Chronik (14)

Publié le par Nikole

 

Chronik (14)

Samedi 01 janvier 2022

    Couchée très tard, ou plutôt tôt, je me suis éveillée alors que le noir baignait encore la chambre ... tictictictic pépiait l'Oiseau ... je me suis rendormie au son de cette pendulette inverse. Deux heures plus tard, un éclat de rire, dans mon rêve, me réveillait pour de bon : dans le songe, j'ouvrais la porte d'un restaurant et elle allait valdinguer devant moi ; dans ma main, ronde comme un œuf, était nichée une grosse poignée blanche ! Pour jouer avec le "vers" d'Apollinaire ("Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire") je dirai que c'est mon rêve qui s'est brisé dedans ... j'aime l'idée de commencer le premier matin par un rire tonitruant, un rire tonique tuant l'obscurité morbide des temps actuels. Il faut parfois se rire de l'adversité !

 

Dimanche 02 janvier

    Je n'ai pas suivi les reportages sur les incendies monstrueux qu'il y a eu ces jours derniers au Colorado, et quelle qu'en ait été la raison, je suppose que la "faute" en est humaine, même si c'est indirectement. La neige qui s'est abattue de façon gigantesque a étouffé (comme une grosse couverture qu'on appliquerait sur une friteuse prête à exploser) ai-je appris ce matin, toutes ces flammes de l'enfer. J'y ai vu comme un baume divin, une aide, un pansement bienfaisant. Quand j'évoque une intervention divine, c'est de la Planète que je parle, car c'est elle notre maîtresse suprême. Et si les humains s'y prenaient un peu moins, pour des dieux, le monde tournerait mieux.

 

Mardi 05 janvier

    Ce n'était pas si loin de la retrouver en rêve, cette nuit, ma mère ... d'ailleurs je me souviens que marchant dans la rue où nous habitions alors, je sentais qu'il fallait que je me hâte ... je me suis réveillée avant de la rejoindre ! Peut-être n'aurais-je pas dû, "avant", assister dans une grande université à un spectacle de danse avec des filles à fanfreluches habillées couleur vieux rose qui levaient la jambe façon french cancan, en riant.

L'université, elle m'a envoyé -en tir groupé- ses vœux de bonne année et je suis toujours curieuse de voir ce que vont répondre -ou pas- les gens, à ces quelques mots conventionnels polis, quand la réponse est adressée à la cantonade. J'ai été tentée moi de laisser tomber, et puis j'y suis allée de ma plume, d'abord parce que j'aime bien un des deux protagonistes du truc, et puis peut-être un peu par jeu, aussi : quand écrire est un plaisir, c'est toujours festif de chercher des mots. Ce que j'ai fait. En y ajoutant, d'ailleurs, des images. Ce sera peut-être considéré comme ridicule, mais je n'en suis plus là depuis longtemps.

 

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La politesse ? Sans  vouloir parler de ce cas précis, elle est pour moi une vertu essentielle de la vie en société. Dût-il y avoir en elle, parfois, une dose de ce qu'on pourrait appeler hypocrisie. J'ai pensé ça, jadis, je ne le pense plus : la politesse est le produit qui bien souvent permet aux rouages de fonctionner sans qu'ils se grippent trop, ou trop vite. De même que je revendique la gentillesse, a priori, comme autre vertu importante. Non, ce n'est pas de la faiblesse, c'est de la générosité d'âme. J'ai dit "a priori". Je défends aussi la gueulante, au moins la méfiance et le silence buté, à l'égard de ceux qui me sont abruti(e)s : politiques, bobos, victimes pros, pros de la mauvaise foi, menteurs, menteuses, tricheuses, tricheurs, voleurs, violeurs et autres gonflant(e)s du même tonneau.

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    Il est temps de démonter le sapin (me plaît bien l'idée que dans mon quartier la municipalité les fait ramasser en un lieu donné où on les dépose, pour que ce ne soit pas anarchique dans les entrées, sur les trottoirs, partout) ; d'ôter la couronne de la porte. Une fois que les fêtes sont passées, ce décorum m'est mortifère. Pourquoi ? Un sentiment curieux de temps obsolète, de décalage ; quand je pense qu'il fut un temps ou, flemmarde invétérée, je laissais traîner le sapin jusqu'à des Pâques ... N'importe quoi !

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    Je me souviens d'un texte anglais, au lycée, intitulé : "It depends where you sit" : cette phrase me revient en tête chaque fois que je réfléchis à l'idée de ce que l'on se fait des "choses" selon le point de vue, au sens premier, propre, du terme. Même si ma trouille serait aussi grande en pensant à ça, sauter de Fort Boyard fait-il aussi peur quand on imagine le peu de mouvement que cela génère dans l'univers ? Devrait-on avoir peur quand on se sent nano-particule ? Perdu(e)s en forêt, épaisse, sans repère, comme notre peur nous paraîtrait dérisoire si par drone, on s'apercevrait que tout ce vert a des limites bien définies et sans doute pas si éloignées de soi, en tout cas moins qu'on le ne pense à cause de notre terreur d'égarement (je pense à ça quand on nous présente des vues par drone dans les téléfilms policiers : vous avez remarqué le nombre élevé -c'est le cas de le dire- de sites qu'on nous montre d'en haut, à présent ?
Mais mon point de vue à moi, bien moindre en taille, des jours passés, était inverse. Couchée sur le dos en faisait mon pilates -lequel, perso, m'éloigne souvent dans des réflexions et presque des ailleurs- les yeux tournés vers la fenêtre et le mur où Bulle Ogier, sur une affiche de cinéma, promène un regard las, je me disais que le monde est différent partout et "de" partout, selon qu'on le regarde d'ici, de là, du très grand, du très petit, du dessus, du dessous.

 

Chronik (14)


Ce matin, j'ai migré dans la cuisine pour ne pas déranger le travailleur d'à côté en réunion Teams. D'en bas (toujours couchée sur le dos à faire mes exos), il y avait autant de foutoir, disons d'accumulation, qu'à hauteur d'homme ou de femme, mais je me suis surprise à m'imaginer ce qu'on pouvait bien ressentir de la vie quand on était constamment au niveau du sol.

 

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    J'ai envie de légèreté.

 

 

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Samedi 08 janvier.

 

    Marcher la nuit sur un trottoir mouillé, sans trop de gens, pas de voitures, a fait monter en moi des réminiscences. Je me suis revue alors, ado, sans savoir quand, sans savoir où, mais avec un sentiment très précis de mélancolie de fin de quelque chose, de profondeur de sentiment de vie étrange. La pluie, les lueurs aquatiques qui se révèlent à la faveur des lumières artificielles a peut-être cette propension-là, de nous remettre dans d'anciens états aux ressentis similaires ... madeleines !

 

Dimanche 09 janvier, 17h52

 

    Je ne sais ce que je fais de mes jours, pour arriver si vite à mes nuits ; à l'obscurité rapide de la fenêtre. Il a plu presque toute la journée. Je me suis liquéfiée dans la file d'attente, dehors, de la boulangerie. Je ne les entendais pas mais je sentais les gouttes glisser sur moi, sur mes lunettes et sur mon vêtement non-imperméable. Je rentrerais à tordre, pas grave, d'autant moins que j'avais un bonnet résolument vissé sur la tête et une grosse écharpe de tissu pour protéger mon cou. J'ai profité, bien plus tard, d'un moment sans larmes (célestes) pour descendre le sapin un peu desséché, mais encore valide, au coin de la rue, avec d'autres. Tant que je le pourrai, j'accueillerai et abandonnerai cet arbre-symbole chaque année, je crois que je tiendrai toujours à ce rituel.


Chronik (14)


J'ai bien glandouillé aujourd'hui ... mais y-a-t'il des jours où je fais autre chose que ça ? Pas sûr. En fait, évidemment que je fais des trucs, seulement je fais tout sans jamais me hâter, c'est ça la clef ! Je déteste me hâter. J'aime que chaque action soit déliée, que la main, les yeux soient présents à ce que je fais. La précision s'accommode-t'elle de la rapidité ... je veux dire à part dans un bloc opératoire ou dans tout lieu où l'on a une vie à sauver ?


Cela faisait des mois que je ne m'étais pas laissé aller à regarder en replay ma chère Mariska Hargitay ("New York unité spéciale"). N'ayant rien trouvé ailleurs, j'y suis allée en traînant, bien que je me sois promis que je ne regarderais plus rien qui soit tronçonnée par la pub. Stupeur ! Il n'y a pas eu de pub !!!! Je ne comprends pas, mais j'en suis ravie ! Très étonnant, j'aimerais qu'on m'explique (et que ce soit de plus en plus comme ça !)
À la télé, le soir, je ne vois plus grand-chose. Environ vingt minutes valides et je me mets à pioncer sans m'en apercevoir, tombant progressivement dans un univers accueillant, chaud et cotonneux ; je suppose que dans l'idéal c'est avec cette sensation-là qu'il serait humain et supportable de mourir, dans cent ans ...

 

Chronik (14)

 

 C'est bizarre, une sensation de fin de dimanche ... Même s'il n'y a plus l'angoisse diffuse, enfant, adulte, du lendemain "travailleur", il y toujours cette sorte de mystère de l'avenir quand tombe le jour, quand se lève la nuit, et qui m'a toujours semblé la dimension de quelque chose de parallèle. De profond. D'irréel. Un autre monde.

 

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Z
New York unité spéciale : Hargitay du bocal, la surnommé-je... Mais elle mange trop de hamburgers... Elle a grossi pas mal...<br /> Très bonne journée soirée
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L
C'est très touchant, ce journal, ces mots, ces émotions écrites avec le vrai du fond de toi. C'est un journal de jeune fille, au fond. Pas seulement parce que ce sont souvent les jeunes filles (mais pas que), ados qui tiennent un journal, mais surtout parce que tu nous dis une humaine de chair et de cœur qui tente à sa manière d'aller vers ceux qui sont à l'écoute. De la pure émotion en partage, comme une musique, et parfois, ta musique et notre musique intérieure se rencontrent, et c'est tendre et chaud...<br /> Merci ♥♥♥
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M
Ah ce droit à la paresse, celui que l'on peut prendre  quand on ne travaille plus...mais que les jours passent vite!<br /> Bises du soir<br /> Mireille du sablon
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P
comme beaucoup, comme Toi surement, j'ai " rêvé d'un Autre Monde " avant même qu'on nous le chante. Une tres belle chanson d'ailleurs , que j’apprécie vraiment. Un Monde où, oui, la politesse et certaines autres valeurs ne seraient pas incompatibles avec une certaine poésie Fofolle, ni Rock'n'Rollienne, Cette politesse qu'on nous a inculquée , apprise étant enfant qui semble si désuète , si vieille France aujourd'hui...mais que j'ai retrouvée depuis mon déménagement en Vienne profonde. Un presque retour dans les années 60, tu croises quelqu'un , il te dit bonjour, tu lui dis bonjour le premier , il te répond. oui ça existe encore . Quoiqu'il en soit , ton journal, tes chroniques journalières sont bien plus que plaisantes , elles sont jubilatoires . sans doute parce que je me retrouve dans bon nombre  d'entre elles . Ton passage sur le glandouillage m'a fait repenser à l'histoire du<br /> gars , très occupé à ne rien faire , et a qui l'épouse , peu contente, lui demande ce qu'il fait: il répond : " ben rien , tu le vois " . alors ,  elle lui fait cette remarque : " mais deja hier , tu n'as rien fait ! " et il répond cette phrase magnifique : " oui, mais j'avais pas fini".....ne pas avoir fini de ne rien faire est un concept qui me séduit.<br /> Par ailleurs , la toute première photo ( Ciel , lignes EDF, et Givre/toile d'araignée ) de la chronique est juste sublime ! merci.
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D
Chacun a sa propre représentation du monde( d'où les conflits) et cette représentationest due essentiellement à notre mental.....D'où l'idée peut être, je dis bien peut être, que le monde n'est qu'une illusion !
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T
On   a    souvent    besoin     de   ce  qui    manque,    or   la   politesse   et   la   générosité   en   font   partie,  et   on   ne   peut   pas   dire  que   le   gouvernement     donne   l'  exemple !<br />  L'incroyable   horloge     de  l' univers   nous  a   montré    qu' avant   même   l' arrivée    des   humains,   et   malgré    les 5   extinctions,   faune    et    flore   s'en   sont    toujours   sorties !<br />  Si on   est   optimiste   on   se  dit    que    l'  homme    aussi devrait    s' en   sortir,   si   on   est   pessimiste,   on   se  dit     qu'   à   jouer   l'  apprenti     sorcier,    il  créera   bel   et   bien  l'  apocalypse !<br />  Passe   une    bonne   journée<br />  Amitié<br />
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B
J'ai retenu de tes textes la passage relatif à la politesse.Une qualité et une valeur que j'estime essentielle, car j'ai été élevé avec des valeurs de respect.<br /> Quand je vois cette nouvelle génération  insouciante, irrespectueuse, je me dis que l'évolution des moeurs ne va pas toujours dans le bon sens.<br /> Bonne semaine
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C
comme dans un journal ... (que je n'ai jamais pratiqué) ... lire tes sensations plutôt que tes faits et s'y retrouver quelquefois ...<br /> je dirais que plus on "vieillit" plus on a besoin de temps et lui semble nous filer entre les doigts comme ce sable sec pris par poignée sur une plage en été et qui s'enfuit s'en retournant à ses origines ...<br /> amitié .
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