éKlats 50/52 - 1
Après deux trois semaines de traitement anti-toux qui tournait asthmatiforme (pensais-je) j’étais libérée. Libre ! Reconnaissante à mon corps revenu. Grâces te soient rendues, organisme pugnace ! Et là, soudain, douloureuse, comme expurgeant des pelletées de cailloux pointus, me revoilà, d’un seul coup et sans prévenir, envahie de nouveau. Ça a commencé hier en fin d’après-midi, quintes récurrentes. Le sommeil soulage. Mais je me suis réveillée ainsi, mêmes pointes, avec malus : déglutissant sans cesse dans le vide et la respiration difficile. Paniquant. Paraît que dans la symbolique astrale du taureau, c’est la gorge l’organe sensible, mais là ça descend au poitrail : Le poumon, le poumon vous-dis-je ! Je préférerais que ce soient les pieds, je respirerais mieux !
Re-belote chez ma Boulangère, donc. Trop mal. Trop soudain. Trop pas envie que ça traîne comme la dernière fois. Dans la salle d’attente, gens qui patientent penchés. Sur une forêt de téléphones portables. Retard de la praticienne : j’ai l’habitude, elle est coutumière du fait (c'est pourquoi je prévois toujours un livre). Mais je lui suis si reconnaissante de pratiquer à quelque chose comme cinquante mètres de chez moi, si on compte la distance des cinq étages ! Et de me glisser -presque- systématiquement dans une des failles trop étroites de son agenda du jour, sans doute en percevant mon inquiétude, et en plus, en l’occurrence, ma voix passagèrement virile transgenre quand m’affecte un problème passant par la voie -c’est le cas de le dire- ORL.
M’a ausculté directement les bronches ! Sans tourner autour du pot. Me rassure d’un c’est un peu moins atteint que la dernière fois, mais c’est la même chose …
- Vous allez me redonner le médoc style Ventoline ? C’est une toux asthmatiforme alors ?
- Non, c’est ce qu’on appelle une toux rebelle ! (y’a bien que moi pour faire de la rébellion auto-centrée !!) Il et vrai que ça a bien marché son truc … enfin, un temps … et je m’aperçois d’ailleurs (bonjour l’explication pas claire sur le mode d’emploi !) que je ne l’ai pas bien utilisé … mais passons.
Je m’inquiète de cette récidive rapide. Elle parle de véritable bouillon de culture partout (et là, ça n’a rien à voir avec les livres !) Virus et compagnie tous azimuts. Moi qui sors si peu, un comble !
- Pas d’antibios alors ? hasardé-je (espérant une dénégation ; autant que la cortisone -jusque là efficace pour mes rares crises d’acouphènes-, je voue un culte à ce médicament tant il me soulage vite les rares fois que/où -les deux possibilités semblent co-exister, je viens de vérifier, ça me titillait- je souffre de souffrances ciblées).
- Si, vaut mieux tout de suite ! (propos rapportés approximatifs et déformés) Virus, et puis ça dégénère (d’habitude, j’attends un peu trop mais là ça a repris dès le départ au point culminant de la dernière fois, hop, moi qui ai peur des hauteurs, directement au sommet !) Là-dessus, les bactéries s’y mettent, ça s'agglutine, vilaines bestioles qui prolifèrent klop kataclop ! faut agir !
Quand je consulte, je pose toujours des questions : Et mon épisode de déglutition répétitive (comme un TOC, pensais-je ce matin) avec sensation de respiration difficile ?
M’explique, mime à l’appui, le phénomène. Vous avez sans doute à ce moment fait un petit broncho-spasme : on en apprend tous les jours !