Exercice
(photo de sculpture prise lors d'une expo -pardon à l'artiste dont j'ai oublié le nom- et re-traitée façon dessin)
Ce sera toujours ainsi : je continuerai de tomber sur de vieux papiers oubliés, que je relis parfois plusieurs fois en me demandant si j'ai recopié à la va-vite en oubliant l'auteur ou inventé. Je ris seule parfois en cherchant sur Gogol des mots que je n'y trouve pas puisque c'est moi qui les ai écrits !
Cette fois, il était évident que c'était moi : écriture, ratures ... et une contrainte de texte : ai-je péché ça sur un blog ou lors des quelques ateliers d'écriture auxquels j'ai participé un temps, ça, je ne saurais le dire. Je vous propose donc à la lecture un truc dingo-foutraque-absurde que je ne reconnais pas bien qu'étant bien de moi, comme ça, parce que j'aime bien ce genre de défi, et aussi pour vous proposer le même exercice, que voici :
Votre texte devra commencer par : "C'est un glaçon ...", comporter au minimum 10 des 15 mots suivants : angora - ordinateur - chanter - pousser - allumette - jeune - piscine - sept - rouge - courir - peindre -dépayser - salon - épisodique - linge.
- C’est un glaçon !
Le jeune lapin angora … tic tic tic … s’approcha du mur derrière lequel parlait la voix.
- C’est un glaçon j’te dis !
Un bruit sourd suivit, puis un glissement sonore, par à-coups, comme quand on pousse un meuble lourd.
Lapinou prit peur. Blanc comme un linge, il se mit à chanter en dansant … tac tac tac … pour dépayser l’angoisse.
Il était sept allumettes
Bouge le rouge bouge le rouge
Il était sept allumettes
Quatorze torchons dans le salon
Dix-huit glycines dans la piscine
Trois moteurs dans l’ordinateur.
C’était son truc, au lagomorphe, de se fredonner des histoires absurdes quand il avait les j’tons ! Il redevenait tout petit, comme quand maman lapine lui murmurait des comptines douces. Il se sentait protégé.
- C’est un glaçon ! Le mur tonitruait.
Le petit animal voulut courir mais il était complètement paralysé. Épisodique et faible, son cœur battait une chamade étrange … toooc ! tic tac toc tic taaac !
Recouvert d’une gangue d’angoisse, le poil terrifié, comme peint d’une laque chlorotique, il se figea, se raidit, froid, inerte.
Derrière, là-bas, une voix insistait :
- Tu vois bien, c’était un glaçon !
