n'y manquerait que la mer.

 

 

KroniK71 (2023-semaine16)    Il faisait si beau que c'eût été dommage de ne pas traîner nos guêtres dans le quartier, qui avait un peu changé depuis la dernière fois passée là à pied. Je vis décidément dans ma "petite ceinture" en villageoise qui ne sort pas de son trou. Loin des tracas, cela ressemblait à une ville paisible sans heurts ni tristesses sociales, comme si la chaleur préservait. On dit bien que "la misère serait moins pénible au soleil" ... va savoir !...
 

 

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