Chronik (30)
Jeudi 30 juin
... une ar©hive du Krop ...
Il pleut. Le ciel respire. Les jardins boivent. La terre est fraîche. Je souris.
Samedi 02 JUILLET
En parcourant le programme télé, un paquet de chaînes, quand même, rien ne retient durablement mon attention. Je vais encore me rabattre sur le replay ... ou pas et mamailler devant mon ordi, comme j'aime tant à le faire, au milieu de mes images.
Je me suis laissée aller à regarder "Flashdance", parce que devant certaines nunucheries je retrouve mon âme de midinette (mais l'ai-je jamais perdue !) Et c'est toujours meilleur pour le cœur et les nerfs que ce que j'ai regardé hier, "Honour", où en Angleterre (en plus c'est d'après une histoire vraie mais qui oserait prétendre que ça n'existe pas !), une jeune musulmane disparaît après des menaces à son encontre parce qu'elle a divorcé d'un mari qu'on lui avait imposé ... je n'en dis pas plus, peut-être aurez-vous envie de regarder ... en fait j'évite en principe les films qui traitent de ce sujet car ça me fait enrager : colère aigüe, chagrin, sentiment d'impuissance, mais je n'avais pas compris qu'il s'agissait de cela, et une fois qu'on a vu le début, on est tenté de voir la suite ...
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... la ©ouleur d'un soleil de Krop ...
Il fait soleil ... quelque chose me dit que ça va encore être la fête à neuneu en bas de mon immeuble ... le prob c'est que c'est chacun leur tour ... je rêve de pluies torrentielles tous les soirs d'été.
Dimanche 3 juillet
Nuit fraîche et agréable, fenêtre ouverte. Pas de tapage nocturne ... se réjouir de ce qui devrait être la normalité, on en est là. Pour bien des choses. "Tu l'as entendu ? Il a dit merci ! " Ou : "Tu as vu, il nous a bousculées et s'est excusé !". Deux fois dans la même journée en plus ... je relevais ces incroyables attitudes tandis qu'un jeune con me coupa la route sur le trottoir, vélo en avant à ranger au vélib, au risque de m'écharper avec ses protubérances métalliques -le vélo, car celles du cerveau du gamin, je les pense molles- ... ainsi va la vie ...
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Je crois dur comme fer aux somatisations. Le corps parle sans cesse. Je me contrains à "pilater" version élongations car moi qui n'ai pratiquement jamais mal au dos, j'ai cette queue de comète lombaire sensible qui n'en finit pas de finir, comme l'énervement caudal d'un chat manifestant ainsi sa colère. Qu'ai-je donc particulièrement et métaphoriquement "sur le dos", "sur les reins", en ce moment?
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Il fait beau. Comme l'océan doit faire sourire de contentement et de plénitude, un jour comme ça, au petit matin, dans l'immensité des plages que j'aime ! Si je ferme les yeux, j'entends presque le murmure du vent. Et l'odeur salée de l'écume et du sable qui la cueille (et qui l'accueille !)
Mardi 5 juillet
Me voilà revenue aux affres, même si le mot est un peu fort -voire !- de l'ère cathodique. Comme quand on attendait en sauveur le réparateur ... Hier, en fin d'après-midi, coupure brutale d'électricité générale du quartier (du département ?). Pas longtemps, mais ça fait bizarre, cette sensation de "perte de contrôle". Z'aiment pas ça, les appareils électroniques. Sans télévision, malgré des ré-initialisations et un appel au secours à Free, nous nous sommes entendu dire qu'il y avait un gros problème dans le Val de Marne et que ce ne serait pas rétabli avant probablement le lendemain. Alors, un, peuvent pas nous envoyer un message pour nous le dire (la pub, elle, ils l'envoient facilement) que c'est normal que ce soit anormal ? ! Deux, ben deux, ce matin, toujours rien ... Doit être comac, la rupture de quelque chose !
Jeudi 7 juillet
Réveil bougon. Sourire de traviole. Foutreciel, reprends-toi ! La vie, espèce de conne, LA VIE !
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Toujours pas de télé en direct par le serveur classique. Si je ne manque pas d'images grâce au replay et à Molotov, serveur annexe (qui verrouille bien des chaînes mais la 1 ou la 6 et d'autres ne me manquent pas) installé par mon technicien en chef (qui pour ça mériterait un bon cocktail -warf!-) n'empêche que ça commence à être n'importe quoi cette longue panne. Quand je pense que de plus en plus de choses dépendent de l'électronique et des machines qui opèrent à distance, le foutoir que ça va être lors de "beurks" gigantesques (heureusement que les hôpitaux ont des groupes électrogènes bis ... euh, ils ne peuvent pas tomber en panne, ceux-là ?)
Loin de moi l'idée de critiquer un progrès qui m'arrange bien, quand il apporte un confort. Mais il manque cette "petite" touche d'humanité collatérale ...
Samedi 9 juillet
Encore une nuit fenêtre fermée. "Fête" pas loin ... comme je le disais ou écrivais il y a peu, chacun son tour, autour, en bas (mais hors d'atteinte), de faire c.... les autres. Heureusement, la nuit était fraîche et la chambre, close, supportable. Silence et air accessibles à nouveau au petit matin, j'ai, comme un jour pas si lointain, admiré le rose aux joues au jour du ciel.
Avec bonheur, j'ai récupéré des brillances : ma bonne humeur au contact de cette nouvelle paix, l'apaisement de mon dos après un rééquilibrage ostéopathique, et accessoirement, ma télé au cours d'un des multiples essais dans le vide ... une fois, hop, c'était comme avant ... mystères insondables, des machines, de la vie, des corps, des gens ... Si le monde, arrêt sur image, pouvait se figer, ballon léger, flottaison douce, et chaque être de la planète, quelques instants, quelques heures, demeurer tranquille, fermer les yeux, être là sans avoir mal ni envie de faire le mal et entendre, sentir, comme ça peut être bon de vivre en étant bien, sans envie, simplement bien. Un peu comme quand on est devant l'océan et qu'on sait qu'au moins un instant on est, fugitivement et immensément, éternel.
... l'o©éan du Krop ...


