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éKlats 31/52 Olympiades

Publié le par Nikole

   
Grand vrac éklaté

    Parler des Jeux olympiques ? Ne pas en parler ? 

   Essayer de le faire en étant plus positive que négative ? Colonne plus et colonne moins ?

   Commencer par cette vanne involontaire (l'humour se perçoit tellement peu de nos jours !) d'un commentateur-média en parlant de natation :  Ce soir, la piscine sera encore en feu !

   Continuer avec une mélodie de Gojira qui ne fera pas polémique grâce à sa douceur :

 

(Fortitude)

    L'occasion pour moi de découvrir ce mot, qui existe, et qui en gros signifie courage face aux épreuves. Normal, vu que fortis, quand j'apprenais mes listes de vocabulaire latin, signifiait courageux. Alors ce Citius, altius, fortius, qu'on utilise pour définir entre autres ces jeux (on entend ça aussi lors de l'émission "Fort-Boyard"), et qu'on traduit par "Plus vite, plus haut, plus fort", je préfère le comprendre comme "Avec plus de rapidité, d'élévation, de courage" : ouais je traduis à ma façon, en trouvant que c'est plus parlant, concret et réel ainsi : personne ne me reprendra là-dessus (oui, fortis veut dire aussi "fort", certes, dans le Gaffiot, mais ça ne change rien pour moi).

   Et puis, énoncer quelques petites choses de mon regard et de ma réflexion :

  Mon étonnement le plus total à me prendre au jeu et à regarder régulièrement ceci ou cela qui attire mon œil, comme la natation ... on a beau ne pas aimer le sport, il y a des victoires qui coupent le souffle par leur ... force, comme le judo (entre filles), et me demander chaque fois pourquoi ce costume-pyjama des plus inconfortables (je me pose la même question devant la toque ridicule et tellement peu pratique et grandiloquente des cuisiniers !)
  Me surprendre à m'entendre dire que tiens, ça m'amuserait d'essayer l'escrime ! (à cause des jeux d'enfant, quand on jouait à l'épée ?)

  Je me suis même surprise à coller un drapeau bleu-blanc-rouge sur mon balcon (il y est resté peu de temps : violent orage cette nuit et pluie un temps diluvienne -la tempête a béni mes éveils maritimes-, précipitation de mézigue, sauvage du drapeau qui faséyait prêt à tomber, chemise de nuit cheveux trempés en une seconde : éclat de rire).

  Paraît que la population française (et même les Parisiens réputés être les plus grincheux) se réconcilierait presque autour de ces Jeux, qui positivent la nation. Je ne m'en sens pas si éloignée, finalement, prétendant m'en foutre mais jubilant à chaque nouvelle médaille gagnée, du fond de mon canapé en parfaite potato couch écrasée par la chaleur.

  Mais même sans connaître les règles, et je trouve absolument admirable la démonstration talentueuse de la technique travaillée des athlètes, je ne suis pas toujours d'accord avec les notations des juges, et la dénommée Simone (en tout cas aux barres asymétriques, je n'ai pas vu les autres épreuves) était de mon avis inférieure à une autre fille habillée en rouge (dont j'ai oublié le nom et le pays). Pourquoi ? En particulier dans cette discipline, tout le monde est à un niveau relevant de l'excellence en technicité. Ce qui fait, , la différence, c'est une nuance de chorégraphie, et la grâce.

   Il faut quand même que je le reconnaisse : le faste et la logistique m'ont plu : je partais avec une telle idée de catastrophe et je conchie tant la mairesse hidalgôche défenseuse de la connerie boboïque ... Certes, des choses m'ont déplu. Tellement. Mais d'autres m'ont plu. Tellement.

   Je n'ai toujours pas parlé de la cérémonie d'ouverture, je ne voudrais pas en rajouter à tout ce qui déjà se dit mais j'avoue que ça me démange quand même un peu ; c'est d'ailleurs ce mot, grâce, qui m'y fait penser : celle, infinie, d'humaines ballerines-papillonnes-corolles-fleurs, se balançant dans le vent en une poésie sans faille ; celle d'un fil de fériste et d'un promeneur des toits parisiens ... funambules, magiciens de l'espace et du temps, humains aux semelles de vent. J'ai aimé, ça, cette élévation, cette hauteur, ce détachement ancré.
La Marseillaise, haute, aussi, sur le toit !

 

éKlats 31/52 spécial Olympiades

(emprunté au Net et mamaillé)

éKlats 31/52 spécial Olympiades

(repensé à cette photo faite il y a longtemps  ... et mamaillée)

 

    Ah, et ce piano sous l'averse (chef-d'œuvre en péril?) constellé de gouttes de pluie comme de larmes en notes de cristal ! Parfois la pluie, même souvent, patine de beauté les êtres et les choses.

    Été convaincue par l'association rock métal/opéra. Couple fusionnel un instant, improbable, mais qui mélodiait pourtant ! sur fond flamboyant de bateau rouge et or et de conciergerie rutilante.

    Avec la même force, j'ai détesté l'idée de mettre en scène une tête décapitée, parce que c'est impossible, insupportable de banaliser, fût-ce avec le prétexte (mon Q !) du spectacle, une vision qui sans cesse, c'est le cas pour moi, rappelle la méthode récurrente d'assassinats utilisée par les nazislamistes !

   J'ai détesté aussi le banquet avec au menu une pomme de discorde. Non qu'il se soit agi de blasphème ou de moquerie de la religion chrétienne, ce dont je me contrefous d'autant plus que le sujet (la scène de "la Cène", ou pas) a servi et servira encore à moult occasions d'interprétations ; tiens, par exemple cette expo passée de Lucchese (Tours 2017) transforme des tableaux célèbres en tableaux vivants (dont celui-ci, précisément) :

 

éKlats 31/52 spécial Olympiades

éKlats 31/52 spécial Olympiades

éKlats 31/52 spécial Olympiades

éKlats 31/52 spécial Olympiades

éKlats 31/52 spécial Olympiades

(j'avais trouvé ses créations, toutes, absolument somptueuses ; mais le talent était autre que celui des guignols qu'on nous présenta pour l'inauguration)

 

    Non, cette sorte de Satyricon fellinien, je l'aurais supporté si on n'avait pas insisté lourdement, très lourdement et beaucoup trop longtemps sur des minorités mises en exergue comme l'éternel femme-à-barbe-homme-à-bas-résille. Le Dionysos stroumphien, à l'humble rigueur, le gai luron dévolu ce jour-là, adooooore monter le son. Mais les oreilles ont dû lui corner.

    Il y a bien longtemps, j'avais vu à la télé Zizi Jeanmaire chantant, en un show qui n'en finissait pas, Mon truc en plumes (plumes de zoiseaux de zanimaux) : je l'avais trouvée époustoufroufroutante ... avec la Gaga, je m'attendais à bof ... mais je trouve, le charisme en moins, qu'elle ne s'en est pas mal sortie.

    Quant à la vulgaire Ayabeurk dont la vue m'insupporte, c'était tellement gros que je me suis surprise à rire. Provoc manifeste. Si ça a amusé les uniformes avec qui elle a chanté, pourquoi pas, mais j'espère que l'association il faut le reconnaître contre nature, sur le pont académique, n'a pas paru telle (contre nature) aux personnes incriminées : s'ils se sont amusés, c'est bien, sinon, les pauvres, je les plains ! (Bon, elle avait une belle robe !)

    Célébration du ciel, et célébration de l'eau , avec des têtes de femmes (leur sortir la tête de l'eau ?), et des statues, pour mettre à l'hommeur (quel lapsus !) l'honneur, donc !, certaines. J'ai retenu seulement -et encore, je n'en suis pas sûre- (ma chère) Olympe de Gouges.

 

éKlats 31/52 spécial Olympiades

 (emprunté au Net et mamaillé)

    Et ce cheval métallique amphibie galopant en suivant le sillon du fleuve, belle allure et fier navire improbable et déterminé ! Magie !

    Ben non, vous n'y couperez pas, à cette version récurrente chevaline versus le silence des flots noirs conquis par la cavalière anonyme :

 

(America, A horse with no name ; des dizaines et des dizaines d'années après sa découverte, cette chanson me remue tellement que je suis, chaque fois, près de pleurer ... je ne sais pas ce qui m'atteint si fort dans cette mélodie. De plus, cette version-vidéo trouvée aujourd'hui est si belle !)

    Un beau moment, enfin, que cette équipe de porteurs relayeurs de la flamme, tout habillée de blanc dans la nuit avancée, tels de purs anges, et que pour cette raison j'ai trouvée christique. Émotion devant cet ensemble, cette ferveur commune, ce rappel des anciens ... ça, oui, ça m'a plu aussi.

 

   Un soir, à la télé, pas convaincue par la proposition des films ce jour-là, et sans même chercher sur le replay, je (ça ne semble pas LUI déplaire non plus, à mon compagnon no sport, too !) reste scotchée devant l'écran. Ils nagent. Elles nagent. Encore et encore. Si on m'avait dit qu'un jour je serais intéressée par ce genre de truc ! (Mais qui es-tu ? dirait ma cadette !)

 
    M'irrite le chauvinisme forcené des médias, privilégiant le semblant d'interview d'un(e) Francais(e) à un bout de match oublié/invisible pendant ce temps, ne se préoccupant pas de la remise de médailles quand un(e) de nos représentant(e)s n'y est pas (moi c'est ce que je préfère, les remises de médailles !). Portant aux nues un nageur troisième/bronze comme s'il avait gagné la médaille d'or, n'évoquant même pas les deux autres. Déjà que le Manaudou je le sens tendance grande gueule façon VRP, pas la peine d'en rajouter.

   M'irrite au plus haut point ce vocabulaire espécial utilisé, limité, circonscrit, répétitif et que je trouve ridicule : se régaler (comme s'il n'y avait pas assez de synonymes en français), crispé(e), crispation (et pourquoi pas constipé(e) tant qu'ils y sont), le patron, la patronne, et ce faire le job qui hormis le fait qu'il est hors de propos en cette occurrence, pourrait au moins remplacer son mot anglais. En plus on est en France, pourquoi ce team partout alors qu'existe le mot équipe ? C'est pas bien, une équipe ? C'est pas plus réel, charnel, humain ? Tiens, ils n'utilisent pas le mot battle, étonnant (ça doit être pour la chanson et la cuisine ...), pourtant, ça chicore parfois, ça bastonne même : un réel problème, quand même, ces personnes à sexes indéterminés, ces femmes testéronées plus que la norme, dont on voit bien que l'apparence, et sans doute la force plus brute qui va avec, sont celles d'un homme. M'a fait mal au cœur, l'Italienne qu'a pris un bourre-pif et trente-six chandelles (zeugme) direct !

 

 (Nougaro. Non, pas quatre boules de cuir, mais certaines paroles vont bien quand même, avec un léger décalage ...)

 

  Tiens,à propos de Seine et de mise en scène, Macaron 1er n'a toujours pas trempé ses blancs d'œuf dans le cul de poule du fleuve décloaqué mais c'est normal ... puisqu'il avait promis qu'il le ferait ...

  Je crois que je vais me mettre à la gym aquatique, moi ...

 

Publié dans Rimbaud Bateau ivre

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