Chronik (8)
Samedi 27 novembre 2021
Hasard des dates : je suis tombée hier soir sur un petit paquet de photos lié contenant de vieilles images d'enfants que gardait ma mère : Sylvine, Nicolas, Sébastien, Gaétane (mouais ...seulement ça ?), Frédéric ... je les ai tous perdus de vue mais parfois, Internet ... Finalement, c'est via ce type d'images que me restent des données "géographiques" intra-muros de notre ancienne maison ... ça me fait drôle, c'est émouvant. Je me souviens que Sylvine avait son anniversaire le vingt-sept novembre ... pourquoi je me souviens de ça ?
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Je prends sur moi et je jette en ce moment des papiers. Beaucoup. Parfois je me force à ne pas regarder le détail ... quand on ne sait pas, on ne regrette pas ... j'ai vécu sans les consulter longtemps, c'est que je peux vivre sans. Peut-être regretterai-je ? Mais quoi ? J'ai comme ça, par erreur, un jour, jeté une photo (numérique) à laquelle je tenais ... on ne sait jamais si on se trompe sur l'importance des choses, et j'ai parfois des élans soudains dévastateurs.
Cela me fait penser à une petite vidéo de Perec (qui décidément me fait beaucoup "sourire") où il évoque les choses qu'il garde.
(vers T3.48)
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La pluie, cette nuit, a mouillé le linge séché depuis trois jours sur la terrasse. Précepte pourtant basique : ne jamais attendre pour faire les choses "simples" ; je me suis fait avoir tellement souvent par cette attitude -surseoir- qui m'est -malheureusement- "naturelle" ...
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Je me suis remise à fourrager dans les vieux livres de cuisine achetés pour la plupart dans les années quatre-vingt. Malheureuse en ménage, j'avais à cette époque développé une fièvre acheteuse dont certaines alluvions remplissent encore aujourd'hui mon espace vital. Mais j'aime bien ça, regarder dans les livres de cuisine ... à un moment, je les consultais comme des recueils de nouvelles ... Caro me disait il y a quelque temps qu'il n'est plus besoin de livres pour cuisiner ... tout est sur Internet ! Peut-être ... mais la démarche et la satisfaction de la trouvaille seront toujours différentes, "me" le seront toujours en tout cas ... Même le scrabble, dont elle a l'addiction matinale, elle y joue sur son téléphone, moi je ne pourrais pas, ça m'ôterait tout plaisir, dès le départ. L'objet, le concret, le papier, les formes dans la main ... sensualité du contact, du présent vécu avec le toucher, le temps maîtrisable !
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Magasin. File d'attente à la caisse. Une jeune et sa mère derrière et qui causent, presque dans mon cou. La jeune masque en dessous du nez. Je le lui fais remarquer. Elle souffle et dit "Le covid, on l'a ou on l'a pas" ; j'ai envie de lui rétorquer que certes, et que la pluie ça mouille, et aussi qu' "il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" ! Je m'abstiens, je me sens bouillir. Sa mère lui fait une réflexion tout bas dans mon sens. Je sens la fille fulminer, elle répète inlassablement la même phrase comme si c'était un argument. Elle serait seule, on s'empoignerait, j'ai envie de lui mettre des baffes. Je lui dis seulement que je suis contente de rencontrer une grande scientifique et que, au moins, il faut rester prudent ! Que dire d'autre, dans une circonstance comme celle-là ?
Dimanche 28 novembre
Bonne surprise ce matin en levant les volets du salon. Le mur sans cesse re-taggué a été re-nettoyé-peint : jusque quand ce match ? Triste qu'une partie des impôts passe là-dedans.
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La nuit tombe si vite ! Les fins de dimanche m'ont toujours été étranges, et plus encore en hiver. Bien sûr il n'y a plus ce pfff de bientôt reprise du travail, mais il y a toujours cette sorte d'entre deux quelque chose, une "manière" de flou du temps, de flou des choses à faire ou pas en fin de journée. Je ne saurais dire plus, ou autrement. Ça tient sans doute d'une certaine mélancolie, mais pourquoi, mystère et boules de gomme !



