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éKlats 22/52

Publié le par Nikole

 

éKlats 22/52

 

    Mon stylo virtuel continue d'être sec. Normal, quand on ne recueille pas au jour le jour les éclats de verre des jours. Pas de lumière dessus, et pas de mémoire précise de la semaine qui s'achève en ce dimanche. Vanité des vanités de l'écriture, aussi, peut-être : vivre est après tout sans doute, sans aucun doute, plus important.

    Et pourtant me voilà à regarder dans les coins si je n'y aurais pas oublié quelque phrase essentielle, quelque trait d'humour à partager, quelque fait à vous narrer. Bien que je ne suive pas ce précepte à la lettre, en tout cas difficilement : je n'aime pas laisser quelque chose en cours, alors je continuerai ces éKlats jusqu'à la cinquante-deuxième semaine, mais après, sans doute le fil en sera-t-il ténu, et peut-être même se cassera-t-il. On verra, car à chaque jour suffit le moment du jour.

    Mais tu es libre, qui t'empêche d'arrêter là, tout de suite ? Maintenant ou plus tard, entièreté du projet mon cul, tu es seulement orgueilleuse, tu penses que ton écriture sert à quelque chose ! C'est vrai, si vraiment je ne pouvais plus, j'arrêterais. Ou pas. Je ne suis pas très claire là-dessus.

    Alors quoi ? Qu'ai-je vécu qui personnellement me soit important, ou parle à d'autres, ce que je sais de plus en plus rarement. Un jour, en août peut-être (date anniversaire de mes productions ici), il faudra, tiens, que je parle des autres blogs, pourquoi oui et pourquoi non, j'y interviens ou pas, je les abandonne, je regrette ceux qui ont cessé d'exister ; ceux dont on devine que leurs auteurs sont morts ; ceux dont on aimerait savoir ce que sont devenues les personnes qui nous y ont promenés si longtemps.

    Alors, cette semaine ? C'est en retombant (par hasard, les replay sont parfois labyrinthiques) sur la suite d'un documentaire relatif à Valérie Solanas (SCUM) que j'ai quitté le canapé pour gagner mon siège (ergonomique) et écrire ces lignes. Bouger. Les lignes ?

    En fait les jours passés ont été si pleins (comment peut-on s'ennuyer quand on est à la retraite, je ne comprendrai jamais ceux qui le prétendent, quand ce qui nous reste de la vie est grand ouvert au temps complètement libre, lequel temps passe d'ailleurs à une vitesse qu'il n'a jamais atteinte lorsque jadis nous travaillions ! alors glissons-nous y, dans ce temps à nous, cette liberté-là ! Temps libre des seigneurs un peu flétris versus jeunesse flamboyante travailleuse : on ne saurait tout avoir en même temps !)

     Il y a quelques jours, sa fille a organisé la fête des quatre-vingt-cinq ans de mon amie-voisine Antoinette (lien photo ici) du deuxième étage (ma deuze). C'était fort généreux de sa part de m'y inviter, ce qui m'a permis, outre de me réjouir de la vivacité riante de Toinette (sorties et activités, elle est bien plus jeune que moi) de prendre du plaisir à clic-claquer à tout-va en cette longue soirée, pendant laquelle je me suis rendu compte de la difficulté à organiser une fête (et sans modestie aucune, comme j'avais réussi la mienne, comparativement) sans groupes claniques, temps morts, timings en décalage, imprécisions de déroulement, participations désagréables et pour moi surprenantes, qui m'ont perturbée mais sans que je souhaite en parler davantage, j'en ai déjà trop dit et ce n'est pas charitable, chacun faisant au mieux comme il peut en fonction de contextes différents. Et nous étions quand même une quarantaine, ce qui est plus difficile à gérer que ma moins-que-vingtaine. Toinette y fut heureuse et fêtée, et c'est le principal. C'était fait pour elle, pas pour moi.

   Cela fait un mois, déjà !, maintenant, que j'étais moi tremblante de stress à l'idée que la fête préparée ne serait pas à la hauteur de ce que je voulais en offrir. Mais le souvenir de ma soirée de fête des soixante-dix ans me sera indélébile d'émotions, sans souvenirs précis autres que ceux de photos et mouvements, car j'exultais, légère je flottais, et quand on flotte, par définition, on n'a pas les pieds sur terre. Je ne remercierai jamais assez les personnes qui me rendent heureuses. Et ce soir-là, tout ne fut que mécanique bien huilée, moments suaves et douces présences bienveillantes, souriantes et riantes.

 

 (Lo pais tropical)

 

   Après tout, si ça vous dit (je sais qu'à votre place je serais très curieuse, et on est entre nous), je vous propose un lien à suivre pour jeter un œil sur ce que fut cette belle soirée du trois mai dernier ; l'ensemble est un peu fastidieux, mais vous pouvez picorer, en particulier en regardant les vidéos présentes, courtes scènes d'air guitar, de danses chaloupées ou d'envolées verbales lyriques de mézigue (dans Céline : dernière case ; Jean-Luc : première case ; Liset : trois dernières cases). Exhib ?! soit ! Si ça peut, même en vous moquant un peu de ma puérilité, vous faire rigoler, j'assume !

https://mega.nz/folder/BIMTjC4Z#uDD39h340XZ8ckEBpDaGcg

(pas besoin de télécharger, il suffit de cliquer sur le lien)

    Les jours passés, mon chevalier-blanc-amoureux-génie-de-la-technique a eu beaucoup de pain sur la planche. Et je ne parle pas de nourriture : certes, là où mes assiettes sont souvent rustiques, il met un point d'honneur à cuisiner avec joliesse et équilibre ...

 

éKlats 22/52

 

   Non, je parle d'ordinateur. Le mien était sub-claquant, lent, beuguant souvent. IL s'est donc mis en tête de changer le disque dur interne !!! Évidemment, moi, rien que cette idée me fluidifie le dos d'une longue coulure de sueur froide, lui non. Seulement inquiet du temps que ça prendrait et de la lourdeur de toutes les choses à réinstaller (dont certaines peut-être difficiles, voire impossibles, en l'état) il s'est attelé à cette tâche de titan, la ride du lion bien froncée, le rictus prêt à éclore, mais la main et l'esprit concentrés, attentifs et alertes (et parfois en alerte !), prenant même le soin, afin que je puisse me servir un peu de mon ordi au cours de ces deux ou trois jours (j'ai déjà oublié le temps que ça a pris, lui non, à n'en pas douter !) de replacer le vieux disque de façon temporaire chaque soir ! Le moment qu'il craignait (et dont il s'était bien gardé de me parler, connaissant ma propension naturelle à la panique pour tout ce qui est un peu sophistiqué matériellement) était celui de la re-mise en route générale définitive (un de ses ordis avait lâché à ce moment-là !) Il appuie sur le bouton et ... rien ne se passe : je le vois changer de couleur, sans rien me dire ... Il retourne aux branchements ... ré-enclenche ! Joie, tout s'allume, et fonctionne !!

 

éKlats 22/52

 

 

 (Le bricoleur)


   Mon ordi a pris un sacré coup de jeune, il est comme neuf pour moi, rapide, mais rapide ! Bon, mon technicien en chef a dû, pour mes photos, récupérer un logiciel plus vieux que celui que j'avais, et il y a encore un peu d'huile d'adaptation perso à glisser dans les rouages, mais je jubile devant cet appareil si efficace remis en branle pour encore le plus longtemps possible grâce à LUI.

 

éKlats 22/52

 

    Je disais au début de cette page que mon stylo était sec : le mettre sur ma langue, ou le secouer, ou les deux, lui aura redonné quelque vigueur, quelque couleur ... il est bizarre, ce bouquet de mots, de vie qu'on a en nous !

 

(Nota : l'image du début de ce texte est une capture d'écran télé empruntée -retravaillée- au documentaire évoqué qui m'a fait penser à la première photo de ma page précédente, c'est pourquoi je l'ai relevée)

 

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