Chronik (33)

Publié le par Nikole

    Des plantes et des ailleurs, surtout. Des ailleurs, ça reste vague. Justement, c'est ça que j'aime. La précision du vague, de la vague du cœur et de l'âme. La nuance aussi, celle qui "fiance le rêve au rêve".

 

Dimanche 24 juillet   

    En écrivant cette date, j'ai du mal à y croire : c'est peu de dire que le temps passe vite (voire ! un peu moins quand on passe un sale ... quart d'heure) il s'accélère il s'emballe que dis-je il s'emballe il se spirale quand avance le temps de notre âge, peut-être, sans doute. Pourtant, j'écrivais il y a peu que la chaleur aspire à nous ralentir. Paradoxes. Oxymores. Je l'avoue, vivre dans un appartement surchauffé, malgré ce qu'on fait pour amoindrir la température, a souvent sur moi l'effet suivant : prétextant mon sommeil nocturne trop souvent perturbé (nuit étale jusqu'à une dispute sonore à quatre heures du matin !) et la grosse chaleur sus-citée, je m' "étale", moi, à défaut de la nuit (suivez la structure de mes phrases et leur cohérence quoi !) sur mon canapé, et me cultive, sisi, en regardant des films ... y compris, parfois (le choix finit par s'étrécir) certains que je renâclerais à regarder en temps dit normal. C'est ainis que, alléchée par le terme "road-movie" (dont je suis fort amatrice) je découvris "Trois visages" film iranien d'un Jafar Panahi que je trouvai immédiatement irrésistible d'intelligence, de nuances, de pondération, de talent. N'en jetez plus ? Si ! Ce type réussit à me faire regarder un film où on voit des voilées sans que je bondisse avec haine et fracas. Non que j'aille maintenant défendre ce bout de torchon macabre, sûrement pas, mais je ne sais pas, à travers son regard, toute la sottise, l'injustice, l'indécrottablisme de certaines façons de penser passeraient presque, grâce à lui. En tout cas attirerait l'attention sans que je me voile moi la face telle le "muse des comices agricoles" (ah, les reliefs scolaires ! Daudet, faut qu'un jour j'aille visiter ton moulin à Fontvieille, s'il existe encore, car j'en ai envie depuis la classe de cinquième !). Je conseille donc ce film (replay arte, bien sûr), avant "Téhéran-taxi", bien aussi, mais moins original et plus fastidieux, même si là encore un monde vu de son centre élargit les horizons (curieuse tournure de phrase !)

 

Lundi 25 juillet

    Soleil et silence. Méditation-minute.
Vu quelques instants de reportage sur le maté, qui me donne envie d'essayer ce breuvage.

 

Mardi 26 juillet

   Du coup, hier après-midi j'en ai acheté chez Naturalia, mais pas encore goûté. Il y avait là un homme de mon âge qui achetait du ginkgo biloba. J'ai évoqué Santana mais il a ouvert un œil rond ! Tant pis. On a enquillé sur les remèdes aidant les vieux à vieillir moins, et il m'a fait l'éloge de l'argile, puis parlé de sa passion des timbres (sans m'inviter à voir sa collection, ni celle de ses estampes japonaises, je vous rassure ...). Tiens, ce ginkgo est l'occasion de remettre à l'ordre du jour un article que je voulais consacrer à cette plante magique à notre retour de Chaumont-sur-Loire, et délaissé depuis comme en un herbier aux plantes desséchées ; mais point de leçon de choses, seulement des photos :

 

Chronik (33)

C'est beau, non ? 

 

Chronik (33)

     Et ça, c'est moi, boucl'oreillée avec des bijoux inspirés offerts : j'adore !

 

  C'est à Chaumont(-sur-Loire) que j'avais pu admirer cet arbre de mes végétaux-fétiches ; depuis, un autre est venu satisfaire mon regard, "chez Albert" (Kahn, musée, à Boulogne) :

 

Chronik (33)

 

 Bien entendu, vous n'échapperez pas à ça ... mais je ne m'en lasse pas :

 

 

... version antique que je ne connaissais pas, et où ils me semblent tous bien sages ... eu égard à l'année précédente.

 

    Plante pour plante, c'est d'arnica que j'ai entendu un peu parler ce matin. Une plante qui a soulagé toutes les bosses et les ecchymoses de notre enfance. "Viens là, je vais te mettre de la pommade d'arnica sur ton bobo". Qui n'a pas entendu ça dans une enfance des années de la mienne ? C'est toujours d'actualité, une autre plante magique.

    Il y a eu quelque chose de très émouvant pour moi dans ce reportage, c'est la vue de la peau abîmée des broyeurs manuels :

 

Chronik (33)

 

  D'abord parce que cette machine-là, la main, est forte, fragile et si porteuse ! Comme si la douleur occasionnée était une douleur "saine" ; comme si, par ailleurs, il y avait dans cette façon -volontaire- de faire, quelque chose de pur, d'authentique. Parce que, aussi, ça m'a rappelé la scène d'un film qui, jeune, m'avait tellement marquée que je l'avais évoquée dans ma copie de français du bac sur le bonheur : ces mains, déjà, abîmées par le travail du blé. Un film sans vice ni violence. Le film des anciennes gens. De ces vieux films en noir et blanc qui montrent une ancienne campagne ensoleillée dure, certes, difficile, âpre, mais où le travail est ... j'allais écrire un gros mot, pardon ... récompensé. Je ne suis pas en train de dénigrer les machines en général, mais certaines images anciennes, complètement désuètes, voire rétrogrades parfois, ont parfois sur moi quelque douceur éphémère, celle qu'on peut ressentir en regardant des objets obsolètes patinés par le temps.

 

Chronik (33)

    Désolée pour la mauvaise qualité de mon image (mais vous avez compris le principe hein !)
 

 

Jeudi 28 juillet

    Habituée que je me suis ... à ne plus guère bouger de chez moi, la journée d'hier m'a laissée pantelante à l'heure où se couchent les poules ... je ne tenais littéralement plus debout et j'en avais presque honte, tandis que LUI et mon amie Clo, arrivée du jour, devisaient encore gaîment. Faut dire que j'avais eu mon content de fous-rires (le massage des zygomatiques, ça fatigue peut-être !) et qu'on était allées toutes deux voir une expo à l'aut'bout d'Paris ! Quand même, je m'étiole, moi, sans dèc ! Ou peut-être, déployer rires et chansons conversations utilise-t-il une énergie particulière, va savoir Edgard !

 

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    Pourtant, on avait commencé tranquillou, petit déjeuner qui dure, piapiatages, triominos, jajaffe et patatage canapé devant un documentaire sur Willy Ronis (pendant lequel nous avons alternativement piqué du nez).

 

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   Et puis voilà, trois petits tours et puis s'en vont. Avant les quais surchauffés, on a quand même profité du petit restau de la rue des Tournelles, avec sa terrasse à l'ombre.
   Hé oui, encore une instagrammette :

 

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    Gare de Lyon, la chaleur, dans l'attente, était implacable. Nous étions arrivées fort en avance et en plus le train pour Nice avait du retard. Je tournais autour de Clo en la brumisant et en rigolant. L'attente était longue et puis, d'un coup, grosse vague humaine vers le train en partance. Et toujours ce petit pincement au cœur quand un, une des miens-miennes s'en retourne vers sa vie à lui ou elle.

 

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Vendredi 29 juillet

    Rêvé dans mon canapé post-prandial devant une ville désertique américaine du Texas, dédiée à l'art. Malafa. La beauté des sols secs, visuellement parlant. Des silences qui semblent infinis et apaisés, apaisants. Le désert de nos vies devrait être aussi beau. Et les quelques oasis  fondamentales pour les désaltérer nous suffire. L'humain manque d'humilité et est chargé de trop d'orgueil. D'arrogance. De suffisance. Et pourtant nous, les humains, avons tant de vie "riche en soi" en nous, pour peu que nous lui laissions de la place.

    Instants de grâce, et instants de colère. J'ai reçu ce matin une invitation malhonnête à aller dépenser mon argent ... spam boîte aux lettres pour la journée (inter)nationale du ... rouge à lèvres ! Vous le croyez ça ? La connerie récurrente de certains aspects de ce monde me désespère ! Vous verrez qu'un jour, ils nous coupleront ça avec celle des droits des femmes. Il n'y a jamais d'horizon visible à la connerie. Je propose la journée internationale du yaourt à la fraise tagada (tsoin ! tsoin !)


Chronik (33)

 

Samedi 30 juillet

    Comment les rêves peuvent-ils être aussi limpides ? Au moins dans leur représentation. Aussi picturaux. Si j'avais des talents de peintre, je représenterais avec des couleurs précises et un graphisme hyperréaliste cette toile surréaliste un peu à la Dali de ce temps parallèle vécu cette nuit.
Je voulais rester ici, dans cette ville et à cet endroit que j'habite, sauf que tout était différent. J'étais debout, au milieu du centre de la "toile". À ma gauche il n'y avait pas de danger, juste un arbre par-dessus un ponton protecteur. À droite, je ne savais pas ce qu'il y avais, mais c'était vide (comme je voudrais que ce "champ" de ma vie soit vide de voisins, a fortiori bruyants - d'ailleurs ils ont dû rentrer de vacances cette nuit, ce matin tout était ouvert). En fait, on voyait, ou on devinait du bleu, et je ne savais pas si c'était le ciel, ou l'océan. Et devant moi, la route était chauffée à blanc par la lumière d'un soleil incandescent qui se reflétait sur des rails de métal, droits et qui allaient jusqu'à l'horizon. Je ne bougeais pas.
    En me réveillant et en racontant ce rêve avec des rires, j'ai imaginé l'expérience de mort imminente avec toute cette blancheur, cette force étrange et fixe.

 

Dimanche 31 juillet

    Et voilà ! Le mois s'achève. Y'a d'l'absence. La circulation citadine est un peu amoindrie. Tant mieux. Je suis allée passer un bon coup d'eau sur ma vieille voiture envahie de fientes de zoziaux. Et me suis étonnée, comme les rares fois où je le fais, de la ferveur divine avec laquelle certains hommes rendent hommage à leurs véhicules. J'espère qu'ils s'occupent de leurs enfants avec la même attention. Heureusement, pas rencontré ce jour de jeunes cons à la musique tonitruante. Vite fait, mon antique Punto vingt-quatrenaire a pris un bon coup d'eau froide sur la tronchette, juste assez pour la débarrasser de ses scories inesthétiques (à l'attention de Claudy et JL : ceci est une anacoluthe ... sinon, j'aurais dû dire : juste assez pour être débarrassée de etc.) Je n'ai plus jamais ou presque l'occasion de conduire, mais j'aime bien pourtant le faire, quand je connais l'endroit et qu'il y a peu de monde ... ben comme aujourd'hui du coup. Et puis, une vraie voiture qui ne m'engueule pas pour me faire peur alors que je suis encore à un mètre du mur ou qui ne fait pas clignoter à tort des loupiotes m'indiquant de choses inutiles, je préfère. Mon garagiste, il aime bien ma titine, parce que dessus, il fait de la vraie mécanique, il ne se contente pas de pousser sur des boutons pour vérifier l'électronique. Bien sûr que je n'ai pas envie de revenir à l'époque des fiacres, je n'ai pas dit ça non plus, mais les usines à gaz d'aujourd'hui, ce n'est pas (encore) pour moi.

 

AOÛT

Lundi, premier du mois

     Vous savez quoi ? La bonne surprise du jour :

Chronik (33)

    Je bats ma coulpe : j'ai douté à tort de l'envoi de ma duplica(ta)rte ... Ne manque plus que ma carte d'identité et je serai redevenue une citoyenne multi-encartée ainsi que le demandent les temps modernes.

 

    Il est des périodes où l'on prend de grandes résolutions : le mois d'août est pour moi celle de l'effort d'allègement et de rangement de mon K-pharnaüm ... Lutter.
Ah ! ... la légèreté ...

Chronik (33)

 

(Toutes les photos sont de moi sauf celles de l'oreille ginkgo bi-lobée - c'est le cas de le dire !!- et la capture d'écran des mains de Panturle dans le film évoqué, "Regain", 1937)

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P
c'est vrai qu'entre le Gingko Biloba , et les lancinants  Jingo-Lo-Ba de Santana ( un de mes 1ers 45 tours ) il y  a comme un air de famille. Chanson composée par un artiste africain bien avant Santana, en 1959.<br /> c'etait la minute musicale.. c'est cadeau  <br /> mais pour que le type a qui tu as parlé de Santana te regarde avec l’œil rond du pigeon, c'est surprenant....<br /> tu as noté s'il avait  le petit doigt raide  et en l'air ?
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D
Comme quoi, ils sont réglos avec la carte !! Lorsque je travaillais j'aimais prendre mes vacances en juillet. Paris, au mois d'août, était un vrai bonheur. Circulation fluide avec un petit air de vacances ....
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E
ah les mains de Panturle ! J'ai adoré ce film de Pagnol (Regain) et le roman dont il est adapté "Un de Baumurgne" de Giono.
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C
quand la chaleur est accablante, on ne sait plus si l'on préfère le jour ou la nuit, ne sachant plus faire ni du jour ou épuisée on s'endormirait bien, ni des nuits un peu rafraîchies qui (re)deviennent bruyantes quoi que ce soit d'utile ... alors oui, les films sont parfois les bienvenus ... ne nous voilons pas la face ...<br /> amitié .
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T
ça   m'   est   arrivé    aussi,    lorsqu'il   m'  était   impossible    de  dormir,   d'  allumer  le   poste    et   de  tomber   sur    des   émissions    intéressantes !<br /> Ne   me    dérangent  que    ceux    qui    cherchent    à   imposer   leurs    coutumes   en  France.<br /> Ah   le   ginkgo,   le  premier    arbre   de  retour     après  que   les    américains    aient    joué   les    apprentis-sorciers   à  Hiroshima !<br />  J'aime     bien   le  tulipier    comme    arbre !<br /> Un    bon remède    l'  arnica,     comme   l'  argile   verte !<br /> Les   labos    envoient   du   monde  pour   trouver    de   nouvelles   plantes aux   vertus   médicinales !<br /> J'aime    bien  cette   version   de  Santana !<br /> Ainsi  as    tu   reçu   ton  nouveau  passe,   tu   vois   il  ne   faut   pas   désespérer.<br /> Passe   une  bonne   journée<br />  Amitié<br />
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