Fiction

Publié le par Nikole

 

L'effrontée

 

Fiction

 

Des voix tremblent sur les murs. Tais-toi, terreur, mais tais-toi ! En retrait, presque cambrée en arrière, j’avance un pied glacé au bord du carrelage clair. Des halos ondulent sur ma peau. Raideurs. Sueurs. J’ai peur.

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File indienne, en avant, même la dernière tu n’échapperas pas au sacrifice. Encore un pas et ça cogne ; tu imagines un gros cœur rouge sur des jambes grêles et tu te mets à rire ou à pleurer, tu ne sais pas. Quand on te pousse, ton talon érafle le bord.

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Mourir. Corps puits liquide. Gestes flous blancs, cris voix hagarde, quelle idée de parler dans l’eau ! Hoqueter mourir cracher tomber encore. Et vingt paires d’yeux soudain, mi-rigolards mi-compatissants.

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Il consent à me revoir quelques heures pendant ma convalescence de lui. J’ai mis des bijoux tu vois je ne suis pas seule. Un maillot bariolé mais non je ne suis pas pâle. Je pose un doigt sur son bras, j’avais oublié, déjà, la texture de ta peau. Et je cours vers l’eau et jette mes larmes, ne plus penser, dans les reflets, vertiges, le silence bleu. La nuit noire. Sourde, muette, aveugle. Oubliée.

 

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C
Bonne composition graphique à la Vasarely.
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B
Un "beau" texte "inquiétant", heureusement titré "fiction", mais on sait bien que la fiction trouve toujours ses racines ...<br /> Cette photo (et le texte) me fait aussi penser à la superbe chanson d'Adjani (Gainsbourg)<br /> Bonne soirée.<br />  
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P
Encore un beau texte ( très beau .. ) ....on jurerait que tu es vraiment en train de vivre cette terreur.<br /> Et si c'était le cas, tu as sublimement réussi  à le transmettre.<br /> La mise en mots de tels instants est si difficile , si compliquée ....pour restituer ces fragments de secondes , sur le fil d'un rasoir tellement vécu, tellement présent , tellement Là , que le souffle en est coupé , qu'il faut un talent monstre pour l'écrire.
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L
Un texte étrange qu'il faut lire avec beaucoup d'attention. Tu as tenté de faire ressentir ce qu'est la peur au ventre et c'est réussi : les phrases sont hachées, courtes, lancinantes. S'agit-il de la peur de l'eau ? Ou bien d'une peur indicible ? En tout cas, pour moi qui n'aime pas l'eau, qu'elle soit bleu en piscine, noire dans les étangs et remuante en bord de mer ou sur un bateau, tu as su exprimer quelque chose que l'on ressent ou peut ressentir quand on n'est plus sûr de soi et qu'on a l'impression de se noyer.
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T
Tout a l'air pourtant si propre dans l'eau chlorée...
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C
même quand les mots s'y essayent, peut-on ressentir la souffrance endurée ?<br /> amitié .
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